Après la condamnation le 7 janvier de neuf hommes (lire les revues de web du 7 et du 9 janvier), dont le président de Aides Sénégal, à huit ans de prison ferme, Aides a appelé mardi la France à protester auprès des autorités sénégalaises.

"Neuf hommes dont Diadji Diouf, le président de Aides Sénégal, ont été condamnés le 7 janvier à huit ans de prison ferme pour "conduite indécente et actes contre nature et association de malfaiteurs"", rappelle l'association, estimant que M. Diouf a été condamné "pour avoir lutté contre le sida".

L'association vient d'adresser un courrier à Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, Rama Yade, secrétaire d'État aux Droits de l'Homme, et Carla Bruni-Sarkozy, épouse du chef de l'État français et ambassadrice du Fonds mondial de lutte contre le sida, dans lequel elle "appelle les autorités françaises à réagir contre cette atteinte aux droits humains, en violation des normes internationales".

L’association Aides Sénégal œuvre dans ce pays à la prévention du VIH auprès des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH).

Aides a lancé une pétition demandant la libération immédiate des neuf condamnés, la protection des acteurs de la lutte contre le sida au Sénégal, et la suppression de l'article 319 alinéa 3 du code pénal sénégalais selon lequel "sera puni d'un emprisonnement d'un à cinq ans et d'une amende de 100.000 à 1.500.000 francs, quiconque aura commis un acte impudique ou contre nature avec un individu de son sexe".
Plus d'infos sur le site de Aides.

[mise à jour, mercredi 14 janvier, 13h30] À l'issue du Conseil des ministres, Luc Chatel, porte parole du gouvernement, a fait part de "l'émotion" de Nicolas Sarkozy. Dans un communiqué, Roselyne Bachelot, qui avait informé le Conseil des ministres de la condamnation de 9 homosexuels à huit ans de prison au Sénégal, a demandé à son homologue des Affaires étrangères Bernard Kouchner, d'intervenir auprès des autorités sénégalaises, afin d'obtenir la libération des 9 hommes.