Un Pink bloc défilait au sein de la traditionnelle manifestation du 1er mai aujourd’hui à Paris. Comme en 2002, cette manif avait également pour but de dénoncer la qualification au second tour de l’élection présidentielle d’un.e candidat.e d’extrême droite. Un collectif de militant.e.s LGBT appelait donc à battre le pavé en ce premier jour de mai. Coincé derrière Lutte ouvrière, qui entre deux Internationale renvoyait dos à dos Emmanuel Macron et Marine Le Pen, les deux candidats deuxième tour de l’élection présidentielle qui se tiendra le 7 mai, le Pink bloc a concentré ses attaques et ses slogans sur la candidate du Front National. Yagg y était et a interrogé quelques manifestants.

Cy Lecerf Maulpoix, Pink bloc

Cy Lecerf Maulpoix, à l’initiative avec quatre autres personne du premier Pink Bloc: « Je trouvais les résultats du premier tour insupportables. Je me suis dit qu’il fallait qu’on descende dans la rue pour crier notre désapprobation et notre rejet du FN et se positionner pour dire qu’on continuera à se battre même une fois que Macron sera élu. Ce n’est pas un appel à l’abstentionnisme. Chacun se débrouille avec ses opinions, mais il y avait besoin de se rassembler, notamment vis à vis du futur, quels que soient les résultats de l’élection. Il faut qu’on continue à marcher ensemble, à se rencontrer. »

Stéphane Gérard, réalisateur («Rien n’oblige à répéter l’Histoire»)

« Le premier mai, c’est un jour important des luttes sociales, auquel je participe toujours. On est dans une période politique gravissime. C’est essentiel de se retrouver avec des gens, de parler avec les militants pour faire le point sur les luttes et de voir les gens « en vrai » et pas derrière Facebook. Je suis là aussi pour lire les tracts des autres organisations et pour défendre les idées et les valeurs de gauche qui sont quand même bien représentées ici, même si je ne retrouve pas dans l’intégralité du spectre des organisations présentes. Je suis content d’être dans le Pink bloc, derrière une banderole qui pose la question du sida, qui comme d’habitude est complètement ignorée de la campagne présidentielle, alors que pour moi ça reste un bon révélateur des problématiques politiques d’aujourd’hui, des questions d’économie et des questions de migration. Si on replaçait cette question au centre du débat, ça aiderait plein de gens à prendre des décisions sur leur vote pour dimanche prochain. »

Mickaël Zenouda, Act Up-Paris

«Nous sommes là pour dire non à Le Pen. Pour rappeler aux candidat.e.s que le sida, ce n’est pas fini. Nous attendons toujours leurs propositions sur leur politique de lutte contre le sida, sur la santé, sur la lutte contre les discriminations. Mais aussi dans le contexte général des manifestations sur le travail du 1er mai, les séropos et les malades du sida rencontrent des problèmes d’accès à l’emploi. Donc nous sommes là aussi pour ça.»

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Photos: Xavier Héraud