Après avoir été co-présidente du Centre LGBT Paris Ile de France aux côtés de Jean-Charles Collin, Flora Bolter est devenue fin avril la seule présidente de l’association. Binationale – anglaise par sa mère, Flora a grandi à Bordeaux. Diplômée de Sciences Po, elle est aujourd’hui chargée d’étude sur les questions de protection de l’enfance. « Toujours autour de l’évaluation des politiques publiques », glisse-t-elle. Nous lui avons posé trois questions pour en savoir plus sur elle et ses projets sur le Centre LGBT de Paris, situé rue Beaubourg, dans le IIIème arrondissement de Paris et qui accueille de nombreuses associations LGBT franciliennes.

Quand es-tu devenue militante? J’ai l’impression de l’avoir toujours été. La première association à laquelle j’ai adhéré, c’est Sapholle, un jeu de mot avec Sapho et Folle, super drôle non? C’était à Bordeaux, j’avais à 18 ans, c’était en 1995-1996. Je suis arrivée à Paris en 1997. Là je me suis dirigée plus vers une association étudiante. Je suis allée voir l’association Degel, à Jussieu, et  j’y suis restée un certain temps. A l’époque, je me suis également rapprochée de Prochoix, qui écrivait sur l’extrême-droite et les mouvements anti-choix. Je les ai un peu perdues de vue à partir de 2004-2005. A la fin des années 90, j’ai aussi créé une association avec deux autres personnes. Elle s’appelait Quetches et elle faisait des études queer. J’ai commencé à travailler en 2005 et j’ai eu quelques activités politiques. Cela m’a un peu éloignée de l’univers associatif stricto sensu. J’ai été élue PS en 2009 aux municipales, dans le IIIème arrondissement, j’étais déléguée aux droits humains et à la lutte contre les discriminations. Je travaillais donc toujours sur les questions LGBT et je n’ai jamais perdu de vue ce qui se passait au Centre. Lorsque je me suis retirée des affaires politiques et je me suis investie au Centre, d’abord au CA puis à la présidence.

Tu as été réélue seule, quelles sont tes projets pour le Centre? Le premier axe, c’est rééquilibrer les quatre lettres de LGBT, faire en sorte qu’il y ait des actions pour tou.te.s et que toutes et tous se retrouvent représentées et puissent prendre une part active. Il y a aussi beaucoup une dimension d’empowerment, avec cette notion que les gens puissent prendre part à de plus en plus d’activités au Centre et qu’ils ou elles finissent par devenir volontaire et proposer des choses. Nous voulons travailler aussi sur les discriminations croisées, donc sensibiliser sur les questions d’intersectionnalité et enfin travailler sur l’accessibilité. C’est dans la continuité de ce que nous avons fait avec Jean-Charles, avec aussi ce besoin de restructuration pour faire face aux changements de l’engagement associatif. On sent bien que le modèle du Centre, qui a beaucoup évolué doit continuer à le faire. On se rend compte que les volontaires ne veulent pas s’engager des années et des années comme c’était le cas auparavant, ils sont plus sur des projets spécifiques et sur un temps plus court. Il nous faut évoluer pour être plus dynamiques et plus réactifs.

Et aller en dehors de Paris? Nous sommes un lieu de visibilité et nous sommes aussi un lieu de sécurité. Nous sommes un lieu où toutes les personnes doivent se sentir bienvenues et c’est aussi pour ça qu’on travaille dans l’écoute et le non-jugement. Il ne faut pas perdre cet aspect-là. Mais il faut aussi aller affirmer une visibilité vers l’extérieur, notamment dans le reste de l’Ile de France et pas seulement à Paris dans les quartiers où on nous attend. Il faut notamment sensibiliser les acteurs de santé publique, de lutte contre les discriminations à l’accueil des personnes LGBT.