Sans surprise, La République en Marche est arrivée en tête dans trois circonscriptions sur quatre lors du premier tour des élections législatives, marqué par une abstention très forte de 51,28%. Le parti du président devrait obtenir une majorité écrasante à l’Assemblée Nationale le 18 juin prochain.

On retiendra des résultats contrastés pour les candidats ouvertement gay.

Franck Riester (Les Républicains), l’un des deux députés ouvertement gay de la précédente législature, est arrivé en tête dans la 5ème circonscription de Seine et Marne.

Sergio Coronado, député  EELV sortant de la circonscription des Français de l’étranger en Amérique Latine est en ballotage défavorable pour le second tour.

Luc Carvounas, sénateur PS qui a fait son coming-out en 2015, arrive second avec 20,54% des voix dans la 9ème circonscription du Val de Marne. La candidate de la République en marche, arrive en tête avec 29,25% des voix. Tout n’est donc pas perdu pour l’ancien fidèle de Manuel Valls.

ERWANN BINET ELIMINÉ
Beaucoup des acteurs et actrices du mariage pour tous sont tombés, à l’image du député PS Erwann Binet, rapporteur de la loi sur le mariage pour tous et engagé sur la question du changement d’état civil pour les personnes trans, a été éliminé dans la huitième circonscription de l’Isère avec 14,45% des voix. Même sanction dans la 6ème circonscription des Pyrénées Atlantiques pour la députée PS Sylviane Alaux, qui avait fait son coming-out de mère d’homo à l’Assemblée nationale lors des débats sur le mariage pour tous.

Dans la 7ème circonscription de Paris, Patrick Bloche, l’un des deux rapporteurs de la loi sur le Pacs se retrouve avec 15,97% des voix en ballotage défavorable pour le second tour. Son adversaire LREM est arrivé en tête avec 42,98% des voix. Dans cette circonscription, Jean-Charles Lallemand, de la France Insoumise, co-auteur des propositions sur les questions LGBT du programme de Jean-Luc Mélenchon, arrive troisième et ne se qualifie pas pour le second tour.

Henri Guaino, ancienne plume du président Sarkozy et député LR très engagé contre le mariage pour tous, a été éliminé dès le premier tour à Paris. A noter que lors de la soirée électorale, il a estimé que les électrices et électeurs de sa circonscription étaient « à vomir ». Il n’avait pas été investi par les Républicains. Celle qui l’avait été, Nathalie Kosciusko-Morizet arrive seconde et se retrouve en ballotage défavorable pour le second tour.

CANDIDAT.E.S ANTI-HOMOS
Dans la première circonscription de Guadeloupe, Olivier Serva qui a qualifié en 2012 l’homosexualité d' »abomination » – il s’est excusé lors de la campagne – arrive en tête avec 43,7% des voix.

Dans les Yvelines, le très homophobe Jacques Myard (LR) et Jean-Frédéric Poisson, successeur de Christine Boutin à la tête du Parti-Chrétien Démocrate, sont tous les deux en ballotage défavorable, très loin derrière les candidats LREM. Sauf surprise, ils devraient quitter l’Assemblée dimanche prochain.

Philippe Gosselin (LR) est arrivé deuxième dans la première circonscription de la Manche, mais il conserve une chance au second tour. Le très réac et très désagréable Marc Le Fur (LR), vif opposant au mariage pour tous, est lui arrivé en tête de la 3ème circonscription des Côtes d’Armor avec 38,52% des voix. Il est talonné par le candidat LREM avec 37,26% des suffrages exprimés.

Dans l’Aube, Nicolas Dhuicq, pour qui « les enfants d’homos sont des terroristes en puissance », est arrivé deuxième et devra affronter un candidat FN et un candidat LREM dans un triangulaire au second tour.

DÉROUTE POUR SENS COMMUN
Dans la 1ère circo du Rhône, Anne Lorne, candidate issue de la Manif pour tous, est battue au premier tour. Même chose pour Sébastien Pilard, ancien président de Sens Commun, l’émanation de la Manif pour tous au sein des Républicains. Comme le note L’Obs, c’est d’ailleurs une véritable « déroute » pour les candidat.e.s soutenu.e.s par Sens commun. Une nouvelle qui a fait quelques heureux:

Second tour, le 17 juin pour les circonscriptions des Français de l’étranger et le 18 juin pour les autres.