Dominique Chaudey est l'ancien rédacteur en chef adjoint de Têtu. Il y a quelques mois, il a décidé de tout quitter — son pays, son job, ses amis — pour s'installer à Valencia, en Espagne, où l'attendent une nouvelle vie… et un nouvel amour. Pour Yagg, il a accepté de tenir la chronique de cette nouvelle expérience (lire ici le premier épisode), où les notes personnelles côtoient les réflexions de journaliste. Et vice-versa.

Voici le deuxième épisode où il est question, entre autres, de Madonna, de Beyoncé et du prince Felipe de Bourbon…

"España, te quiero", par Dominique Chaudey (épisode 2)

Aussi loin que je me souvienne, enfin surtout depuis l’invention du walkman,
j’ai mis en scène mes propres comédies musicales en fonction des morceaux
que j’écoutais dans la rue. Madonna a souvent été la B.O. préférée de mes
films imaginaires à moi. À mon arrivée à Valencia, téléchargement fissa de
mes madonneries préférées et… flop! Madonna n’est pas espagnolisable. Ou
plutôt elle est tellement attachée à des souvenirs franchouillards que
l’effet n’est pas à la hauteur de ce que j’attendais.

Du coup, je me suis
trouvé d’autres artistes qui vont comme un gant à ma nouvelle vie, comme
autant de madeleines qui vont m’accompagner en Espagne comme Madonna m’a
accompagné pendant des décennies.
Et là, c’est Beyoncé la madeleine numéro 1.

Dingue comme son nouvel album colle
super bien aux films que je me fais dans les rayons du Mercadona (appelé
plus communément… par moi: mercado de Madonna, oups!). Les caissières, mes
déjà-copines Merche, Marisa y Carmen passent les articles sur le tapis
au rythme de Diva, mon boucher sublime (sosie de Bruce Willis avec des mains
dix fois plus belles, de boucher forcément) du Mercado Central me lance
un Hola sur Why Don’t You Love Me

GQ Espagne avec Felipe de Borbon
Ce matin, sur Beyoncé toujours, j’arrive chez le kiosquier et je tombe
amoureux. En plus, le cinquième morceau de I Am… Sasha Fierce s’appelle Ave
Maria.
Il n’en fallait pas plus pour que mon cœur d’artichaut légendaire
s’emballe. Il ne lui en faut pas beaucoup en Espagne. Et qui était la
bombasse de mon cœur? La couverture du GQ España (photo ci-contre): Felipe de Borbón!
L’héritier du trône d’Espagne. Je veux être la proxima Reinaaaaaaaaa de
España! Il est magnifique. Des poignets qui me font fondre, des oreilles
qui frisent la perfection, un regard qui se perd sur ma bouche (c’est en
tout cas ce que je crois percevoir)…
Vite une terrasse. ¡Un café solo por favor! Et je plonge dans les 10 pages
du sujet sur le nouvel élu de mon cœur. Quoi, il est venu 16 fois en France
et on ne m’a rien dit? On apprend plein de trucs déments. Il n’a pas peur
en avion et il est né le 30 janvier 1968, il a fait son service militaire à
Saragosse avec le rang de cadet (je ne sais pas ce que c’est, j’ai été
exempté), il a porté le drapeau espagnol aux J.O. de Barcelona. L’info est
toute relative quand on est midinette. Mais comment ne pas l’être avec ce
regalo tout droit tombé du ciel? Je crois que je commence à aimer
l’Espagne.

Mais toutes les chansons ont une fin et l’Ave Maria de Beyoncé ne dure que 3
minutes 42! À peu près le temps qu’il m’a fallu pour tomber sur elle. Sa
femme, Letizia Ortiz, la proxima Reinaaaaaaaaa de España! En plus, elle est
belle. Pas de ces laiderons royaux qui squattent les pages de Point de vue,
une vraie belle, douce, intelligente, et qui lui a donné deux filles. Et le
Felipe royal est tellement génial qu’il aimerait que l’on modifie la
Constitution espagnole pour que sa fille ainée puisse un jour être reine. Je
rêve.

Enervé que j’étais, j’ai zappé sur mon iPod. Mecano, c’était parfait. Le
titre de l’album? ¿Donde está el País de las Hadas? Ce qui veut dire: où
est le pays des fées? En Espagne, je crois. Et le prince des fées est trop
trognon. Mais je m’en fous parce que mon Javier vient de me dire que j’étais
son Roi à lui et essaye d’apprendre en français les paroles de Tandem de
Vanessa Paradis. Na!

Prochainement: Pourquoi je suis dingue des femmes espagnoles.

Conseil du jour pour jouer à l'Espagnol: Du chupito tu te méfieras, le
verre n’est pas gros, mais c’est souvent celui qui t’achève!

Dominique Chaudey

Lire aussi l'épisode 1