événement  |  28.01.2016 - 11 h 21  |  0 COMMENTAIRE

Le Portrait de Dorian Gray

  • Lucernaire
  • 53, rue Notre-Dame-Des-Champs, Paris
  • 28/01/2016 - 03/04/2016
  • 20:00 - 21:30
  • 16,00 €

Un bijou ! Cette adaptation d’une remarquable finesse du « Portrait de Dorian Gray » par Thomas Le Douarec nous donne à entendre (et à voir) le meilleur d’Oscar Wilde. 1h 35 de pur bonheur !

Il y a un paradoxe (cela aurait plu à Oscar Wilde qui les aimait tant) à adapter au théâtre le seul roman qu’il ait jamais écrit. Mais les aphorismes dont l’œuvre est remplie facilitent cette transposition. Thomas le Douarec l’a réussie avec toute la finesse qu’on lui connait, doublée d’une volonté de se mettre au service du texte. Il y a chez ce metteur en scène une modestie admirable qui consiste à choisir l’auteur et le bonheur du public avant tout, sans chercher à se mettre en avant (un travers trop souvent présent au théâtre et surtout à l’opéra).

 

Personne n’ignore la trame de ce livre, célébrissime, resté comme une œuvre majeure du très riche XIXéme siècle. Le thème fantastique, (la vieillesse et la noirceur de l’âme ont prise sur le tableau mais épargnent l’homme ayant servi de modèle) sert de prétexte à une description de la société victorienne que fréquente Oscar Wilde, maître du double jeu, passant son temps à s’exhiber tout en se cachant. Il aimait ce monde superficiel, toujours en représentation, où l’on tuait d’une formule bien ciselée, qui le portera au pinacle avant de le clouer au pilori lorsqu’éclatera le scandale lié à ses procès et à la découverte de son homosexualité. L’ambiance de l’époque, où la subtile politesse formelle, véritable art de vivre, camouflait l’extrême dureté des rapports humains, est parfaitement restituée par Thomas Le Douarec et mise en avant par un jeu d’acteurs remarquable.

 

Pour Oscar Wilde, dans la vie de qui le drame absolu a succédé au plaisir effréné, la profondeur passait par la légèreté. Le mariage, la fidélité, l’art, l’amitié, la société, tout est prétexte pour lui à faire un mot. Rien qui ne soit dit sans un humour ravageur faisant rire le spectateur à chaque phrase (si l’on excepte une misogynie, datée et exagérée dont Thomas Le Douarec tient presque à s’excuser, d’un mot, à la fin du spectacle). Mais au final, comment ne pas être touché par l’extrême sensibilité que l’auteur a caché sous un cynisme moqueur de façade ? Comme toujours, son texte est un feu d’artifice spirituel dit ici par un quatuor d’acteurs excellents superbement costumés. Fabrice Scott (comédien québécois installé à Paris, ayant beaucoup travaillé en Europe) incarne, tout en retenue, un Basil naturel, amoureux et sans fard. Son personnage a la caractéristique d’être le seul à parler avec son cœur. Les personnages féminins sont incarnés avec panache  par l’excellente Caroline Devismes. Thomas Le Douarec donne vie pour sa part à Harry, avec l’aisance du grand acteur qu’il est. Arnaud Denis, à l’unisson, est parfaitement à son aise dans le personnage de Dorian, passant du séducteur à l’assassin avec une déconcertante facilité et donnant à son personnage sombre toute la force du désespoir.

 

Thomas Le Douarec disait vouloir faire de ce roman la plus belle pièce d’Oscar Wilde. S’il avait quelques doutes, il peut se rassurer, il a réussi au delà de toutes espérances.

 

Philippe Escalier

Du mardi au samedi à 20 h et dimanche à 17 h

Jusqu’au 3 avril 2016 – 01 45 44 57 34

En alternance, le personnage féminin est joué également par Lucile Marquis et Dorian Gray est aussi interprété, par Valentin de Carbonniéres.

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Publié par Yagg
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