C’est à lui qu’on doit le rainbow flag, le drapeau devenu symbole de la lutte pour les droits LGBT dans le monde entier. Gilbert Baker s’est éteint hier, a annoncé l’un de ses plus proches amis, le militant Cleve Jones. Il avait 65 ans.

« Mon ami le plus cher est parti. Gilbert Baker a donné au monde le Rainbow Flag ; il m’a donné quarante ans d’amour et d’amitié », écrit le militant californien. Dans son autobiographie When we rise (adaptée à l’écran par Gus Van Sant et Dustin Lance Black), Cleve Jones raconte comment en 1978 ce jeune homme flamboyant a eu l’idée de créer un drapeau avec 8 couleurs, chacune avec un sens spécifique (rose pour la sexualité, rouge pour la vie, orange pour la guérison, jaune pour la lumière, vert pour la nature, turquoise pour la magie/l’art, Indigo pour la sérénité et l’harmonie, violet pour l’esprit), pour la Gay Freedom Day Parade. Depuis le drapeau a perdu deux de ses couleurs, pour des raisons de fabrications, et il est devenu le symbole mondial de la lutte pour les droits LGBT.

Voici comme Gilbert Baker a vécu le moment où il a révélé le drapeau à la foule:

« Dresser ce drapeau et le voir flotter ainsi dans le vent à la vue de tous. J’ai été stupéfait de voir que les gens l’ont immédiatement compris, en un instant, comme un éclair: c’était leur drapeau. Ils nous appartenait à nous tous. Cela a été le moment le plus excitant de ma vie, parce que j’ai tout de suite su que ce serait ce que j’ai fait de plus important dans ma vie  – et que toute ma vie tournerait autour du rainbow flag » (rapporté par Cleve Jones, dans When we rise)

En 2003, pour le 25ème anniversaire du drapeau, les organisateurs de la Pride de Key West en Floride lui ont demandé de confectionner un rainbow flag de 2km qui relierait les deux côtes de l’Île. Il l’a fait et le drapeau géant a été déployé.

Né en 1951 au Kansas, il est passé par l’armée, qui l’a libéré en 1972, à San Francisco. Après avoir créé le drapeau, pour lequel il n’a déposé aucune propriété intellectuelle, il a fait sa carrière dans l’art et le design et a déménagé à New York, où il est mort, nous apprend la nécrologie du New York Times.

A San Francisco, Cleve Jones a appelé à un rassemblement pour célébrer sa mémoire. Nul doute que les hommages vont pleuvoir du monde entier.

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