Lorsque l’on parle des LGBT, il y a toute une série de confusions qui pénalisent la compréhension de certains sujets, enjeux et qui même, sèment le trouble dans l’esprit de nombreuses personnes. Yagg vous propose de faire un point vocabulaire pour mieux lutter contre les discriminations.

LGBT… et plus !

Déjà, si l’on décortique : les LGBT pour lesbiennes, gays, bi désignent les gens par leurs orientation sexuelle alors que lorsqu’on parle des T comme Trans, on souligne que son identité de genre ne correspond pas à son sexe assigné à la naissance. Avec le Q de queer et le I de Intersexe, on agrège dans un acronyme expansé, toute une variété d’identités et d’expériences de vies qui ont leurs particularités. Il s’agit de nommer pour faire surgir des réalités diverses et leurs problématiques spécifiques, de faire émerger des notions dans des spectres pour que chacun.e puisse se trouver et être reconnu comme tel·les.

On parle de plus en plus d’agenre, de fluidité du genre, d’orientation romantique ou de pansexualité, autant de « nouveaux mots » sur des expériences et ressentis, pour que tout le monde puisse « se » définir mieux, même quand il s’agit de ne pas se définir…

Le « Gingerbread » ou la « licorne du genre » sont des outils intéressants pour visualiser cet arc-en-ciel des possibilités, ces « spectres » qui cherchent à inclure et à visibiliser des réalités pour faire apparaître et comprendre la diversité qui se cache derrière les signes LGBTQI+…

Schéma inspiré de la licorne de genre et du « gender bread person », adapté par l’association Trans-Inter-Action https://trans-inter-action.fr/documents/pour-toustes/

Identité de genre 

Le genre est un spectre, il n’y a pas qu’homme et femme qui existent comme identité de genre. Et l’identité binaire qu’on nous assigne à la naissance n’est pas toujours celle que l’on ressent en grandissant. Les personnes qui sont se sentent en accord durant leurs vies avec leur genre assigné sont CISGENRES. Les personnes qui ressentent une différence (ou disphorie de genre) sont Transgenres.

C’est « de quel genre » on se sent intrinsèquement  profondément garçon ou homme ; fille ou femme ; ou également un genre intermédiaire de ce spectre, ou alternatif (ex, genderqueer, non-conforme dans le genre, neutre dans le genre, etc.). Comme l’identité de genre est intérieure, elle n’est pas nécessairement visible pour les autres. La société n’accepte pas toujours facilement que l’on se définisse selon cette auto-détermination du ressenti. Elle cherche à faire primer le biologique et l’assignation de départ.

Certaines personnes varient d’un genre à l’autre selon les moments ou époques de vies, mixent les deux genres masculin/féminin pour être de genderqueer, ou se définissent en dehors du genre, sont agenre, c’est-à-dire qu’ils ou elles refusent d’être classé en tant qu’homme ou femme ou de toute autre manière dans une perspective de genre…

Dans certains pays ou tribus, on note l’existence, parfois reconnue dans la loi, d’un « troisième genre ». C’est le cas en Australie (mention genre X sur les papiers), au Népal (mention troisième-genre ou autre), en Nouvelle-Zélande (mention genre X), en Inde (mention genre autre pour les Hijras), et dans certains états des Etats-Unis (mention non-binaire), ou encore la province d’Ontario au Canada (mention X). Mais la notion de « troisième genre » est également critiquable car elle a surtout été utilisée lors de la colonisation pour décrire les personnes racisées qui n’entraient pas dans la conception occidentale binaire du genre.

Expression de genre

On entend par « genre » les caractéristiques des femmes et des hommes résultant d’une construction sociale : les normes, les rôles et les relations entre les sexes notamment. Vous pouvez vous sentir homme et avoir une apparence, une expression de genre effeminé, masculine ou androgyne. Vous pouvez vous sentir femme et avoir une expression de genre « butch », « fem » ou « gender fluid »…

Pour certaines personnes qui se sentent transgenres, il est socialement ou personnellement difficile de vivre leur expression de genre conforme à leur identité de genre.

Il ne faut cependant pas confondre l’expression de genre quotidienne avec le genre que rêvetent les personnes travesties, dans la vie quotidienne mais pas forcément tous les jours, ni avec les drag queens ou drag kings, qui jouent avec le genre pour la scène, la nuit, ou l’art en général.

Sexe biologique

Mâle et femelle, et puis c’est tout ? Comme pour l’identité de genre et l’expression de genre, il existe des spectres plutôt que des catégories binaires. Enfin, scientifiquement, car socialement on nous ramène toujours à une case ou l’autre.

Selon le « Collectif intersexes allié·es » : « L’intersexuation est définie socialement et pathologisée pour préserver le mythe patriarcal de la binarité des sexes ». 1,5 à 2% des personnes sont nées avec des caractéristiques sexuelles qui ne correspondent pas aux définitions typiques du masculin et du féminin. Ces personnes « intersexes » luttent notamment pour qu’on reconnaisse les mutilations ou traitements dont ils et elles ont été victimes à la naissance ou plus tard dans leur vie, pour correspondre aux normes.

Déjà en 1990, la biologiste américaine Anne Fausto-Sterling apportait l’idée qu’il existe au moins 5 sexes, mais ne se référait qu’à une définition essentiellement basée sur la présence des gonades de chacun (ovaires/testivules). Mais le sexe biologique est plus large : le sexe génétique (lié aux chromosomes X et Y), le sexe anatomique (lié à l’aspect des organes génitaux) et le sexe hormonal (lié aux hormones prédominantes) rentrent en compte et viennent exploser la potentialité du nombre de sexes biologiques, certes minoritaires, mais dont rien ne justifie l’oinvisivibilité, ou la maltraitance….

Orientation sexuelle

A priori, tout le monde est supposé hétérosexuel·le, car c’est l’orientation majoritaire, même si la bisexualité et l’homosexualité sont largement connues et pratiquées depuis toujours. Ce sont des médecins (comme Kraft Ebing, 1886) qui ont mis un terme ces pratiques. En 1948, le chercheur américain Alfred Kinsey définit 6 orientations sexuelles : d’exclusivement hétéro à exclusivement homo – un spectre qui sera un peu plus élargi par le Dr Fritz Klein en 1978).

 

La « bisexualité » n’est pas une chimère !

C’est alors tout un arc-en-ciel de bisexualité et de fluidité dans les orientations qui apparaissent….

Depuis Kinsey et Klein, chacun· s’est définie, en précisant ce qui l’attire particulièrement, ou non :

  • Asexualité : absence d’orientation sexuelle car absence de désir sexuel (A lire sur l’écho des sorcières ici)
  • Pansexualité : orientation sexuelle envers toute personne, quelque soit son orientation, identité de genre, sexe biologique ou expression de genre…
  • Sapiosexuel : attirance sexuelle et émotionnelle avant tout pour l’intellect d’une personne.  On peut-être à la fois sapiosexuel et hétérosexuel, gay ou bisexuel, indépendamment du genre (masculin, féminin, non-binaire, androgyne) ou de l’identité de genre (trans, cis)…
  • Skoliosexuel : attirance sexuelle envers les individus non-binaires (qui ne se reconnaissent pas dans l’opposition entre les genres féminin et masculin) » ou ceux qui ne se définissent pas en tant que cisgenre.
  • Demisexuel : Personne qui ne ressent pas d’attirance sexuelle sauf si elle a déjà noué des liens affectifs profonds avec une personne.

 

 

Orientation romantique / Attirance sentimentale

Au-delà de nos désirs (orientations sexuelles), nous sommes aussi des êtres mus par des sentiments, des attirances senstimentales que l’on appelle parfois des  « orientations romantiques » : Demi-romantique (le même type d’attachement profond nécessaire que les demi-sexuels, mais pour tomber amoureux·se), aromantique (absence de sentiment amoureux), panromantique (attirance sentimentale  – mais pas sexuelle – par tout type de personnes, indépendamment de leur sexe ou de leur genre)…

Loin de chercher à donner des étiquettes à tou·tes, ces terminologies permettent d’ouvrir l’éventail des possibilités, un large rainbow dans lequel chacun-e peut se retrouver, ou s’inventer, et se faire respecter.

Cet article a été publié grâce au soutien de la Dilcrah