événement  |  18.11.2015 - 11 h 04  |  0 COMMENTAIRE

Rassemblement : journée mondiale de lutte contre le sida

  • Place Baudoyer
  • Place Baudoyer, Paris
  • 01/12/2015
  • 18:00 - 19:30
  • 0,00 €

Nous avons l’aval de la Préfecture de Police pour un rassemblement Place Baudoyer à partir de 18h.

 

Plus que jamais, nous ferons entendre la voix des séropositifVEs et de leurs alliéEs en cette journée du 1er décembre.

SILENCE = MORT

ACTION = VIE

 

Ci-dessous le texte d’appel et ses signataires : Paris VRAIMENT sans sida

 

Il y a un an, avec 28 autres métropoles cosignataires d’une déclaration soutenue par l’ONUSIDA, la mairie de Paris s’engageait à œuvrer pour mettre fin à l’épidémie d’ici 2030 à Paris, en mettant en œuvre des moyens renforcés d’ici 2020. Des réunions se sont tenues depuis cet été pour énumérer les difficultés rencontrées par les acteurRICEs locauxLEs de la lutte contre le sida, et les solutions envisagées. Cette bonne volonté doit à présent trouver sa traduction pratique. Le mouvement doit continuer, et s’amplifier : le seul objectif défendable est aujourd’hui de mettre vraiment fin à l’épidémie à Paris.

En France en 2011, près d’unE séropositifVE suiviE à l’hôpital sur deux vivait dans l’agglomération parisienne. En 2009, près d’1 gay sur 5 fréquentant les établissements de convivialité parisiens était séropositif. Chaque année, près de 4 gays séronégatifs sur 100 fréquentant les mêmes établissements deviennent séropositifs. En finir avec une épidémie vieille de plus de 30 ans passe nécessairement par une politique locale ambitieuse et volontaire au niveau de la ville de Paris, mais aussi de l’ensemble de la région Île-de-France.

 

« Paris VRAIMENT sans sida », ce n’est pas se contenter d’énumérer, aussi efficaces soient-elles, les actions existantes au service du dépistage ou de la prise en charge précoce de ceuxLLES qui ignorent aujourd’hui leur séropositivité, ni se contenter de plaider pour leur renforcement. Il nous faut à la fois inventer des stratégies et des actions originales d’incitation au dépistage, agir surtout là où nous ne sommes pas : par exemple, ouvrir sans attendre des centres de santé communautaires qui délivreront toute la palette des outils de prévention combinée (capotes, gels, dépistages, traitement d’urgence, traitement précoce, programme de PrEP), comme devraient le faire les centres gratuits d’information de dépistage et de diagnostic (CeGGID), et permettront la réalisation de tests de dépistage pour toutes les IST.

 

« Paris VRAIMENT sans sida », c’est ne jamais perdre de vue que le succès thérapeutique dépend des conditions de vie des malades, et qu’à l’inverse la précarité tue. Quand unE séropo sur cinq suiviE à l’hôpital en France fait état de privations alimentaires, et que plus de 10% d’entre euxLLES ne dispose pas de logement personnel, situation quasi généralisée pour les trans séropos, migrantes notamment, faire abstraction de la dimension sociale de l’épidémie, c’est se tirer une balle dans le pied. Difficultés d’accès à un logement, cherté de la vie parisienne au regard des minimas sociaux (Allocation Adulte Handicapé et RSA), lenteur de l’instruction des dossiers par la Maison départementale des personnes handicapées parisienne : autant de sujets qu’il est urgent de traiter pour mettre fin à l’épidémie.

 

« Paris VRAIMENT sans sida », c’est mettre fin à toutes les discriminations et stigmatisations des populations vulnérables face à l’épidémie, c’est ouvrir des salles de consommation à moindre risque partout où cela est nécessaire. Quand les dispositifs législatifs nationaux sont déjà un obstacle majeur à la lutte contre le sida parmi les travailleurSEs du sexe, il est inadmissible qu’une majorité de l’exécutif parisien soutienne une loi abolitionniste qui va les mettre davantage en danger.

 

« Paris VRAIMENT sans sida », enfin, c’est vouloir dépasser le strict cadre de l’agglomération parisienne. Nous, malades et/ou acteurRICEs de la lutte contre le sida, sommes confrontés chaque jour à des difficultés causées directement par les dispositifs légaux nationaux. Transphobie d’État qui enterre les trans dans la précarité, politiques migratoires racistes qui provoquent les contaminations des migrantEs sur le sol européen, immenses difficultés d’accès aux soins, au dépistage et à la prévention en milieu carcéral, menaces récurrentes sur le financement du Fonds Mondial : l’exécutif parisien, seul, ne peut nous permettre d’y répondre. La Mairie de Paris doit s’engager pleinement à nos côtés pour que l’ensemble de la classe politique prenne enfin en compte tous les impératifs de la lutte contre le sida.

 

PremierEs signataires : Acceptess-t, Act Up-Paris, Afrique Avenir, AIDES, Les Amis du Patchwork des Noms, ARCAT, ENIPSE, Gare!, HomoSFèRe, LE KIOSQUE INFOS SIDA, Pari-T, Le Refuge – Délégation Paris IDF, R.T.L.E. (Red Trans Latina Europa), Solensi, Solidarité Sida, STRASS

Soutien : Sos Homophobie

 

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Publié par Act Up-Paris
Act Up a été fondée à New York en 1987 et a ensuite inspiré la création d’autres groupes dans le monde. Act Up-Paris a été créée en 1989. *** Act Up-Paris, qu’est-ce que c’est ? *** C’est une association de lutte contre le sida. Issue de la communauté homosexuelle, elle rassemble des personnes séropositives, des militantEs concernéEs par la maladie, des hommes, des femmes, trans’, lesbienne, gai, bi, hétéro, pour qui le sida n’est pas une fatalité. Au-delà de nos histoires personnelles, nous pensons que des réponses politiques doivent être apportées à cette épidémie. Vaincre le sida n’est pas du seul ressort de la médecine : cela dépend avant tout de la volonté de celles et ceux qui font, en France et dans le monde, les politiques de santé. *** Pourquoi des actions spectaculaires ? *** Le sida intéresse trop peu les décideurEs et les médias. Comment sensibiliser l’opinion publique aux problèmes posés par la pandémie et aux dysfonctionnements des pouvoirs publics si les principaux relais de communication ne s’intéressent pas à celles et ceux qui sont le plus durement touchéEs par le sida et ne leur donnent pas la parole ? Nos actions visent à combler ce déficit d’images et de paroles. Il s’agit de mobiliser les médias autour d’actions rapides, ponctuelles, non-violentes, et spectaculaires : les zaps. Notre but est de susciter de l’information, de provoquer des réactions, de mettre à jour des problèmes spécifiques, d’inviter “ les spectateurs et spectatrices ” à répondre et à se situer, d’exhiber la violence à laquelle nous sommes confrontéEs. La colère est au départ de notre engagement : nous entendons la transformer en acte politique d’interpellation publique. *** Act Up ne fait-elle que des zaps ? *** Non. La lutte contre le sida implique d’être présent sur tous les fronts. Il faut sans cesse que nous forgions, entretenions et diffusions une expertise sur tous les aspects de la maladie : thérapeutique, social, économique, légal, etc. Pour participer pleinement à toutes les décisions qui sont prises et qui nous concernent, nous devons travailler pour comprendre des sujets extrêmement techniques pour parler d’égal à égal avec nos interlocuteurs. Nous diffusons cette information par tous nos relais (les revues Action et Protocoles, le glossaire, le guide des droits sociaux, le site internet) nous sommes devenuEs ainsi un média à part entière. Il faut sans cesse que nous exercions un travail de lobbying, que nous soyons des interlocuteurs/trices, à part entière des politiques, des laboratoires pharmaceutiques, et des institutions chargées de l’organisation de la recherche, des soins ou de la prévention. Il faut donc être dans la rue, dans les médias et dans les institutions. C’est dans tous les espaces publics que se joue la lutte au quotidien contre le sida. *** Sur quoi travaille Act Up-Paris*** Améliorer les politique de prévention, défendre les droits des séropos à un revenu, un logement, lutter contre le démantèlement du système de soins, contre les discriminations faites aux homos, trans, étrangErEs, usagErEs de drogue, se battre pour l'égalité réelle des droits, notamment pour l'ouverture du mariage aux couples de même sexe, l'adoption, etc., vider les prisons des malades, des usagErEs de drogues, des migrantEs, obtenir un revenu d'existence maximum, mettre en place de nouveaux dispositifs de réduction des risques pour les usagErEs de drogue, faire reconnaître les spécificités féminines de l'infection, se battre pour une recherche indépendante, dotée de moyens et respectueuse des intérêts des personnes concernées, etc, etc.
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