Quatre ans après s’être saisi du sujet, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) devrait rendre son avis sur la PMA « avant fin juin », promet le Pr Jean-François Delfraissy, dans des propos rapportés par plusieurs médias. « Il y aura des positions claires », a-t-il ajouté et l’avis du Comité « ne fera sûrement pas l’unanimité » et « pourrait déclencher des anticorps de part et d’autre ». 

Après s’être engagé à ouvrir la PMA aux couples de femmes dans Têtu, François Hollande avait une fois au pouvoir conditionné sa mise en place à un avis du CCNE. Hasard, coïncidence ou rien de volonté politique… l’avis n’aura pas été rendu pendant son mandat. Le Professeur Jean-François Delfraissy spécialiste en immunologie et ancien président de l’Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites (ANRS), qui a remplacé Jean-Claude Ameisen à la tête du CCNE en novembre 2016 avait promis il y a quelques mois un avis avant la fin du printemps. Il semble déterminé à tenir parole.

QUE FERA EMMANUEL MACRON?
Cet avis influencera-t-il Emmanuel Macron? Pendant la campagne présidentielle, le candidat s’était engagé à ouvrir la PMA aux couples de femmes, mais après avis du CCNE. Lundi, la suppléante de son porte-parole pendant la campagne, Benjamin Griveaux, a affirmé qu’Emmanuel Macron ouvrirait la PMA même si le CCNE rendait un avis défavorable (Lire Législatives: le point sur la campagne côté LGBT).

Reste à voir avec quelle majorité le président devra composer après les législatives. Si son parti obtient la majorité des sièges, il aura les mains libres – sous réserve d’une « fronde » de ses députés venant de la droite. S’il devait avoir besoin d’autres partis pour obtenir la majorité à l’Assemblée, il n’est pas certain que faire passer un texte de loi sur la PMA serait aussi aisé.

Le chemin risque donc d’être encore long.