L’appli DaddyBear propose de connecter les «sugar daddies» (hommes d’âge mûr) et les «sugar babies» (ceux qui les aiment) entre eux.

«Vous ne serez pas déçus si vous êtes un homme riche et accompli professionnellement qui cherche un doux garçon qui satisfait vos besoins ou un mec jeune et séduisant qui cherche un mentor pour lui faire découvrir ce qu’il y a de mieux dans le monde», est-il écrit sur la page d’accueil de l’appli. C’est ce qui s’appelle une niche dans la niche.

Problème, le site décourage les séropositifs de s’inscrire. Une pratique visiblement totalement assumée puisque sur le site Queerty, quelqu’un qui se présente comme un responsable de l’appli explique que : «La plupart des hommes gays se soucient plus de la santé que du sexe lorsqu’ils cherchent une relation (…) Si vous vous inquiétez de rencontrer des hommes gays séropositifs, vous pouvez être soulagé, car nous faisons de notre mieux pour que tous les usagers que vous rencontrez soient en bonne santé et séronégatifs»

Sur le site Into, un homme présenté comme le PDG de DaddyBear enfonce le clou, relève Unicorn Booty:

«Personne ne veut avoir de relation avec une personne qui vit avec le VIH, sauf s’il vit déjà avec. La plupart des sugar daddies gay ne sont pas séropositifs, donc ils ne veulent pas ramener à la maison des « souvenirs » [sic] non-désirés. Cependant, nous soutenons le fait que des gays séropositifs ont le droit d’avoir une relation avec d’autres mecs séropositifs. Mais beaucoup de sugar daddies gay riches ne veulent pas sortir avec des hommes gays séropositifs, c’est pourquoi nous avons lancé cette appli pour répondre à leurs besoins.»

STUPIDITÉ
Il y a longtemps que l’on n’avait pas lu autant de stupidité et de cynisme concentrés en si peu de mots. Annoncée sur Android et IOS, l’appli n’est pour l’instant disponible que sur les iPhones.

La pratique décrite par ce responsable d’appli porte un nom: le sérotriage (Lire notre article).  Si cette pratique a pu être controversée au sein des acteurs communautaires, elle semble avoir perdu tout crédit à l’heure de la PrEP et du Traitement comme prévention (TASP), qui permet aux séropositifs traités de ne plus être contaminants.

S’il est possible d’indiquer son statut sérologique sur les applis de rencontre comme Grindr ou Hornet (et il est toujours possible de l’indiquer dans son profil sur les autres), aucune d’entre elles n’avait osé jusqu’ici décourager les séropositifs de s’inscrire.

«L’acte de déclarer son statut sérologique au VIH peut être valorisant pour les hommes séropositifs et notre fonctionnalité Connaissez votre statut permet aux usagers séropositifs de chercher d’autres séropositifs sur l’appli, si c’est leur choix, écrit ainsi le journaliste d’Hornet – qui propose également du contenu – Alexandre Kacala.  C’est une simple fonction de recherche, mais qui peut servir à lutter contre l’isolement que beaucoup de séropositifs »