Christian Vanneste remet ça. Ses propos sur l'infériorité morale de l'homosexualité ayant été "blanchis"— pour reprendre le mot utilisé à l'époque— par la Cour de cassation en novembre dernier, le député UMP du Nord peut continuer tranquillement à s'exprimer sur le sujet. Dernier exemple en date: pour illustrer un sujet sur les dix ans du pacs, Le Journal du Dimanche a demandé à deux hommes politiques de réagir à la question "Pacs et mariage font-ils bon ménage?" (lire l'article).

François Rebsamen, sénateur-maire PS de Dijon, souligne la complémentarité entre les deux formes d'union: "Pour les hétérosexuels qui ne veulent pas se marier, cela permet
d'avoir une vie en commun légalisée. Et les personnes du même sexe qui
le souhaitent peuvent vivre ensemble dans un cadre sécurisé sans avoir
à se cacher. C'est une bonne formule qui sort les homosexuels d'une
forme de clandestinité insupportable."

Christian Vanneste n'est pas du même avis. Il qualifie le pacs de "loi absolument désastreuse, qui torpille la famille". Le député UMP avait déjà qualifié l'homosexualité de "comportement", il enfonce ici le clou en parlant de "choix": "Qu'en ayant fait un certain choix de vie— car l'homosexualité est un
choix—, on ait les mêmes avantages que ceux qui font un choix de vie
qui manifestement est davantage facteur de stabilité et de
développement pour la société, ce n'est pas normal, ce n'est pas juste".

L'élu en profite pour affirmer sa version rétrograde du mariage, "une institution qui consolide le tissu social, qui est fondé sur l'idée
que le lien entre les demandes d'un couple doit être le plus continu
possible, et qui sert essentiellement à ce que des enfants naissent et
soient élevés au sein du couple."

Il s'en prend au passage aux maires qui célèbrent des cérémonies de pacs en mairie: "Ce qui me scandalise profondément, c'est que des maires ont
l'inconscience, l'irresponsabilité de mettre sur le même plan un acte
fondateur du lien social et de la cellule de base de notre société, de
notre République et un accord entre deux personnes qui trouvent juste
leur intérêt." Son collègue de l'UMP, Christian Estrosi, qui a récemment célébré ce type d'union dans sa mairie de Nice, appréciera.

En 2008, selon l'INSEE, 273 500 mariages (un chiffre stable par rapport à 2007) ont été célébrés, contre 140 000 pacs.

Xavier Héraud