"Pape Diouf tes initiales te vont si bien", c'est ce qu'on pouvait lire sur la banderole tendue par certains supporters lyonnais lors du match qui a opposé l'Olympique lyonnais (OL) à l'Olympique de Marseille (OM) le 14 décembre dernier. Le président de l'OM, qui est aussi le seul président noir d'un club de foot en Europe, a déposé une plainte pour "injures publiques", hier, lundi 22 décembre.

Le 17 décembre, l'OL réagissait et publiait un communiqué un peu alambiqué dénonçant "le type de banderole déployée dimanche au stade de Gerland à l’encontre du Président Pape Diouf, comme d'ailleurs celles à l'encontre de tout individu, notamment les Présidents y compris celui de l'OL, et qui a pu être très rapidement retirée par le service de sécurité. Le club s’offusque d’autant plus de ce type d’initiatives qu’il a déjà lui-même enduré des banderoles stupides ou discriminatoires, certaines incitant même à la haine voire à caractère raciste."

17_maiPlusieurs associations lyonnaises, dont la Lesbian and Gay Pride de Lyon, ont demandé à être reçues par Jean-Michel Aulas, président de l'OL. "Votre club a réagi par un communiqué de presse le 17 décembre, soit 3 jours après l’événement en omettant de faire mention du caractère manifestement homophobe de la banderole", s'indignent-elles avant d'interroger le président du club sur ce qu'il compte faire pour empêcher que de telles actions se reproduisent (cliquer ici
pour télécharger la lettre en PDF). Et de rappeler qu'elles avaient déjà abordé la question de l'homophobie dans le football par le biais d'une campagne au moment de la Journée mondiale de lutte contre l'homophobie en mai dernier (ci-contre).

Au-delà de la nécessité de rappeler sans cesse que les insultes, qu'elles soient racistes ou homophobes, n'ont pas leur place dans les stades, on peut s'interroger sur le fait que se faire traiter de pédé soit encore considéré comme blessant, en France, à l'aube de 2009, puisqu'être pédé, ce n'est pas un défaut. Une situation qui ne pourra évoluer que lorsque la loi s'appliquera de la même façon à tou-te-s. S'il est évident que l'ouverture du mariage aux couples de même sexe ne résoudrait pas tout, il est néanmoins permis de penser qu'elle permettrait au moins d'atténuer le sentiment que certain-e-s ne méritent pas le même respect que les autres. La balle est donc dans le camp de celles et ceux qui nous dirigent.