Il y a quatre ans, le somptueux I Am a Bird Now avait révélé au grand public la voix et la personnalité hors normes d'Antony Hegarty, sorte de Boy George torturé du XXIe siècle aux influences pop, rock et soul. Depuis on avait surtout entendu l'artiste né en Angleterre chanter avec d'autres (ses featuring pour Rufus Wainwright, Cocorosie, Marianne Faithfull ou sa collaboration avec Hercules and love affair).

Le mini-album Another World, sorti fin 2008, avait donné une idée de ce que serait le successeur de I Am a Bird Now, avec des mélodies moins évidentes, moins d'emphase, mais toujours autant d'intensité. The Crying Light, sorti cette semaine, enfonce le clou. Désormais Antony ne chante plus simplement sa propre douleur, il chante aussi celle de la nature. Il évoque tour à tour les marécages, la terre, le soleil, l'eau ou encore la lumière, dont le chant, à l'image de celui d'Antony, se mêle constamment de sanglots. La douleur chez Antony est avant tout source de beauté — comme le résume le titre du magnifique Epilepsy Is Dancing — et inversement.

Nul doute que nombre d'amateurs de I Am a Bird Now trouveront cet album légèrement décevant, tant chacune des chansons de ce dernier semblent avoir toujours existé. Et si The Crying Light était tout simplement plus subtil que son prédécesseur? Plus en retenue, pourrait-on ajouter. Signe qu'Antony a peut-être trouvé un certain apaisement dans la contemplation de la nature et de ses trésors, fussent-ils en décomposition.

Xavier Héraud

Ci-dessous, Epilepsy Is Dancing. Voir également le magnifique clip de la chanson.