Dans un texte co-écrit avec le philosophe et sociologue Geoffroy de Lagasnerie, l’écrivain Edouard Louis (En finir avec Eddy Bellegueule, Histoire de la violence) appelle à voter Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle.

D’emblée, les deux hommes affirment comprendre les réticences vis à vis de l’homme politique ou de certaines parties de son programme. Ils estiment néanmoins qu’on ne vote pas pour un seul homme, mais une équipe et un collectif. Et puis, ajoutent-ils: «C’est l’une des rares occasions historiques pour que gagne un véritable candidat de gauche – et ce serait tellement dommage de passer à côté. C’est justement à condition qu’une telle dynamique s’installe que nous pourrons reposer d’un point de vue de gauche toutes les questions si importantes sur lesquelles nous pouvons avoir des désaccords.»

Pour eux, le vote Hamon un « vote perdu ». Plus du fait des sondages qui le placent loin derrière le quatuor Mélenchon, Le Pen, Fillon, Macron, que de son programme. «Evidemment, on peut préférer le programme d’Hamon qui est sur certains points plus novateur. Mais voter pour Mélenchon aux présidentielles n’est pas incompatible avec le fait de voter pour d’autres candidats aux législatives.», avancent Edouard Louis et Geoffroy de Lagasnerie.

Les deux hommes s’attachent ensuite à démonter les arguments en faveur de l’abstention, puis du vote utile en faveur de Macron. Sur ce deuxième point, voici leur point de vue:

«On sait que n’importe quel candidat gagnerait au second tour contre Marine Le Pen. L’idée selon laquelle voter Macron serait un vote utile pour faire barrage à l’extrême-droite n’a donc aucun sens. Puisque nous savons que Le Pen a perdu, il faut poser la question autrement : Comment faire barrage à Fillon et Macron et à leur programme autoritaire et destructeur.»

Et surtout, estiment les deux auteurs:«Si Mélenchon gagne, l’atmosphère change. L’espace public change. L’humeur change. C’est exactement ce dont nous avons besoin aujourd’hui, contre l’humeur réactionnaire et nauséabonde qui règne en France, en Europe et à l’échelle internationale.»

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