« L’éternel cliché selon lequel nous sommes tous égaux mais certains sont plus égaux que d’autres n’est pas acceptable. Aucun être humain ne devrait voir ses droits humains niés en raison simplement de son orientation sexuelle ou identité de genre, réelle ou perçue. Aucun être humain ne devrait subir de discrimination, de violence, de sanction pénale ou d’abus en raison simplement de son orientation sexuelle ou identité de genre, réelle ou perçue. » C’est en ces termes que Navi Pillay, la Haut-Commissaire aux droits de l’homme, s’est exprimée, par vidéoconférence, lors de la table ronde de haut niveau organisée au siège des Nations unies hier, jeudi 18 décembre.

À l’issue de cette table ronde, présidée par Gloria Careaga
(photo), la co-secrétaire générale de l’International gay and lesbian
association (ILGA), le ministre des affaires étrangères des Pays-Bas,
Maxime Vergahen, et la secrétaire d’État française aux Affaires
étrangères et aux droits de l’Homme, Rama Yade, ont tenu une conférence
de presse, au cours de laquelle M. Vergagen a rappelé que les droits
humains s’appliquent à tous, partout et tout le temps.

Si de nombreux autres sujets ont été abordés lors de cette journée, elle restera dans les mémoires des personnes gays, lesbiennes, bisexuelles et transgenres comme le jour où l’énoncé conjoint sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre a été présenté à l’Assemblée générale des Nations unies.

Ce sont finalement 66 pays*, soit un tiers des pays-membres des Nations unies, qui ont apporté leur soutien au texte, lu par l’ambassadeur d’Argentine, Jorge Arguello. Un chiffre qui peut sembler faible mais qui marque une progression par rapport aux 54 pays signataires de la déclaration norvégienne de 2006 (lire notre article) ou aux 32 signataires du texte présenté en 2005 par la Nouvelle-Zélande. Une contre-déclaration, portée par l’Organisation de la conférence islamique (OCI), a, elle recueilli le soutien de 57 États…

L’une des victoires des ONG et des porteurs du texte est d’être parvenus à rassembler des pays des cinq continents, et en particulier six nations africaines. Un communiqué commun des ONG— Amnesty International, ARC International, Center for Women’s Global Leadership, COC Netherlands, Global Rights, Human Rights Watch, ILGA, Inter-LGBT France, Idaho, IGLHRC—  souligne également le revirement du Vatican, qui, après s’être élevé bruyamment contre l’énoncé commun, a finalement appelé à l’abrogation des peines pénales pour les comportements homosexuels.

Judith Silberfeld

La table ronde de haut niveau et le point presse peuvent être vus sur le site de l’ONU.

* Albanie, Allemagne, Andorre, Argentine, Arménie, Australie, Autriche, Belgique, Bolivie, Bosnie-Herzégovine, Brésil, Bulgarie, Canada, Cap-Vert, Chili, Chypre, Colombie, Croatie, Cuba, Danemark, Équateur, Espagne, Estonie, Finlande, Gabon, Géorgie, Grèce, Guinée-Bissau, Hongrie, Irlande, Islande, Israël, Italie, Japon, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Malte, Maurice, Mexique, Monténégro, Népal, Nicaragua, Norvège, Nouvelle-Zélande, Paraguay, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République centrafricaine, République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Saint-Marin, Sao Tomé-et-Principe, Serbie, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse, Timor oriental, Ancienne République yougoslave de Macédoine, Uruguay, Venezuela.