Opinions & Débats | 28 janvier 2016  |  10 h 38 | 0 COMMENTAIRES
«Chemsex: être pragmatique sans jouer les Cassandre», par Aurélien Beaucamp, président de Aides
Face à l'usage de produits psychoactifs en contexte sexuel, Aurélien Beaucamp, le président de AIDES, explique la nécessité d'informer et d'accompagner les usagers mais aussi de mobiliser les établissements et les sites de
Opinions & Débats | Plus | 27 janvier 2016  |  3 h 54 | 39 COMMENTAIRES
«Christiane Taubira: Bien mais aurait pu mieux faire», par Xavier Héraud
Le panache de ses interventions lors des débats du mariage pour tous en a fait une icône. Mais Christiane Taubira s'est-elle ensuite montrée à la hauteur de ce statut?
Opinions & Débats | 17 janvier 2016  |  12 h 51 | 0 COMMENTAIRES
Pourquoi il faut sauver l’association tunisienne Shams, par Yadh Krendel
Yadh Krendel est le président de l'association LGBT Shams, qui milite pour la dépénalisation de l'homosexualité en
Opinions & Débats | 05 janvier 2016  |  5 h 41 | 60 COMMENTAIRES
« Déchéance de nationalité: on ne bricole pas avec l’égalité », par Denis Quinqueton
Denis Quinqueton, président d'Homosexualité et Socialisme explique pourquoi il est contre la déchéance de nationalité pour les binationaux nés français. Au nom d'une "grande valeur": l'égalité.
Opinions & Débats | 29 décembre 2015  |  3 h 37 | 6 COMMENTAIRES
«Madame la ministre, l’Éducation Nationale est sexiste et, de façon encore plus insidieuse, homophobe», par Leslie Préel
En réaction à la campagne du ministère de l'Éducation contre l'homophobie, une enseignante s'adresse à Najat Vallaud-Belkacem pour lui rappeler l'importance d'une véritable politique de lutte contre les
Opinions & Débats | VIH | 01 décembre 2015  |  5 h 08 | 6 COMMENTAIRES
«Mettre fin à l’épidémie de sida? Il y a encore du boulot!», par Christophe Martet
L'année 2015 s'achève sur de bonnes nouvelles sur le front de la lutte contre le sida. Mais est-ce
France | Opinions & Débats | 16 novembre 2015  |  7 h 44 | 134 COMMENTAIRES
Louis-Georges Tin: «Il faudrait s’interroger sur les enchaînements politiques qui ont permis le développement de Daech»
Louis-Georges Tin, fondateur de la Journée contre l'homophobie et président du Cran, livre sa réaction aux attentats meurtriers de
France | Opinions & Débats | 16 novembre 2015  |  6 h 13 | 2 COMMENTAIRES
Yohann Roszéwitch: «Nous sommes la « Génération Bataclan »»
Le président de SOS Homophobie, Yohann Roszéwitch, nous livre son témoignage très personnel sur les attentats meurtriers de
France | Opinions & Débats | 16 novembre 2015  |  12 h 10 | 7 COMMENTAIRES
Jean-Luc Romero: «Loin de se replier sur elle-même, la France sera plus ouverte sur le monde et plus respectueuse des différences»
Jean-Luc Romero, conseiller régional d'Ile-de-France et adjoint à la maire du XXIe arrondissement de Paris, livre son témoignage suite aux attentats meurtriers de Paris.
France | Opinions & Débats | 16 novembre 2015  |  11 h 19 | 2 COMMENTAIRES
Caroline Mecary: «Face à la barbarie, il n’y a qu’une réponse à mes yeux : plutôt la vie»
Caroline Mecary, avocate et conseillère de Paris, nous livre son témoignage personnel suite aux attentats meurtriers de
France | Opinions & Débats | 16 novembre 2015  |  10 h 29 | 1 COMMENTAIRES
Ian Brossat: «Plus que jamais, nous allons faire croître la solidarité, la paix, la liberté»
L'adjoint à la maire de Paris, en charge du logement, a voulu réagir aux attentats meurtriers du vendredi 13
Opinions & Débats | 13 novembre 2015  |  1 h 00 | 3 COMMENTAIRES
«Quand les médias rangent les “pédés” au placard», par Emilie Duret
Avocate au Barreau de Paris, Emilie Duret s'étonne que les médias soient si réticents à diffuser le clip «Fille à pédés» du collectif Les
PAGES:
WP_Query Object ( [query_vars] => Array ( [category_name] => opinions-debats-2 [posts_per_page] => 12 [error] => [m] => [p] => 0 [post_parent] => [subpost] => [subpost_id] => [attachment] => [attachment_id] => 0 [name] => [static] => [pagename] => [page_id] => 0 [second] => [minute] => [hour] => [day] => 0 [monthnum] => 0 [year] => 0 [w] => 0 [tag] => [cat] => 11742261 [tag_id] => [author] => [author_name] => [feed] => [tb] => [paged] => 0 [comments_popup] => [meta_key] => [meta_value] => [preview] => [s] => [sentence] => [title] => [fields] => [menu_order] => [category__in] => Array ( ) [category__not_in] => Array ( ) [category__and] => Array ( ) [post__in] => Array ( ) [post__not_in] => Array ( ) [post_name__in] => Array ( ) [tag__in] => Array ( ) [tag__not_in] => Array ( ) [tag__and] => Array ( ) [tag_slug__in] => Array ( ) [tag_slug__and] => Array ( ) [post_parent__in] => Array ( ) [post_parent__not_in] => Array ( ) [author__in] => Array ( ) [author__not_in] => Array ( ) [ignore_sticky_posts] => [suppress_filters] => [cache_results] => 1 [update_post_term_cache] => 1 [update_post_meta_cache] => 1 [post_type] => [nopaging] => [comments_per_page] => 50 [no_found_rows] => [order] => DESC ) [tax_query] => WP_Tax_Query Object ( [queries] => Array ( [0] => Array ( [taxonomy] => category [terms] => Array ( [0] => opinions-debats-2 ) [field] => slug [operator] => IN [include_children] => 1 ) ) [relation] => AND [table_aliases:protected] => Array ( [0] => wp_1_term_relationships ) [queried_terms] => Array ( [category] => Array ( [terms] => Array ( [0] => opinions-debats-2 ) [field] => slug ) ) [primary_table] => wp_1_posts [primary_id_column] => ID ) [meta_query] => WP_Meta_Query Object ( [queries] => Array ( ) [relation] => [meta_table] => [meta_id_column] => [primary_table] => [primary_id_column] => [table_aliases:protected] => Array ( ) [clauses:protected] => Array ( ) [has_or_relation:protected] => ) [date_query] => [post_count] => 12 [current_post] => -1 [in_the_loop] => [comment_count] => 0 [current_comment] => -1 [found_posts] => 333 [max_num_pages] => 28 [max_num_comment_pages] => 0 [is_single] => [is_preview] => [is_page] => [is_archive] => 1 [is_date] => [is_year] => [is_month] => [is_day] => [is_time] => [is_author] => [is_category] => 1 [is_tag] => [is_tax] => [is_search] => [is_feed] => [is_comment_feed] => [is_trackback] => [is_home] => [is_404] => [is_embed] => [is_comments_popup] => [is_paged] => [is_admin] => [is_attachment] => [is_singular] => [is_robots] => [is_posts_page] => [is_post_type_archive] => [query_vars_hash:WP_Query:private] => b1af817ed0541061851a4be4a8eca263 [query_vars_changed:WP_Query:private] => [thumbnails_cached] => [updated_term_meta_cache] => [updated_comment_meta_cache] => [stopwords:WP_Query:private] => [compat_fields:WP_Query:private] => Array ( [0] => query_vars_hash [1] => query_vars_changed ) [compat_methods:WP_Query:private] => Array ( [0] => init_query_flags [1] => parse_tax_query ) [query] => Array ( [category_name] => opinions-debats-2 [posts_per_page] => 12 ) [request] => SELECT SQL_CALC_FOUND_ROWS wp_1_posts.ID FROM wp_1_posts INNER JOIN wp_1_term_relationships ON (wp_1_posts.ID = wp_1_term_relationships.object_id) WHERE 1=1 AND ( wp_1_term_relationships.term_taxonomy_id IN (11366) ) AND wp_1_posts.post_type = 'post' AND (wp_1_posts.post_status = 'publish') AND wp_1_posts.post_status != 'private' GROUP BY wp_1_posts.ID ORDER BY wp_1_posts.post_date DESC LIMIT 0, 12 [posts] => Array ( [0] => WP_Post Object ( [ID] => 99853 [post_author] => 2 [post_date] => 2016-01-28 10:38:29 [post_date_gmt] => 2016-01-28 09:38:29 [post_content] => La consommation de produits psychoactifs chez les gays en contexte sexuel est connue et a fait l’objet d’études*. Depuis quelques années, les modes de consommation comprennent également l'injection, et l'apparition de nouveaux produits de synthèse, comme ceux de la famille des cathinones, en ont étendu l'usage. Sans qu’il soit aisé de mesurer l’étendue de la pratique, elle est aujourd’hui suffisamment connue pour appeler des réponses adaptées. Malheureusement, comme souvent dès qu'il est question d'usage de drogues, ce sont les discours alarmistes ou sensationnalistes qui ont retenu l’attention plus que les tentatives de réponse adaptée. Il ne s’agit pas de nier les risques d’infection à VIH ou aux hépatites, ceux de dépendances, les situations de désocialisation qu’elles provoquent et les dommages importants pour la santé qui en découlent. INFORMER ET ACCOMPAGNER Pour autant, ce qui importe est d’abord d’offrir une réponse pragmatique tirée de l’expérience de trente ans de réduction des risques (RDR) chez les usagers de drogues. Il s’agit d’informer et d’accompagner chaque consommateur dans sa pratique, de comprendre là où il en est pour lui permettre de la maitriser, de réduire les risques de transmission des infections à VIH ou aux virus des hépatites, d’adapter sa consommation, et d’en parler. La RDR ne fonctionne pas quand elle repose sur des discours alarmistes, ni quand les pratiques de consommation sont niées. Il est nécessaire d’échanger avec les soignants sur les pratiques des gays afin qu’ils puissent ajuster leur prise en charge dans les structures d’accueil des usagers, médicales ou médico sociales.
Les gays doivent se saisir des enjeux de santé et de lutte contre les épidémies d’infection à VIH et des hépatites pour que l’information sur la RDR se diffuse au sein de nos communautés.
Les établissements commerciaux doivent permettre la diffusion d’information dans leurs locaux, comme l’information relative aux risques sexuels. Le déni de la consommation de produits dans les établissements ne les protège pas des risques que prennent leurs clients. En ce qui concerne les sites internet et applications de rencontre sur smartphone, très utilisés, il est urgent d'y faciliter la présence des acteurs de prévention portant des messages adaptés au bénéfice de tous. Aurélien Beaucamp, président de AIDES  
  • *Etude SLAM par AIDES
  • Pratique du «Slam» chez les HSH séropositifs pour le VIH, 2014: T. L’Yavanc, R. Missonier, M. Hamidi, N. Velasquez, G. Pialoux (2014), Pratique du « Slam » chez les HSH séropositifs pour le VIH Médecine et Maladies Infectieuses, Volume 44, Issue 6, Pages 91-92
  • High-Risk Drug Practices Tighten Grip on London Gay Scene, The Lancet, 2013 : Kirby, Tony, and Michelle Thornber-Dunwell ( 2013) High-Risk Drug Practices Tighten Grip on London Gay Scene. Lancet (London, England) 381(9861): 101–102
[post_title] => «Chemsex: être pragmatique sans jouer les Cassandre», par Aurélien Beaucamp, président de Aides [post_excerpt] => Face à l'usage de produits psychoactifs en contexte sexuel, Aurélien Beaucamp, le président de AIDES, explique la nécessité d'informer et d'accompagner les usagers mais aussi de mobiliser les établissements et les sites de rencontre. [post_status] => publish [comment_status] => open [ping_status] => closed [post_password] => [post_name] => chemsex-etre-pragmatique-sans-jouer-les-cassandre-par-aurelien-beaucamp-president-de-aides [to_ping] => [pinged] => [post_modified] => 2016-01-30 08:43:50 [post_modified_gmt] => 2016-01-30 07:43:50 [post_content_filtered] => [post_parent] => 0 [guid] => http://yagg.com/?p=99853 [menu_order] => 0 [post_type] => post [post_mime_type] => [comment_count] => 0 [filter] => raw [post_category] => 0 [robotsmeta] => ) [1] => WP_Post Object ( [ID] => 99826 [post_author] => 4 [post_date] => 2016-01-27 15:54:25 [post_date_gmt] => 2016-01-27 14:54:25 [post_content] => Hasard du calendrier, Christiane Taubira démissionne trois ans jour pour jour après la grande manifestation pro-égalité du 27 janvier 2013. Il faut se rappeler la violence et l'homophobie de la droite et de l'extrême-droite lors des débats du mariage pour tous pour comprendre la popularité de Christiane Taubira chez nombre de gays et de lesbiennes. [private] Le mouvement LGBT n'avait pas su produire de figure de proue, à l'image d'une Panti Bliss en Irlande, pour défendre ce projet de loi historique, alors la ministre de la Justice a pris la place, avec le panache que l'on sait. Cela lui a valu des attaques innommables (souvenons-nous du "une banane pour la gueunon" lors d'une manifestation de la Manif pour tous à Angers) et elle n'a jamais flanché. Ce n'est pas se montrer ingrat de reconnaître qu'après le vote de cette loi, et mis à part une circulaire sur les enfants nés par GPA à l'étranger (qui date de janvier 2013) et la volonté de trouver une solution au problème des conventions bilatérales, Christiane Taubira n'a plus fait grand chose sur les questions LGBT. Il y avait pourtant tant à faire! Résumons: elle s'est bornée à répéter que le débat sur la PMA était "légitime", sans jamais vraiment s'engager sur le sujet, et s'est contentée de promettre une circulaire sur la question des droits pour les trans. «Ce n'est pas suffisant», lui avait d'ailleurs répondu, en sa présence, Giovanna Rincon, d'Acceptess-T lors de la remise en mai dernier du dernier prix Refuge / Institut Randstad. Et puis comment comprendre son refus de parler à la presse LGBT? Malgré des demandes répétées, Yagg et Têtu n'ont jamais pu l'interviewer durant les trois dernières années. Le premier journal auquel elle s'est adressée pour dévoiler les contours du mariage pour tous, c'est... La Croix, une parution catholique, qui était opposée au texte. Les gays et les lesbiennes n'auraient-ils pas mérité que l'on s'adresse, pour quelque chose qui les concerne au premier chef, directement à eux et à elles? Certes, elle est allée à la rencontre des jeunes du Refuge, ou des associations LGBT au Printemps des assoces de l'Inter-LGBT. Mais pour y faire quoi à part de beaux discours, de vagues promesses et des selfies? Avait-elle les mains liées? François Hollande et Manuel Valls n'ont jamais fait mystère de leur peu d'enthousiasme pour la PMA et les droits des trans (quand ils n'ont pas retournée leur veste sur la GPA, à l'image du Premier ministre). Toute Garde des Sceaux qu'elle était, elle ne pouvait rien faire si ces deux-là n'approuvaient pas. Et jusqu'au débat sur la déchéance de nationalité, qui aura causé son départ, elle a toujours fait passer en premier sa loyauté aux têtes de l'exécutif. Mais a-t-elle vraiment essayé de faire avancer l'égalité, une fois le mariage pour tous promulgué? Peut-être répondra-t-elle à la question, maintenant qu'elle a retrouvé sa liberté de parole. [/private] [post_title] => «Christiane Taubira: Bien mais aurait pu mieux faire», par Xavier Héraud [post_excerpt] => Le panache de ses interventions lors des débats du mariage pour tous en a fait une icône. Mais Christiane Taubira s'est-elle ensuite montrée à la hauteur de ce statut? [post_status] => publish [comment_status] => open [ping_status] => closed [post_password] => [post_name] => christiane-taubira-bien-mais-aurait-pu-mieux-faire-par-xavier-heraud [to_ping] => [pinged] => [post_modified] => 2016-01-27 17:18:52 [post_modified_gmt] => 2016-01-27 16:18:52 [post_content_filtered] => [post_parent] => 0 [guid] => http://yagg.com/?p=99826 [menu_order] => 0 [post_type] => post [post_mime_type] => [comment_count] => 39 [filter] => raw [post_category] => 0 [robotsmeta] => ) [2] => WP_Post Object ( [ID] => 99507 [post_author] => 2 [post_date] => 2016-01-17 12:51:46 [post_date_gmt] => 2016-01-17 11:51:46 [post_content] => Yadh Krendel, le président de Shams, raconte comment a été créé l'association et pourquoi, aujourd'hui plus que jamais, ses militant.e.s ont besoin d'aide face aux pressions du gouvernement tunisien. Vivant en France depuis quelques années et ayant accepté mon homosexualité grâce à SOS homophobie et l’excellent forum Et alors?, j’ai décidé de créer en novembre 2014 une page de soutien aux minorités sexuelles en Tunisie. A l’époque, je l’ai appelée «Pour la dépénalisation de l’homosexualité en Tunisie». Le nom en disait long sur l’objectif principal de cette page. Elle était avant tout un espace de débat. Je voulais que ce dernier soit mené dans le respect mutuel. Très vite, les messages haineux et homophobes affluèrent. Fort heureusement je reçus aussi beaucoup de messages de soutien ainsi que quantité d’appels à l’aide et de messages de désespoir et de détresse de la part de jeunes homosexuel.le.s et bisexuel.le.s. Une association pour défendre ces minorités sexuelles, pour les aider au milieu de cette société homophobe et pour lutter pour l’abrogation de l’article 230 était plus que nécessaire.
Il y a quelques années, sous la dictature de Ben Ali, militer pour cette noble cause aurait été absolument inenvisageable, voire suicidaire. Le vent de liberté apporté par cette révolution inachevée a rendu le terrain favorable à la création de l’association. Je dis bien inachevée, parce que nous attendons toujours les révolutions culturelle et sexuelle.
De jeunes militant.e.s très motivé.e.s voulurent se joindre au mouvement. Le 23 janvier 2015, je suis allé à Tunis pour organiser avec quelques-uns d’entre eux/elles l’assemblée générale constitutive à l’issue de laquelle tou.t.e.s les membres du bureau exécutif furent désigné.e.s. Nous dûmes réitérer le dépôt de la demande jusqu’à ce que nous fussions autorisés à entamer nos activités. Le nom de l’association quant à lui, fait référence au grand mystique soufi Shams de Tabriz, l’amant du professeur théologien mystique Djalâl ad-Dîn Rûmî. Cet amour transforma Rûmi en un poète. J’ai eu cette idée après avoir lu Soufi mon amour, un roman d’Elif Shafak qui, aujourd’hui, compte parmi mes romans préférés.
Dès lors, une campagne médiatique acharnée, malsaine et sans aucune éthique journalistique fut lancée par la plupart des médias locaux. Nous commençâmes à recevoir des menaces de mort ainsi que des messages haineux sur nos messageries. Certains membres ne pouvaient même plus rentrer chez eux parce qu’ils avaient reçu la visite de fanatiques à leurs domiciles.  Nous dûmes alors héberger les membres en danger dans notre local.
Après ces moments périlleux, il y eut les différents événements que nous avons organisés ou auxquels nous avons participés. Des réunions publiques, des débats médiatiques, des meetings, des activités culturelles telles que la projection du film Politique de Walid Tayaâ, des interventions de personnalités publiques, de leaders d’opinion et d’artistes – citons à titre d’exemple: Raja Ben Slema, Lina Ben Mhenni, etc. Nous avons par ailleurs, projeté un court métrage qui traite de la situation des homosexuels en Tunisie produit par Shams et réalisé par un de nos membres, Ayoub Moumen. Une conférence de presse a été organisée le 3 octobre 2015 pour présenter nos activités et notre stratégie. Nous avons aussi participé à une autre conférence de presse avec l’association tunisienne de défense des minorités lors de laquelle nous avons débattu sur les libertés constitutionnelles. Un front associatif pour les libertés individuelles a été créé. Ce front est formé par les associations: Damj, Beyti, Free Sight, FTDH (Fédération Tunisienne des Droits de l’Homme), le Réseau euro-méditerranéen des droits de l’Homme et Shams. Enfin, nous avons participé aux États généraux LGBTI en France en présence de plusieurs associations françaises. Nous avons aidé des jeunes rejetés par leurs familles en les hébergeant dans notre local. Pour toutes ces activités, nous dûmes nous autofinancer parce que l’État tunisien a bloqué la parution de la création de Shams sur le JORT (Journal Officiel de la République Tunisienne), étape obligatoire pour pouvoir ouvrir un compte en banque. Il y eut ensuite les affaires d’arrestation des jeunes homosexuels. De là commencèrent les ennuis. Nous lançâmes les campagnes «Free Marwen», «Test de la honte, jusqu'à quand?» et «Free Awled Kairouan» pour soutenir les victimes de cet article poussiéreux qui, aussi bizarre que ça puisse le paraitre, date de 1913 et aussi pour dénoncer les tests de la honte. Ces campagnes finirent toutes par de relatifs succès. La première affaire d’homosexualité médiatisée après la création de notre association est celle de Marwen. Elle a fait polémique à cause de cette nouvelle pratique médicale ignoble qu’est le test anal. Marwen fut ensuite libéré et nous pensions que ces pratiques nauséabondes allaient s’estomper. Eh bien, non! Quelques semaines après, six jeunes ont été arrêtés à Kairouan. Leurs ordinateurs et leurs téléphones portables furent fouillés de fond en comble. Des vidéos gays ont été trouvées et les jeunes durent passer le test de la honte. L’un d’entre eux a témoigné à un membre de Shams qu’il avait refusé de faire le test et que ça lui a couté un passage à tabac. Le malheureux dut, à la fin, se soumettre à cette humiliation inhumaine. Les six jeunes ont ensuite été condamnés à trois ans de prison, soit la peine maximale prévue par l’article 230.
Les conditions de détention étaient plus que déplorables. À leur entrée, ils furent même obligés de dormir par terre sans couverture pendant les nuits glaciales et humides de décembre. La rumeur sur l’origine du délit circula très vite au sein de la prison. S’ensuivit une humiliation consternante par les surveillants pénitentiaires et les codétenus. La barbarie qu’ont subie les jeunes est sans égale. L’un d’entre eux a même tenté de se suicider.
La fin de l’année 2015 fut célébrée par la regrettable décision de suspension de nos activités émanant du président du tribunal de première instance de Tunis suite à une plainte déposée par un représentant du gouvernement. Nous dûmes faire opposition à cette décision. L’affaire devait être jugée le 12 janvier 2016 mais a, en fin de compte, été reportée à l’audience du 19 janvier. La plainte se base sur trois motifs. Nous avons d’abord été accusés d’avoir changé le nom de notre association de «Shams» en «Shams pour la défense des homosexuels». Or, ce sont les médias qui nous ont attribués ce nom. Le deuxième motif étant la création d’une antenne à Sousse qui ne nous a jamais appartenue. En vérité, il s’agissait d’une page créée par des sympathisants de la cause pour nous soutenir et qui a ensuite été fermée. Il est scandaleux qu’un État, dit démocratique, aille chercher ses informations sur les réseaux sociaux. Le dernier motif est le fait qu’on ait mentionné dans notre statut les minorités sexuelles alors que nous défendons les homosexuel.le.s. Ce fondement ne tient vraisemblablement pas la route puisque les homosexuel.le.s font partie intégrante des minorités sexuelles. Nous reconnaissons donc le fait de défendre les homosexuels et ce, conformément à notre statut.
Aujourd’hui, Shams a besoin de soutien. Comme nous l’avons précisé dans notre communiqué, nous avons besoin du soutien de tout le monde. Ne serait-ce que pour le respect de cette démocratie tant convoitée. Nous cherchons aussi du soutien sur la scène internationale afin de faire pression sur le gouvernement tunisien pour qu’il respecte toutes les conventions internationales qu’il a signé.
La pétition de soutien à Shams.   Tous nos articles sur la Tunisie. [post_title] => Pourquoi il faut sauver l'association tunisienne Shams, par Yadh Krendel [post_excerpt] => Yadh Krendel est le président de l'association LGBT Shams, qui milite pour la dépénalisation de l'homosexualité en Tunisie. [post_status] => publish [comment_status] => open [ping_status] => closed [post_password] => [post_name] => pourquoi-il-faut-sauver-lassociation-tunisienne-shams-par-yadh-krendel [to_ping] => [pinged] => [post_modified] => 2016-01-17 12:51:46 [post_modified_gmt] => 2016-01-17 11:51:46 [post_content_filtered] => [post_parent] => 0 [guid] => http://yagg.com/?p=99507 [menu_order] => 0 [post_type] => post [post_mime_type] => [comment_count] => 0 [filter] => raw [post_category] => 0 [robotsmeta] => ) [3] => WP_Post Object ( [ID] => 99008 [post_author] => 2 [post_date] => 2016-01-05 17:41:27 [post_date_gmt] => 2016-01-05 16:41:27 [post_content] => denis quinqueton 440L’égalité, c’est le fait que l’ensemble des citoyen·ne·s, quelles que soient leurs conditions sociales, leurs positions géographiques, leurs genres, leurs vies privées, leurs origines, la religion qu’ils pratiquent ou ne pratiquent pas, est soumis aux mêmes lois, dispose des mêmes droits et encoure les mêmes sanctions. C’est pour répondre à cette volonté d’égalité que les révolutionnaires de 1789 ont doté la France d’un Code pénal unique en 1791 puis, après force débats, d’un Code civil, lui aussi unique, en 1804. Tout cela succéda à un maquis de règlements et autres édits variables en fonction du lieu où l’on se trouvait, de sa condition, de son origine. C’est aussi sur la base de ce principe d’égalité que l’on a construit le droit de notre nationalité qui ne distingue pas celles et ceux qui l’ont acquise au cours de leur existence de celles et ceux qui sont nés avec (1). Dans la même veine, nous sommes un certain nombre à consacrer de l’énergie à nous battre pour l’égalité des droits des lesbiennes, des gais, des bis et des trans. Pour être précis, nous devrions parler d’égalité en droit. Nous ne cherchons pas, en effet, à accumuler des droits comme on collectionne des points sur une carte de fidélité. Nous voulons être citoyen·ne à part entière dans les termes de la loi, dans l’esprit public et dans la vie quotidienne. Cet engagement ne nous enferme pas. Au contraire, il nous associe à l’œuvre commune – dont certain·ne·s prétendent nous exclure – et aiguise notre acuité sur cette fameuse question de l’égalité : nous savons bien qu’on ne bricole pas avec. Dès lors, on ne peut que trouver effarant le projet d’inscrire dans la Constitution – dans la Constitution ! – deux catégories de citoyen·ne·s. Et on hésite pour tenter tout de même d’expliquer l’inexplicable, entre l’onéreuse tactique et la stratégie mortelle. "LOIS SCELERATES" «Pour un parti qui se vante d’avoir des principes, ce sont de grandes fautes que les petites habiletés » écrivait Léon Blum pour contester les «lois scélérates» de 1894 qui, déjà, faisaient au terrorisme la vaine offrande d’une part de nos libertés et de l’égalité (2). Le futur leader socialiste redoutait dans la phrase d’après que les dispositions législatives en question tombent entre les mains de dirigeants peu scrupuleux. La question demeurerait avec l’actuel projet puisque la constitution renverrait à une simple loi la liste des crimes qualifiés «d’atteinte grave à la vie de la nation». N’importe quelle majorité de l’Assemblée nationale, de gauche, de droite ou d’extrême droite, pourrait, à loisir, modifier cette liste. S’il s’agit d’une stratégie de l’exécutif, elle est mortelle. On se demande pourquoi mêler la question de la nationalité à la lutte antiterroriste et, dès lors, quel intérêt on pourrait retirer de cet emprunt au programme des réactionnaires ? Le philosophe italien Antonio Gramsci, hier (3), ou le linguiste américain Georges Rakoff, aujourd’hui (4), soulignent qu’on ne gagne rien à se déterminer sur le terrain idéologique et sémantique de l’adversaire. On ne fait qu’accentuer sa domination sur l’esprit public. C’est le résultat auquel on arrivera. Domination que confirment d’ailleurs les « arguments » des quelques défenseurs de ce projet. Les uns, engagés dans un frénétique tri parmi les victimes et parmi les bourreaux, prétendent que l’on «ne peut pas laisser impunément des Français tuer d’autres Français». Sans doute un témoignage des insondables abîmes des fameux «éléments de langage»... D’autres se font jardiniers de la folie en condamnant «une partie de la gauche » qui « s’égare au nom de grandes valeurs en oubliant le contexte». Pourtant, si les valeurs ne sont pas là pour permettre de ne pas être esclaves du contexte, on sera dubitatif sur leurs qualités uniquement décoratives. Ajoutons l’argument massue du sondage: les Français sont massivement pour… Si l’on veut bien ne pas nous prendre pour des simples d’esprit, ces sondages signifient que nous sommes surtout pour que l’on trouve les moyens de se préserver d’autres attentats. Et les moyens concrets de lutter contre le terrorisme, nous savons qu’ils relèvent d’abord du travail de renseignement, du travail de la police, républicaine, de celui de la justice, qui, tous, nécessitent les moyens humains et matériels d’un État pas trop paupérisé. C’est simple et extraordinairement complexe à la fois. Mieux vaudrait rester concentrés. Denis Quinqueton, Président d’HES (socialistes lesbiennes, gais, bi et trans) --- (1) Pour être précis, le Code pénal – et non la constitution – prévoit la possibilité, dans certains cas, de la déchéance de nationalité pour les naturalisés depuis moins de 15 ans. Cette mesure n’est pas plus convaincante que celle envisagée aujourd’hui. (2) Francis de Pressensé, Émile Pouget, Léon Blum, Les lois scélérates de 1893-1894, éditions de la Revue blanche, Paris, 1899. (3) Lire à ce sujet Gaël Brustier, À demain Gramsci, éditions du Cerf, Paris, 2015. (4) George Lakoff, La guerre des mots, ou comment lutter contre le discours conservateur, coédition Celsa-Les petits matins, Paris, 2015. [post_title] => "Déchéance de nationalité: on ne bricole pas avec l'égalité", par Denis Quinqueton [post_excerpt] => Denis Quinqueton, président d'Homosexualité et Socialisme explique pourquoi il est contre la déchéance de nationalité pour les binationaux nés français. Au nom d'une "grande valeur": l'égalité. [post_status] => publish [comment_status] => open [ping_status] => closed [post_password] => [post_name] => decheance-de-nationalite-on-ne-bricole-pas-avec-legalite-par-denis-quinqueton [to_ping] => [pinged] => [post_modified] => 2016-01-06 10:13:34 [post_modified_gmt] => 2016-01-06 09:13:34 [post_content_filtered] => [post_parent] => 0 [guid] => http://yagg.com/?p=99008 [menu_order] => 0 [post_type] => post [post_mime_type] => [comment_count] => 60 [filter] => raw [post_category] => 0 [robotsmeta] => ) [4] => WP_Post Object ( [ID] => 98600 [post_author] => 2 [post_date] => 2015-12-29 15:37:55 [post_date_gmt] => 2015-12-29 14:37:55 [post_content] => Madame La Ministre, Dans les débats qui traversent actuellement notre société, il est souvent question de l’École. Diversité, mixité, laïcité, morale, nombreux sont les discours prescriptifs quant à la charge qui incombe à l’Éducation Nationale en matière de formation des adultes de demain. C’est à l’École de dessiner les contours de la société républicaine que nous appelons de nos vœux. Ces contours varient souvent, d’un interlocuteur à l’autre, mais la France compte un nombre toujours grandissant d’experts en matière éducative; il est de bon ton d’avoir un avis sur l’enseignement dispensé à nos chères têtes blondes, rousses et brunes. Je suis moi-même enseignante, je pense exercer mon métier avec passion et dévouement. Depuis la rentrée 2012, j’enseigne les lettres modernes, ou plutôt, le français, comme il est coutume de dire dans les établissements scolaires. Cette année, j’exerce dans un lycée d’une petite commune iséroise. Cet établissement est le sixième dans lequel je travaille. Si je ne peux m’enorgueillir d’une longue carrière dans l’Éducation Nationale, je commence à connaître son fonctionnement et c’est la raison pour laquelle, Madame, je me permets aujourd’hui de vous écrire. Bien avant d’être ministre de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, vous avez été ministre des Droits des Femmes et en septembre 2012 le Premier ministre vous confiait la mission d’œuvrer contre l’homophobie. C’est sur ces deux questions que je souhaiterais vous interroger aujourd’hui. J’aime mon métier et je le considère souvent comme le plus beau métier du monde, pourtant aujourd’hui c’est non seulement en tant que professeure, mais également en tant que femme et homosexuelle que je vous écris. L’éducation à la sexualité est une des missions de l’École, définie dans la circulaire n° 2003-027 du 17 février 2003. Pour reprendre les termes de cette même circulaire, l’éducation à la sexualité implique «une nécessaire cohérence entre les adultes participant au respect des lois et des règles de vie en commun qui s'exercent aussi bien dans le cadre de la mixité, de l'égalité, que de la lutte contre les violences sexistes et homophobes contraires aux droits de l'homme.» Votre ministère vient de lancer récemment une nouvelle campagne nationale destinée à informer et sensibiliser les collégien.ne.s, lycéen.ne.s, étudiant.e.s et l’ensemble des membres de la communauté éducative aux violences et discriminations à caractère homophobe dont souffrent encore trop de jeunes.
Pour autant, Madame, et c’est pour cela que je me permets de vous interpeller aujourd’hui, l’Éducation Nationale est sexiste et, de façon encore plus insidieuse, homophobe.
Je m’explique. Je ne peux que m’interroger lorsque je ne dénombre que sept filles sur les trente élèves de la classe de première scientifique dont je suis la professeure principale. Les stéréotypes semblent avoir la vie dure et il me semble que nous devrions œuvrer à les déconstruire tout au long de l’année scolaire et pas simplement lors des trois séances annuelles d’éducation à l’affectivité et à la sexualité. En tant qu’enseignante de lettres, mon premier point portera sur la grammaire. Depuis que j’enseigne, invariablement, lorsqu’il est question d’accords grammaticaux, mes élèves répètent en chœur le dicton si célèbre selon lequel «le masculin l’emporte». Depuis le XVIIe siècle, la grammaire française tend à faire du masculin une norme. La langue est un produit culturel qui entretient des liens très étroits avec la société. Or, la grammaire française invisibilise le féminin. Grammaticalement, le féminin disparaît derrière le masculin, perçu comme neutre. Le problème n’est pas nouveau: en 1899, Hubertine Auclert appelait déjà de ses vœux la création d’une assemblée qui aurait pour mission de féminiser la langue car écrivait-elle «l’omission du féminin dans le dictionnaire contribue, plus qu’on le croit, à l’omission du féminin dans le code (côté des droits)».
Il faut mettre un terme à l’invisibilité du féminin dans la langue. L’Éducation Nationale a ici un rôle à jouer. Si l’on a pu proposer une réforme de l’orthographe en 1990, pourquoi cela ne serait-il pas possible aujourd'hui?
La recherche universitaire en matière de linguistique avance, des solutions simples sont proposées par nombre d’universitaires reconnu.e.s. Ne pourrions-nous pas faire en sorte que l’école enseigne une grammaire paritaire, que ces éléments soient présents dans les manuels scolaires comme ils commencent à l’être dans la presse? Je pense ici au travail des journalistes de la revue Well Well Well qui ont prouvé que la tâche n’était finalement pas infaisable. De la même façon, je suis toujours particulièrement frappée de constater le petit nombre d’auteures que nous faisons découvrir à nos élèves chaque année. Dans le manuel de première que mes collègues et moi utilisons, les seules femmes à être citées sont Louise Labé, Marceline Desbordes-Valmore, Nancy Huston, Marguerite Yourcenar, Mary Shelley, Mme de La Fayette, Mme de Sévigné, Marguerite Duras, Nathalie Sarraute, Amélie Nothomb, Virginia Woolf, Sapphire et Simone de Beauvoir. Treize femmes seulement pour près de deux cents auteurs. Vous comprendrez alors que je me sois autorisée à les nommer toutes. Le sujet a été évoqué lors de la dernière session du baccalauréat, mais combien de textes écrits par des femmes ont-ils été proposés aux épreuves anticipées de français? Combien au brevet des collèges? Il est frappant de constater que les rares textes écrits par des femmes proposés à l’étude lors des épreuves écrites du baccalauréat en français le sont dans les sujets des centres étrangers, d’Amérique du Nord, d’Asie ou encore de Pondichéry. En 2015, un extrait de La Belle et la bête de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont était le sujet de commentaire composé en Asie tandis qu’un extrait de Pour un oui et pour un non de Nathalie Sarraute était à étudier dans le sujet des filières S et ES à Pondichéry. Pour trouver des auteures dans les épreuves anticipées, il faut remonter au sujet de la série littéraire de 2007. Loin de moi l’idée que ces sujets valent moins que les autres mais force est de constater qu’ils sont bien moins commentés que les sujets de juin en France métropolitaine. Les auteures françaises se retrouvent, encore une fois, marginalisées. On me répondra que durant des siècles, les femmes n’ont pas pu écrire ni publier et que c’est là la raison de leur faible représentation dans nos programmes et dans nos épreuves plus académiques. Peut-être pourrions-nous justement faire une place plus grande aux femmes écrivaines et reconnaître le talent et parfois le génie de nombre de nos romancières plus récentes et contemporaines? Pire encore, les modèles que véhiculent la plupart des textes que nous donnons à lire à nos élèves proposent une bien triste image des femmes: elle est tantôt prostituée tantôt criminelle chez Zola, infanticide dans la Médée de Corneille, Phèdre est coupable et entièrement soumise à ses passions, Mathilde de la Mole est infidèle chez Stendhal. Les modèles positifs que nous proposons à nos élèves sont rares. Là encore, il sera aisé de m’objecter que c’est aux enseignant.e.s d’amener les élèves à interroger ces représentations en les replaçant dans le contexte historique et littéraire qui les a produites. Toutefois, peut-être pourrions-nous sans craindre l’ire des parents, des directions, de l’inspection offrir une autre vision des choses? Peut-être serait-il possible de mettre en place un système de ressources accessibles aux enseignant.e.s rassemblant des supports pédagogiques et des textes qui parleraient du monde tel qu’il est et non tel qu’il a été rêvé ou imaginé par quelques grands auteurs mâles, dont je ne saurais toutefois remettre en cause le talent ici. L’histoire culturelle de notre pays a été écrite par des hommes, mais il est de notre devoir de montrer que cet état de fait n’est pas une fatalité. D’autres couples existent. D’autres amours existent et elles méritent d’être représentées au même titre que l’idylle de Tristan et Iseult ou celle de Roméo et Juliette pour ne citer que ces célèbres amants.
L’absence totale de représentation de l’homosexualité dans les œuvres que nous proposons à l’étude contribue grandement à sa marginalisation dans l’esprit collectif. Évidemment, ces ressources sont rares. Mais cela devrait être une des missions d’un grand ministère comme celui que vous administrez de travailler à l’évolution des mentalités afin de lutter efficacement contre les discriminations.
Madame la ministre, l’homophobie est un mal insidieux. Il est aisé de remarquer que les insultes préférées de nos élèves n’en sont d’ailleurs pas exemptes. Mais dans notre institution, elle avance masquée: remarques déplacées, injonctions à «trouver un mari» pour obtenir une mutation plus avantageuse, moqueries et blagues entendues en salle des professeur.e.s. Le climat dans lequel nous, personnel homosexuel de l’Éducation Nationale, évoluons est un climat délétère peu propice à l’épanouissement dans le cadre professionnel.
Et je me permettrais de conclure par une dernière remarque peut-être plus personnelle, mais je vis pleinement mon homosexualité dans tous les domaines de ma vie: au sein de ma famille, parmi mes ami.e.s, dans mon club de sport, partout. Mon orientation sexuelle n’est pas taboue. Il n’est qu’un endroit où elle m’isole, m’enferme et me pèse et c’est sur mon lieu de travail, à tel point d’ailleurs, que je choisis de signer ce courrier de mon nom de plume.
Certes, je pourrais utiliser la loi pour faire valoir mes droits à l’égalité dans le cas où je serais victime d’homophobie. Bien entendu, la loi punit les discriminations. Pour autant, le climat nocif dans lequel nous évoluons, craignant sans cesse le jugement d’un.e collègue, de notre direction, de notre hiérarchie et des parents d’élèves, nous pousse à rester dans un placard dont nous avons eu souvent bien du mal à sortir par ailleurs. Qu’en est-il alors de nos élèves homosexuel.le.s? Peuvent-ils en tout état de cause assumer et vivre pleinement une sexualité naissante dont tout leur dit qu’elle est marginale sinon anormale? Cette ouverture d’ailleurs serait bénéfique à tou.te.s dans le processus d’appréhension de leur identité et orientation sexuelle. L’Éducation Nationale est un vecteur puissant d’égalité et de liberté si elle assume pleinement son rôle et sa mission, et je ne doute pas, Madame, que vous prendrez la mesure de l’urgence de faire évoluer les choses afin que l’école puisse permettre à toutes et tous de s’épanouir véritablement. Je vous prie d’agréer, Madame, l’expression de mes respectueuses salutations. [post_title] => «Madame la ministre, l’Éducation Nationale est sexiste et, de façon encore plus insidieuse, homophobe», par Leslie Préel [post_excerpt] => En réaction à la campagne du ministère de l'Éducation contre l'homophobie, une enseignante s'adresse à Najat Vallaud-Belkacem pour lui rappeler l'importance d'une véritable politique de lutte contre les discriminations. [post_status] => publish [comment_status] => open [ping_status] => closed [post_password] => [post_name] => madame-la-ministre-leducation-nationale-est-sexiste-et-de-facon-encore-plus-insidieuse-homophobe-par-leslie-preel [to_ping] => [pinged] => [post_modified] => 2015-12-29 15:37:55 [post_modified_gmt] => 2015-12-29 14:37:55 [post_content_filtered] => [post_parent] => 0 [guid] => http://yagg.com/?p=98600 [menu_order] => 0 [post_type] => post [post_mime_type] => [comment_count] => 6 [filter] => raw [post_category] => 0 [robotsmeta] => ) [5] => WP_Post Object ( [ID] => 98124 [post_author] => 36 [post_date] => 2015-12-01 17:08:38 [post_date_gmt] => 2015-12-01 16:08:38 [post_content] => La journée mondiale contre le sida intervient cette année dans un contexte très particulier. Depuis un an, la France a connu deux épisodes d'attentats particulièrement meurtriers, en janvier avec les tueries à Charlie Hebdo et à l'Hyper Casher, puis tout récemment, le 13 novembre, nuit d'horreur où 130 personnes ont trouvé la mort. Et des centaines d'autres ont été blessées par les balles des meurtriers fanatisés de Daech. Ce soir, la traditionnelle manifestation d'Act Up-Paris et de dizaines d'autres associations de lutte contre le sida n'aura pas lieu, pour cause d'état d'urgence (pour les informations concernant la manif de Toulouse, c'est ici). A la place, un rassemblement place Baudoyer, celle-là même où nous étions réuni.e.s pour fêter l'adoption de la loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe. Beau symbole que de célébrer le combat pour la vie mais aussi pour la mémoire de celles et ceux qui nous ont quitté prématurément, tués par le sida. IMMENSES PROGRÈS En cette fin 2015, qui marque mon entrée dans ma 31e année de vie avec le VIH, j'ai aussi envie de célébrer celles et ceux qui sont toujours là, qui ont survécu, qui vivent avec le sida ou le VIH. Nous serions 150.000 en France, près de 40 millions dans le monde. Celles et ceux d'entre nous qui ont accès aux traitements peuvent espérer vivre une vie quasiment normale. Il faut insister sur ce point. La recherche a fait d'immenses progrès et les traitements actuels n'ont plus rien à voir avec l'AZT des années 80 (où il fallait se lever la nuit pour prendre un des quatre comprimés quotidiens) ou les premières antiprotéases des années 90 (avec leur cohorte d'effets secondaires graves). Bien sûr, ce n'est pas la panacée non plus mais on arrive à des prises quotidiennes d'un seul comprimé. Et très bientôt, les séropositifs se verront proposer une injection tous les trimestres. En plus, ces traitements ont un impact immense sur la prévention. Il ne faut plus attendre pour marteler ce message: un.e séropositif.ve en traitement bien contrôlé ne transmet plus le VIH. Je répète: un.e séropositif.ve en traitement bien contrôlé ne transmet plus le VIH. Quand les pouvoirs publics vont-ils se décider à lancer une campagne massive d'informations sur cet angle-là? Il reste encore trop de médecins qui ne prescrivent pas le traitement dès l'annonce de la séropositivité. Et encore trop de personnes atteintes qui ne sont pas informées des bénéfices sur leur santé mais aussi sur la protection que confèrent les traitements antirétroviraux. L'information sur la prévention n'a que très peu évolué et ne tient pas suffisamment compte de cette réalité. Les stratégies de prévention ont pourtant été chamboulées par les personnes elles-mêmes ces dernières années. L'usage sauvage de la prophylaxie pré-exposition en est un des exemples les plus frappants. Voilà un nouvel outil de prévention, à base de traitement antirétroviral (Truvada) mais aussi d'accompagnement communautaire, qui a fait ses preuves dans des essais dans plusieurs pays, mais que les autorités de santé ont tardé à mettre en place. C'est désormais chose faite, avec l'annonce il y a une semaine par Marisol Touraine d'autoriser Truvada –et de le rembourser– pour les personnes à risque (lire: Marisol Touraine donne son feu vert à la PrEP). C'est un grand pas qui vient d'être franchi mais il ne faut pas s'arrêter au milieu du chemin. Cette stratégie de prévention combinée a toutes les chances de réussir si on l'intègre à une offre globale de prise en charge: le dépistage est la clef de cette réussite. Là encore, autre bonne nouvelle, les autotests sont autorisés en France depuis le début de l'année et disponibles en pharmacie ou sur des sites spécifiques (lire: Dix questions sur les autotests du VIH). Si nous n'avons pas encore d'informations sur leur utilisation, il est clair que tout ce qui peut diversifier l'offre de dépistage est bon à prendre. 90-90-90 A ce stade, vous vous demandez peut-être quelle mouche m'a piqué. Tout serait pour le mieux dans le meilleur des mondes? Évidemment non. Je pourrais reprendre point par point mon argumentaire et formuler les choses de façon beaucoup plus critique. Oui, la fin de l'épidémie telle que nous l'avons connue est possible. Mais s'en donne-t-on vraiment les moyens? La «recette» tient en une formule: 90-90-90. 90% de personnes dépistées, 90% de personnes dépistées traitées et 90% de personnes dépistées, traitées et dont la charge virale est indétectable. C'est comme cela qu'on peut stopper l'épidémie. Nous en sommes encore loin. Il en va de la santé comme du climat: on sait depuis très longtemps ce qu'il faut faire mais chaque pays a au moins une (mauvaise) raison pour ne pas s'engager à la hauteur des enjeux. Dans le cas du sida, pour n'en citer qu'une et qui touche tous les pays, à des degrés divers, la discrimination à l'égard des LGBT, des travailleurs du sexe, des femmes, des minorités visibles, des usagers de drogue, constitue un frein majeur à l'accès au dépistage et à la prise en charge de millions de personnes vulnérables. En France, et malgré les discours, les aides aux associations sont encore plus limitées qu'avant. Dernier exemple en date, les difficultés rencontrées par Sida Info Service (lire : Motion de défiance, lettre ouverte: les salarié.e.s se mobilisent pour sauver Sida Info Service). Au delà des problèmes internes, il faut souligner que depuis 2008, la subvention versée par l'Institut de prévention et d'éducation pour la santé a baissé de 28%. Vous avez vu beaucoup de services dont le coût a baissé de 28% en sept ans? JEUNES GAYS EN DANGER Pourtant, il y a urgence. Même en France, ce mot n'est pas galvaudé. Dans son rapport sur le VIH publié peu avant cette Journée mondiale, l'Institut de veille sanitaire pointe des chiffres très inquiétants: parmi les 6584 découvertes de séropositivité en 2014, 42% concernent des gays, des bis et des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes. Plus inquiétant encore, la hausse du nombre de découvertes est significative chez les gays, alors que ce nombre est stable dans les autres groupe. Enfin, depuis 2003, le nombre de découvertes de séropositivité a plus que doublé (x2,4) chez les jeunes gays et HSH de 15 à 24 ans. C'est collectivement, au sein des associations de lutte contre le sida ET LGBT, qu'elles soient de loisirs, sportives, militantes ou festives, que ces chiffres doivent nous interpeller. Le VIH est aussi notre affaire et nous ne pouvons pas laisser une génération en danger. Même si les progrès sont là, non décidément, commencer sa vie avec le VIH, c'est pas une vie. [post_title] => «Mettre fin à l'épidémie de sida? Il y a encore du boulot!», par Christophe Martet [post_excerpt] => L'année 2015 s'achève sur de bonnes nouvelles sur le front de la lutte contre le sida. Mais est-ce suffisant? [post_status] => publish [comment_status] => open [ping_status] => closed [post_password] => [post_name] => mettre-fin-a-lepidemie-de-sida-il-y-a-encore-du-boulot-par-christophe-martet [to_ping] => [pinged] => [post_modified] => 2015-12-01 17:19:41 [post_modified_gmt] => 2015-12-01 16:19:41 [post_content_filtered] => [post_parent] => 0 [guid] => http://yagg.com/?p=98124 [menu_order] => 0 [post_type] => post [post_mime_type] => [comment_count] => 6 [filter] => raw [post_category] => 0 [robotsmeta] => ) [6] => WP_Post Object ( [ID] => 97615 [post_author] => 2 [post_date] => 2015-11-16 19:44:56 [post_date_gmt] => 2015-11-16 18:44:56 [post_content] => Vendredi 13, vers 22h, j'organisais une réunion de travail à 200 mètres à peine du Bataclan lorsque mes camarades et moi, nous avons été mis en garde par des amis qui nous ont appelé. Dès lors, plus question de rentrer à pied ou par les transports en commun. Il a fallu se regrouper dans les deux voitures disponibles. A l'extérieur, la plupart des rues étaient bloquées, les voitures empêchées dans un désordre indescriptible, et la nuit sur Paris, déchirée par les sirènes des pompiers. Progressivement, les yeux rivés sur nos mobiles, nous avons pris connaissance du bilan humain. 30 morts, puis 40, puis 60, et aujourd'hui, 128, à tout le moins. Des attaques d'une ampleur inédite. Six lieux en même temps, le président exfiltré, des citadins pris en otage dans une salle de concert, d'autres liquidés à la terrasse d'un café, etc. Des terroristes avec des ceintures d'explosifs. Des kamikazes. Des hommes prêts à tout. Je partage évidemment l'affliction extrême dans laquelle est plongé notre pays. Le deuil national, c'est notre deuil à tous. Nous avons passé, comme tout le monde, une longue nuit d'angoisse, à chercher les informations les plus précises dans les médias, sur les réseaux sociaux. Nous avons passé des heures au téléphone pour rassurer les proches, les amis, les camarades militants. Mais au-delà de la tristesse, de la compassion pour les familles directement touchées, de la traque des responsables et des possibles complicités, je crois que nous devons mener une double réflexion. A l'intérieur, il s'agit plus que jamais de réaffirmer les valeurs républicaines qui sont les nôtres. Oui, il faudra agir en matière de sécurité et de renseignement, mais il faudra aussi apporter des réponses morales et politiques, visant à montrer ce que nous sommes, ce en quoi nous croyons, en refusant de sombrer dans la panique ou dans la haine, potentiellement raciste, xénophobe ou islamophobe. Par ailleurs, à l'extérieur, il faudrait également un véritable débat national (et notamment à l'Assemblée, mais pas seulement), sur les priorités stratégiques de la France dans le monde, sur le coût et les bénéfices des interventions militaires engagées, et sur le positionnement de notre pays au Moyen Orient. En outre, il faudrait s'interroger sur les enchaînements politiques qui ont permis le développement de Daech, sur l'origine de sa puissance phénoménale, sur ses alliés, dont certains sont les nôtres –suivez mon regard. Certains commentateurs affirment qu'il faut faire la guerre. Mais la guerre, nous y sommes déjà depuis longtemps. Depuis que nous avons commencé à envoyer des armes aux soi-disant modérés en Syrie, depuis que François Hollande a décidé de faire la guerre à Daech, il y a quelques mois. En ce sens, les attentats du 13 novembre sont objectivement un acte de guerre, en représailles à la guerre que nous menons là-bas. Il faut donc se demander s'il était bien judicieux de s'engager dans ce conflit entre un tyran sanguinaire, Bachar El Assad, et des terroristes criminels et fanatisés, en l'occurrence, Daech. Le plus incroyable de l'histoire, c'est que la décision très discutable de s'engager a été prise sans discussion. En effet, la Constitution permet au président de la République de prendre tout seul ce genre de décisions. Le Parlement n'a pas son mot à dire. En France, le Parlement peut discuter de tout, sauf de la décision la plus importante qui soit –la guerre ou la paix. Cela paraît tout à faix paradoxal dans une démocratie. Aujourd'hui, les postures militaires se multiplient, et si nous y cédons, il est à craindre que l'on soit aspiré dans la spirale sans fin, de l'agression, des représailles, des représailles aux représailles, et des représailles aux représailles des représailles, etc. Est-ce bien ce que nous voulons... Pour ma part, je demanderais volontiers qu'il y ait un référendum sur l'opportunité pour la France de poursuivre son engagement militaire en Syrie, et d'autre part, je crois qu'il est urgent qu'on l'on fasse une réforme constitutionnelle qui oblige le président à avoir l'assentiment du Parlement avant de déclarer une guerre, quelle qu'elle soit. Louis-Georges Tin [post_title] => Louis-Georges Tin: «Il faudrait s'interroger sur les enchaînements politiques qui ont permis le développement de Daech» [post_excerpt] => Louis-Georges Tin, fondateur de la Journée contre l'homophobie et président du Cran, livre sa réaction aux attentats meurtriers de Paris. [post_status] => publish [comment_status] => open [ping_status] => closed [post_password] => [post_name] => louis-georges-tin-il-faudrait-sinterroger-sur-les-enchainements-politiques-qui-ont-permis-le-developpement-de-daech [to_ping] => [pinged] => [post_modified] => 2015-11-16 23:34:50 [post_modified_gmt] => 2015-11-16 22:34:50 [post_content_filtered] => [post_parent] => 0 [guid] => http://yagg.com/?p=97615 [menu_order] => 0 [post_type] => post [post_mime_type] => [comment_count] => 134 [filter] => raw [post_category] => 0 [robotsmeta] => ) [7] => WP_Post Object ( [ID] => 97618 [post_author] => 2 [post_date] => 2015-11-16 18:13:19 [post_date_gmt] => 2015-11-16 17:13:19 [post_content] => Vendredi 13 novembre 2015. 22h. Je suis chez moi. Dans le 11e arrondissement de Paris, près du boulevard Voltaire et de la rue de Charonne. Je consulte mon fil d’actualité Facebook et tombe sur le statut d’un ami, «inquiet par des fusillades dans Paris». Je ne comprends pas tout de suite. Dehors, j’entends des sirènes, les mêmes que j’avais déjà entendues les 7 et 9 janvier dernier. J’allume ma télévision: un match de foot sur TF1, une série sur France 2, tout semble normal. Je zappe sur les chaînes d’information en continu. Je comprends que le cauchemar recommence. Des messages arrivent sur mon portable. Les réseaux sociaux s’emballent. La suite, nous la connaissons: des explosions près du Stade de France, des fusillades à des terrasses de bars et restaurants dans les 10e et 11e arrondissements, une prise d’otage au Bataclan. Des morts – de nombreux morts – des blessés. Et puis des mots qui se bousculent dans ma tête : «attentats», «terrorisme», «kamikazes», «terreur», «carnage», «scène d’apocalypse», «état de guerre». À dix minutes de chez moi. Samedi matin. La nuit a été courte. Le silence assourdissant de la rue. Des sirènes au loin. Dans la nuit, je ne distinguais plus celles de la rue de celles de la télévision. Une tristesse infinie m’envahit. Je pense à tous ces morts, à ces blessés, à leurs proches. J’ai envie de rendre hommage à ceux qui nous protègent, aux policiers, militaires, pompiers. A ceux qui soignent les blessés et consolent les familles, aux médecins, infirmiers, psychologues. A nos dirigeants qui, dans l’urgence, doivent prendre des décisions difficiles et courageuses. De cette nuit terrible, je retiens les nombreux messages de proches inquiets. Ceux avec qui on échange au quotidien bien sûr. Mais aussi les autres, moins présents dans nos vies, mais tout aussi proches dans nos cœurs. Je repense à mon inquiétude de ne pas avoir eu de réponse d’un ami, qui était heureusement loin de Paris et des attentats vendredi soir. Je pense à ceux qui n’ont pas eu cette chance. Je suis bouleversé de voir les messages inquiets sur Facebook, les avis de recherche sur Twitter. Je suis ému de voir les visages des disparus, des morts. Des jeunes. Des jeunes qui auraient pu être mes amis. Ils s’en sont pris à des jeunes, et à travers eux aux valeurs de notre République, la liberté, l’égalité, la fraternité, qu’ils incarnaient si bien. Liberté. Liberté de sortir et de s’amuser. Liberté de boire et de manger. Liberté d’écouter de la musique et de faire du sport. Liberté de croire ou de ne pas croire. Liberté de s’exprimer et de blasphémer. Liberté d’aimer et d’être aimé. Liberté de vivre. Egalité. Egalité entre les sexes. Egalité entre les origines. Egalité entre les religions. Egalité entre les orientations sexuelles et les identités de genre. Fraternité. Comme celle des Parisiens qui, au milieu de l’horreur, ont lancé les opérations #PorteOuverte ou #TaxiGratuit. Des valeurs de solidarité, de générosité, d’humanité, que les terroristes ont voulu nous enlever. Et qu’ils n’ont fait que renforcer. Ils ne s’en sont pas pris à ces arrondissements par hasard. Les locaux de Charlie Hebdo s’y trouvaient. La marche du 11 janvier, qui avait permis à un peuple de se réunir autour de valeurs communes et contre l’obscurantisme, s’y était déroulée. Ironie du sort, le Bataclan avait été ce jour-là le lieu de départ des associations, dont SOS homophobie faisait partie. Surtout, ses habitants sont jeunes, ouverts, cosmopolites, gay-friendly, et sont imprégnés de valeurs d’ouverture, de vivre-ensemble, de tolérance. Des habitants qui ne tomberont pas dans le piège des amalgames et de la stigmatisation. Des habitants qui ont très vite tenu à rendre hommage aux victimes et à se rassembler sur les lieux des attentats ou autour de la Statue de la République, sur la place du même nom. Certains critiquent le soudain patriotisme, voire un soi-disant nationalisme, qu’il y aurait à être fier de notre pays. Mais afficher les couleurs de notre drapeau sur les réseaux sociaux n’est-il pas la meilleure réponse à apporter à la fois aux terroristes qui haïssent notre République et ses valeurs, et à notre extrême-droite qui s’est trop longtemps appropriée ces couleurs ? Les pays du monde entier ne s’y trompent pas en drapant leurs monuments de bleu-blanc-rouge, couleurs de la « patrie des droits de l’Homme ». Aujourd’hui, Libération fait sa une sur la «Génération Bataclan». Je suis la «Génération Bataclan». Mes amis sont la «Génération Bataclan». Je repense à quelques moments que j’ai vécus dans cette salle de concert du boulevard Voltaire. Je me souviens d’un meeting politique en octobre 2011 : la démocratie au cœur d’une salle de spectacle. Je me souviens d’un concert un mois plus tard : Alex Beaupain y chante l’amour. Je me souviens surtout de tant de nuits passées à faire la fête aux «Follivores-Crazyvores», célèbre soirée gay parisienne. L’une des premières à laquelle j’ai participé en arrivant à Paris il y a une dizaine d’années. Que j’ai aimé aller aux «Follivores» chaque année le soir de la Marche des Fiertés LGBT. Que j’ai aimé aller au Bataclan chaque mois de décembre pour la soirée organisée au profit de SOS homophobie. Que de souvenirs! Que de beaux moments passés, que de musique écoutée, que de baisers échangés. Nous en aurons d’autres. Beaucoup d’autres. Nous continuerons de sortir et de nous amuser. Nous continuerons de chanter et de danser. Nous continuerons de nous embrasser et de nous aimer. Face à la lâcheté et à la barbarie, nous continuerons d’afficher avec courage notre désir de tolérance et de liberté.
Nous ne renoncerons pas à nos valeurs et à nos modes de vie. Nous sommes debout. Nous sommes unis. Nous sommes solidaires. Nous sommes Paris. Nous sommes la «Génération Bataclan». Yohann Roszéwitch [post_title] => Yohann Roszéwitch: «Nous sommes la "Génération Bataclan"» [post_excerpt] => Le président de SOS Homophobie, Yohann Roszéwitch, nous livre son témoignage très personnel sur les attentats meurtriers de Paris. [post_status] => publish [comment_status] => open [ping_status] => closed [post_password] => [post_name] => yohann-roszewitch-nous-sommes-la-generation-bataclan [to_ping] => [pinged] => [post_modified] => 2015-11-17 08:37:38 [post_modified_gmt] => 2015-11-17 07:37:38 [post_content_filtered] => [post_parent] => 0 [guid] => http://yagg.com/?p=97618 [menu_order] => 0 [post_type] => post [post_mime_type] => [comment_count] => 2 [filter] => raw [post_category] => 0 [robotsmeta] => ) [8] => WP_Post Object ( [ID] => 97610 [post_author] => 2 [post_date] => 2015-11-16 12:10:47 [post_date_gmt] => 2015-11-16 11:10:47 [post_content] => Elles s'appelaient Halima, Lola, Marie, Hodda, Hélène… Ils s'appelaient Luis Felipe, Valentin, Milko, François-Xavier, Amine… Ils sont 129 à être morts ce soir-là [bilan provisoire], 352 à être blessés de manière plus ou moins grave. Des femmes et des hommes, des filles et des garçons, des enfants. Des êtres aimés et aimants. Des femmes et des hommes comme nous. C'étaient eux, ça aurait pu être nous… Ils sont tombés sous les balles d'hommes qu'ils ne connaissaient pas, à qui ils n'avaient jamais causé le moindre tort. Ils sont tombés sous les balles d'assassins alors qu'ils partageaient un moment de joie, en terrasse d'un restaurant, dans une salle de concert. Ils sont tombés sous les balles de fanatiques aveugles alors qu'ils sont les citoyens d'une société ouverte, généreuse, accueillante. Paris, la France, le monde également, ne seront plus tout à fait comme avant. Une fois encore, la folie meurtrière pousse une démocratie à mettre un genou à terre. Les États Unis, la Grande-Bretagne, l'Espagne… pour ne rappeler que quelques souvenirs abjects, ont souffert comme nous souffrons aujourd'hui. Nous nous relèverons plus forts, plus unis, plus solidaires. Loin de se replier sur elle-même, la France sera plus ouverte sur le monde et plus respectueuse des différences. Ceux qui pensent que ces actes odieux nous conduiront à suspecter tous les autres se trompent. Au contraire… Nous témoignerons à chacun, quelle que soit son origine, quelle que soit sa religion, quelle que soit la couleur de sa peau la solidarité qui a construit la France et en a fait un pays multiculturel, pluriethnique, qui accepte tous les modes de vie, qui reconnaît toutes les libertés. A celles et ceux qui sont restés à terre, à celles et ceux qui sont encore entre la vie et la mort, à celles et ceux qui sont soignés, à celles et ceux pour qui ils sont chers, je dis ma compassion, mon estime et mon amitié. Aux forces de l'ordre, aux secouristes, à toutes celles et tous ceux qui, en portant assistance ou en ouvrant leur porte ce vendredi soir pour recueillir la détresse, je veux dire que notre Nation est fière de vous. Sur la place de la République, la devise de notre ville a été déployée «Fluctuat Nec Mergitur»… La plus belle des réponses à apporter à ceux auxquels notre liberté fait peur… [post_title] => Jean-Luc Romero: «Loin de se replier sur elle-même, la France sera plus ouverte sur le monde et plus respectueuse des différences» [post_excerpt] => Jean-Luc Romero, conseiller régional d'Ile-de-France et adjoint à la maire du XXIe arrondissement de Paris, livre son témoignage suite aux attentats meurtriers de Paris. [post_status] => publish [comment_status] => open [ping_status] => closed [post_password] => [post_name] => jean-luc-romero-loin-de-se-replier-sur-elle-meme-la-france-sera-plus-ouverte-sur-le-monde-et-plus-respectueuse-des-differences [to_ping] => [pinged] => [post_modified] => 2015-11-16 12:10:47 [post_modified_gmt] => 2015-11-16 11:10:47 [post_content_filtered] => [post_parent] => 0 [guid] => http://yagg.com/?p=97610 [menu_order] => 0 [post_type] => post [post_mime_type] => [comment_count] => 7 [filter] => raw [post_category] => 0 [robotsmeta] => ) [9] => WP_Post Object ( [ID] => 97601 [post_author] => 2 [post_date] => 2015-11-16 11:19:13 [post_date_gmt] => 2015-11-16 10:19:13 [post_content] => Sidération caroline-mecaryVendredi 13 novembre, vers 22h alors que j’étais tranquillement chez moi je reçois un texto d’une amie qui me demande si je vais bien car il y a des fusillades à Paris. Je ne sais pas de quoi elle parle, immédiatement je vais sur le net, ouvre France info et le fil de ma TL et là je découvre. Attaques multiples : le Stade de France, mitraillage du Bar Le Carillon et du restaurant Le Petit Cambodge, puis la Bonne Bière et ensuite La Belle Equipe et puis la prise d’otages au Bataclan ; jusqu’à trois heures du matin, je vais restée scotchée à ce flot d’informations. Je vais découvrir, en même temps que cette horreur, le mouvement de solidarité qui nait avec #Porteouverte. Je suis en pleine sidération, choquée. Près de 130 morts, des centaines de blessés. J’ai une peine infinie pour les victimes et leur famille. Je ne sais pas comment mais finalement je m’endors. Tristesse infinie Je me réveille tôt samedi avec l’impression d’avoir reçu un coup de massue sur la tête. A nouveau je parcours internet, écoute la radio, suit ma TL. Il est midi, je me sens perdue, je décide d’aller à République bien que je sache que tout rassemblement est interdit par mesure de sécurité (ce que je comprends) mais j’ai besoin d’aller quelque part et la place de la République est un symbole qui est pour moi comme un bouclier face à ce déferlement de haine qui m’a rendu groggy. Peu de monde place de la République. J’erre un moment comme une âme en peine puis rentre chez moi et je passe l’après midi à suivre l’actualité, appeler mes proches et à retwitter les messages de recherche de près de 130 personnes. Je sais déjà à cet instant que nombre de ces disparus sont en réalité morts mais je le fais on ne sait jamais. Je suis si impuissante. Fin de journée je décide de retourner à République ; Il y plus de monde que ce matin, des bougies, du recueillement, un hommage aux victimes. Une manière de dire aussi: la peur ne me fera pas céder car oui bien sûr j’ai peur. Affronter ma peur est une nécessité et ce d’autant plus que moi je n’ai pas perdu qui un enfant, qui une épouse qui un frère. Je retrouve des connaissances, nous parlons mais nous sommes sans voix, partagés entre sidération et tristesse. L’histoire tragique qui se déroule s’est emparée de nous. Dîner chez des amis nous sommes bouleversés. Je rentre chez moi en taxi et je traverse un Paris désert, vide, morne et sans lumière. Prise de conscience : notre société vient de changer de paradigme Dimanche, réveil tôt, je ne suis plus sidérée, je viens de réaliser que le monde que j’ai connu est mort. Notre monde a changé de paradigme. Désormais chacun de nous où qu’il soit, à tout moment, est une cible potentielle de la barbarie, c’est cela la différence avec les attentats de janvier 2015 : nous sommes tous potentiellement des cibles. Cela peut être n’importe lequel d’entre nous sans aucune raison. Vendredi c’est la jeunesse ordinaire et banale qui a payé le prix fort d’une haine qu’elle n’imaginait même pas : le massacre des innocents. «Plutôt la vie» : résister et agir politiquement Face à la barbarie, il n’y a qu’une réponse à mes yeux : plutôt la vie. Résister. Résister à la peur qui est un venin qui s’instille en chacun de nous, continuer à vivre, ne pas se replier sur soi, ne pas désigner un bouc émissaire, croire indéfectiblement en la force de nos valeurs républicaines : Liberté, Egalité, Fraternité, Laïcité. Résister aux sirènes totalitaires qui s’avancent à grands pas dans la bouche d’un De Villiers, d’un Wauquiez, d’un Luca, d’un Colard d’un Saint Just, d’un Alliot d’un Estrosi et autres Morano. Ce qu’ils proposent est la solution du pire ; à suivre leurs chants nous allons vers une société profondément clivée, divisée et de surcroit totalitaire. Ces gens là sont les fossoyeurs de la République démocratique. Cela ne veut pas dire qu’il faut rester les bras croisés et en ce sens je peux comprendre l’annonce par le Président de la République de l’instauration de l’état d’urgence et le rétablissement du contrôle aux frontières ainsi que le déploiement d’un contingent de militaires ; mais c’est loin de résoudre le problème auquel notre pays est confronté. Agir réellement cela veut dire notamment se donner les moyens humains et matériels sur le territoire national de faire du renseignements (et non pas comme l’a fait Nicolas Sarkozy supprimer et les RG et près de 13000 postes dans les forces de police et de gendarmerie). Agir cela veut dire aussi s’attaquer au problème à sa source avec notamment la chute de l’Irak et dans sa suite, la situation dramatique que vit le peuple syrien face à son dirigeant Bachar El Assad depuis plus de quatre ans. Daesh n’est pas né de rien. Daesh est né sur le terreau des lâchetés et des compromis de la France, des Etats-Unis et de l’Union européenne à l’égard de la situation au Proche Orient depuis 2001. On ne sait même pas qui est exactement Daesh. On sait que Daesh a une direction composée d’anciens militaires de Saddam Hussein, ce ne sont donc pas des islamistes. Ce sont des mercenaires et comme tous mercenaires ils sont payés par quelqu’un pour quelque chose de précis. Sur le terrain seule une réponse, y compris sans doute militaire, issue de l’ensemble de communauté internationale pourra éradiquer Daesh. Caroline Mecary [post_title] => Caroline Mecary: «Face à la barbarie, il n’y a qu’une réponse à mes yeux : plutôt la vie» [post_excerpt] => Caroline Mecary, avocate et conseillère de Paris, nous livre son témoignage personnel suite aux attentats meurtriers de vendredi. [post_status] => publish [comment_status] => open [ping_status] => closed [post_password] => [post_name] => caroline-mecary-face-a-la-barbarie-il-ny-a-quune-reponse-a-mes-yeux-plutot-la-vie [to_ping] => [pinged] => [post_modified] => 2015-11-16 18:22:42 [post_modified_gmt] => 2015-11-16 17:22:42 [post_content_filtered] => [post_parent] => 0 [guid] => http://yagg.com/?p=97601 [menu_order] => 0 [post_type] => post [post_mime_type] => [comment_count] => 2 [filter] => raw [post_category] => 0 [robotsmeta] => ) [10] => WP_Post Object ( [ID] => 97596 [post_author] => 2 [post_date] => 2015-11-16 10:29:59 [post_date_gmt] => 2015-11-16 09:29:59 [post_content] => Lorsque j’ai appris l’impensable, j’ai d’abord ressenti l’horreur et l’inquiétude. Comme pour tous les Parisiens et tous les Français, ce 13 novembre est un traumatisme. L’émotion qui s’en est ensuivie est intense, à la hauteur de la gravité des événements. Puis, juste après, chacun s'est aperçu qu'il connaissait quelqu'un qui était là-bas, à Saint-Denis, au Bataclan, dans un café du 10e ou du 11e arrondissement. Paris est un village sombre depuis ce vendredi d'automne. Face à l’horreur, beaucoup se sont montrés solidaires dans la douleur et dans la peine. Par exemple en offrant l’hospitalité à ceux qui étaient bloqués sur place. En allant donner son sang dans toute l’Île-de-France pour secourir ceux qui en auraient besoin. En aidant les services de secours, les personnels de santé, les agents de la Ville de Paris mobilisés. Le monde entier s’est saisi de nos valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité comme un hommage à ces dizaines de vies ôtées. Aujourd’hui, les Parisiens veulent être protégés. Le renforcement des moyens de police et de justice est nécessaire. L’État doit trouver durablement les moyens adaptés pour garantir la sécurité de toutes et de tous. Au lieu de céder à la panique, il nous revient d’œuvrer à l’apaisement. L’exact inverse de ce qu’ont fait ceux qui se sont exprimés avec violence dès le soir des attentats. Collard, Aliot, Bay, Saint-Just du Front National, Luca des soi-disant Républicains : il leur a été impossible de respecter le choc immense d’une nation. L’instrumentalisation n’aura pas même attendu le décompte des morts… Viendra ensuite le temps de la réflexion. Ce que les terroristes ont voulu atteindre, c’est notre façon de vivre. C’est la vie parisienne, ses concerts, ses cafés et sa bonne humeur. C’est le lien invisible qui existe entre les groupes qui déambulent le vendredi soir sur les trottoirs de la capitale. C’est une certaine liberté qui irrigue toute la ville, de ses quartiers populaires à son cœur bouillonnant. Depuis le 11 janvier, nous le savons, Paris est une ville résiliente. Plus que jamais, nous allons faire croître la solidarité, la paix, la liberté, pour que notre cité reste ce qu’elle est, cette ville-creuset où tant de personnes différentes vivent ensemble. Pour faire de cette épreuve terrible l’occasion d’un rebond, pour qu’elle nous rende plus forts et plus unis. Ian Brossat Photo Ian Brossat Xavier Héraud [post_title] => Ian Brossat: «Plus que jamais, nous allons faire croître la solidarité, la paix, la liberté» [post_excerpt] => L'adjoint à la maire de Paris, en charge du logement, a voulu réagir aux attentats meurtriers du vendredi 13 novembre. [post_status] => publish [comment_status] => open [ping_status] => closed [post_password] => [post_name] => ian-brossat-plus-que-jamais-nous-allons-faire-croitre-la-solidarite-la-paix-la-liberte [to_ping] => [pinged] => [post_modified] => 2015-11-16 18:21:54 [post_modified_gmt] => 2015-11-16 17:21:54 [post_content_filtered] => [post_parent] => 0 [guid] => http://yagg.com/?p=97596 [menu_order] => 0 [post_type] => post [post_mime_type] => [comment_count] => 1 [filter] => raw [post_category] => 0 [robotsmeta] => ) [11] => WP_Post Object ( [ID] => 97539 [post_author] => 2 [post_date] => 2015-11-13 13:00:50 [post_date_gmt] => 2015-11-13 12:00:50 [post_content] => Emilie DuretLes Funambules, collectif d'artistes fondé en réponse à la violence des manifestations et des propos anti mariage pour tous subis lors du vote de la loi Taubira, a sorti le vendredi 6 novembre un double album de chansons d'amour pour tous, dont la totalité des bénéfices sera reversée à des associations de lutte contre l'homophobie – l'agression d'un jeune couple le week-end dernier à Montpellier confirmant tristement l'actualité du sujet. Le chef de bande, Stéphane Corbin, qui indique avoir souhaité chanter «l'homosexualité ordinaire, et faire entendre nos voix autrement: parler d'amour, raconter en chansons la diversité de nos histoires, loin des clichés et des raccourcis», a débuté la présentation du projet aux médias en ce début de mois. Et se heurte depuis lors à un refus systématique de diffuser le premier clip issu de l'album. Pourquoi? À la quasi unanimité, les programmateurs évoquent la crainte de sanctions du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel (CSA) et pointent du doigt le titre de la chanson Fille à pédés, ainsi que la présence d'un plan d'une durée de 3 secondes où l'on peut voir deux hommes en sous-vêtements allongés l'un sur l'autre (pour se faire une idée plus précise, voir le clip ici et la séquence litigieuse à 0'40). On rappellera à toutes fins que la loi dite Léotard du 30 septembre 1986 confie notamment au CSA la mission d'assurer la protection des mineurs et le respect de la dignité de la personne humaine: c'est ainsi que le CSA constitue le pouvoir de régulation des services de communication audiovisuelle. À titre d'exemple, la chaîne D8 a été rappelée à l'ordre concernant l'émission Adam recherche Eve, programme de rencontre où les participant.e.s étaient complètement nu.e.s, mais partiellement flouté.e.s et dont les bande-annonces étaient diffusées en pleine journée: le Conseil a en effet estimé que certaines séquences «contenaient des propos sur le physique des participants pouvant avoir une connotation sexuelle ou présentant des rapprochements physiques entre des candidats». Alors, le mot «pédé» choquerait-il? Il apparaît ainsi que la crainte d'un mauvais procès de ceux qui n'auraient écouté ni cette chanson ni les autres n'est pas la seule origine d'un tel refus: en effet, l'utilisation de ce terme gêne, même lorsqu'il est chanté par ceux qui luttent contre l'homophobie.
Quand l'homosexuel s'empare de l'insulte homophobe, il la transforme en arme contre l'étroitesse d'esprit et l'injure devient une revendication: il faut donc savoir prendre le terme pour ce qu'il est, et non pour ce que l'on craint qu'il soit.
Hélas, en 2015, une chanson qui se joue avec ironie et délectation des préjugés et de la bêtise en rendant hommage aux «filles à pédés» qui ne connaissent «pas un garçon, qui aime comment je m'habille, qui pleure devant une émission, qui comprend toujours les filles, et qui soit hétéro», ne passe pas. En revanche, TF1 s'inquiète moins des éventuelles retombées lorsque la chaîne choisit de diffuser un samedi soir en prime time une parodie de clip où Florent Peyre chante en ces termes: «Travelo, une femme avec un cadeau, il y a deux cerises sur le gâteau, il y a une surprise sous le capot (...) Je suis une femme qui le vaut bien, j'ai la gaule du matin» (à tort, puisque fois le CSA a en l'espèce été saisi par l'association SOS homophobie): deux poids, deux mesures. Ne passe pas non plus la vision de deux hommes en sous-vêtements allongés l'un sur l'autre. Pourtant, aucune vision de fesses ni de sexe, aucune nudité totale, et surtout, une scène qui fait partie intégrante d'un plan séquence de 4'08 de rires et de second degré. D'où vient alors cette soudaine pudibonderie? Les publicités mettent en scène le corps féminin pour vanter les mérites de produits aussi divers que variés, les reportages et magazines utilisent la nudité afin de garder le téléspectateur devant son écran, et les chaînes de télévision abreuvent ceux qui les regardent de clips où la femme nue est légion, où l'acte sexuel est au mieux suggéré, au pire mimé, ce dont tout le monde s'accommode volontiers: Nikki Minaj est bien libre d'user de son corps et de ses charmes, et Robin Thicke ceux de ses danseuses. Tant qu'il s'agit de femmes nues et d'hommes hétérosexuels.
Cachez donc cet homosexuel que l'on ne saurait voir: certes, on l'accepte et le tolère, on l'apprécie même, tant qu'il ne sort pas du rôle qu'on veut bien lui attribuer – on aime le présentateur de télévision qui nous fait rire, on aime le créateur de haute couture, on aime le chanteur de comédie musicale, mais on ne veut pas imaginer l'homosexuel anonyme, celui qui vous ressemble, le monsieur tout le monde, qui est votre médecin, votre conseiller bancaire, votre boucher, celui qui est en couple, qui a un amoureux et qui l'embrasse… celui qui pourrait être vous.
Les Funambules ont l'espoir un peu naïf de montrer à qui veut bien les entendre et les voir ces histoires d'amours homosexuelles, loin des clichés mais pas à l'abri des clivages, leur diversité, leur banalité et leur universalité. Et au vu de la frilosité des médias et des réactions régressives encore trop nombreuses, ils ne s'attellent clairement pas à un projet de «pédés». Emilie Duret, avocate au Barreau de Paris Ce billet a d'abord été publié sur le Huffington Post. Nous le reproduisons ici avec l'accord de son auteure. [post_title] => «Quand les médias rangent les “pédés” au placard», par Emilie Duret [post_excerpt] => Avocate au Barreau de Paris, Emilie Duret s'étonne que les médias soient si réticents à diffuser le clip «Fille à pédés» du collectif Les Funambules. [post_status] => publish [comment_status] => open [ping_status] => closed [post_password] => [post_name] => quand-les-medias-rangent-les-pedes-au-placard-par-emilie-duret [to_ping] => [pinged] => [post_modified] => 2015-11-13 13:00:50 [post_modified_gmt] => 2015-11-13 12:00:50 [post_content_filtered] => [post_parent] => 0 [guid] => http://yagg.com/?p=97539 [menu_order] => 0 [post_type] => post [post_mime_type] => [comment_count] => 3 [filter] => raw [post_category] => 0 [robotsmeta] => ) ) [post] => WP_Post Object ( [ID] => 99853 [post_author] => 2 [post_date] => 2016-01-28 10:38:29 [post_date_gmt] => 2016-01-28 09:38:29 [post_content] => La consommation de produits psychoactifs chez les gays en contexte sexuel est connue et a fait l’objet d’études*. Depuis quelques années, les modes de consommation comprennent également l'injection, et l'apparition de nouveaux produits de synthèse, comme ceux de la famille des cathinones, en ont étendu l'usage. Sans qu’il soit aisé de mesurer l’étendue de la pratique, elle est aujourd’hui suffisamment connue pour appeler des réponses adaptées. Malheureusement, comme souvent dès qu'il est question d'usage de drogues, ce sont les discours alarmistes ou sensationnalistes qui ont retenu l’attention plus que les tentatives de réponse adaptée. Il ne s’agit pas de nier les risques d’infection à VIH ou aux hépatites, ceux de dépendances, les situations de désocialisation qu’elles provoquent et les dommages importants pour la santé qui en découlent. INFORMER ET ACCOMPAGNER Pour autant, ce qui importe est d’abord d’offrir une réponse pragmatique tirée de l’expérience de trente ans de réduction des risques (RDR) chez les usagers de drogues. Il s’agit d’informer et d’accompagner chaque consommateur dans sa pratique, de comprendre là où il en est pour lui permettre de la maitriser, de réduire les risques de transmission des infections à VIH ou aux virus des hépatites, d’adapter sa consommation, et d’en parler. La RDR ne fonctionne pas quand elle repose sur des discours alarmistes, ni quand les pratiques de consommation sont niées. Il est nécessaire d’échanger avec les soignants sur les pratiques des gays afin qu’ils puissent ajuster leur prise en charge dans les structures d’accueil des usagers, médicales ou médico sociales.
Les gays doivent se saisir des enjeux de santé et de lutte contre les épidémies d’infection à VIH et des hépatites pour que l’information sur la RDR se diffuse au sein de nos communautés.
Les établissements commerciaux doivent permettre la diffusion d’information dans leurs locaux, comme l’information relative aux risques sexuels. Le déni de la consommation de produits dans les établissements ne les protège pas des risques que prennent leurs clients. En ce qui concerne les sites internet et applications de rencontre sur smartphone, très utilisés, il est urgent d'y faciliter la présence des acteurs de prévention portant des messages adaptés au bénéfice de tous. Aurélien Beaucamp, président de AIDES  
  • *Etude SLAM par AIDES
  • Pratique du «Slam» chez les HSH séropositifs pour le VIH, 2014: T. L’Yavanc, R. Missonier, M. Hamidi, N. Velasquez, G. Pialoux (2014), Pratique du « Slam » chez les HSH séropositifs pour le VIH Médecine et Maladies Infectieuses, Volume 44, Issue 6, Pages 91-92
  • High-Risk Drug Practices Tighten Grip on London Gay Scene, The Lancet, 2013 : Kirby, Tony, and Michelle Thornber-Dunwell ( 2013) High-Risk Drug Practices Tighten Grip on London Gay Scene. Lancet (London, England) 381(9861): 101–102
[post_title] => «Chemsex: être pragmatique sans jouer les Cassandre», par Aurélien Beaucamp, président de Aides [post_excerpt] => Face à l'usage de produits psychoactifs en contexte sexuel, Aurélien Beaucamp, le président de AIDES, explique la nécessité d'informer et d'accompagner les usagers mais aussi de mobiliser les établissements et les sites de rencontre. [post_status] => publish [comment_status] => open [ping_status] => closed [post_password] => [post_name] => chemsex-etre-pragmatique-sans-jouer-les-cassandre-par-aurelien-beaucamp-president-de-aides [to_ping] => [pinged] => [post_modified] => 2016-01-30 08:43:50 [post_modified_gmt] => 2016-01-30 07:43:50 [post_content_filtered] => [post_parent] => 0 [guid] => http://yagg.com/?p=99853 [menu_order] => 0 [post_type] => post [post_mime_type] => [comment_count] => 0 [filter] => raw [post_category] => 0 [robotsmeta] => ) [queried_object] => WP_Term Object ( [term_id] => 11742261 [name] => Opinions & Débats [slug] => opinions-debats-2 [term_group] => 0 [term_taxonomy_id] => 11366 [taxonomy] => category [description] => [parent] => 0 [count] => 333 [filter] => raw [cat_ID] => 11742261 [category_count] => 333 [category_description] => [cat_name] => Opinions & Débats [category_nicename] => opinions-debats-2 [category_parent] => 0 ) [queried_object_id] => 11742261 )
Les plus récents
Dans la tête  |  8 H 16  |  
Tour du web  |  12 H 25  |  
Photo  |  9 H 08  |  
Culture ,Jeu vidéo ,conso ,Actu  |  4 H 41  |  
Tour du web  |  3 H 24  |  
Perso ,Associatif  |  3 H 05  |