Revue de web | 23.10.2016 - 12 h 20 | 4 COMMENTAIRES
  • bruno perreau
  • théorie du genre

Genre: ne renonçons pas à la théorie! [Libération]

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Le chercheur Bruno Perreau explique pourquoi il est important de ne pas laisser la «théorie du genre» aux réactionnaires.

- Photo : Dailymotion

«Début octobre, Nicolas Sarkozy dénonçait les méfaits de la théorie du genre, quelques jours après que le pape François l’avait qualifiée de «colonisation idéologique». Universitaires et journalistes durent rappeler que cette théorie n’existait pas. Mais, est-ce vraiment la meilleure stratégie?» s'interroge Bruno Perreau, professeur au MIT et qui vient de publier Queer Theory: The French Response (Stanford University Press).

Dans une tribune publiée sur le site de Libération, il explique pourquoi il est nécessaire aujourd'hui de s'emparer des questions liées aux «études sur le genre» et aux «études de genre» et de ne pas laisser les mouvements anti-égalité s'approprier et détourner ces champs de réflexion: «En réfutant l’idée de théorie du genre, n’accomplit-on pas exactement ce que les mouvements réactionnaires escomptent? L’abandon du geste théorique qui avait permis dans le sillage de Gloria Anzaldúa, de Nicole-Claude Mathieu, de Guy Hocquenghem, d’Eve Sedgwick et de bien d’autres, de déplacer les normes de genre: repenser la représentation, transformer le rapport entre corps et technologies ou bien encore imaginer de nouvelles formes d’hospitalité et d’apprentissage. C’est en investissant ces questions qu’il est possible de résister aux réactionnaires de tous ordres. Ne renonçons pas trop vite à la théorie du genre!»

Une tribune à lire dans Libération.

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Journaliste de Yagg.
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LES réactions (4)
  • Par emma 23 Oct 2016 - 13 H 22
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    Bien qu’il n’ait pas tort de soulèver les abus des gens en position de pouvoir médiatique (Le Pape, Sarkozy…) et les craintes de l’église et l’Etat au sujet du genre, le fait de classifier le genre comme « théorie » c’est un peu comme classifier l’évolution comme « théorie » (ou, d’ailleurs, classifier des gens comme « théorie »), donc je trouve voué à la confrontation et des problèmes de compréhension. Le genre, c’est ce que l’on en fait…
    D’ailleurs, par rapport à, ses commentaires sur le communautarisme, je veux bien voir comment quelconque « lobby communautariste » puisse agir dans l’intérêt des droits de tous.

    C’est surtout un article pour faire promotion de son bouquin.

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    • Par zaripov 24 Oct 2016 - 13 H 37
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      @emma
      Moi je crois au contraire que partir des bus des gens en position de pouvoir médiatique pour valider ses propres théories n’est pas très scientifique comme méthode. Ce n’est pas tellement l’Eglise qui a peur du « genre » mais c’est un concept complexe qui permet de raconter n’importe quoi aux populistes anti-droit LGBT. Ensuite si l’Eglise avait réellement peur de la concurrence des autres religions elle ne serait pas sur des positions progressistes systématiquement sur l’accueil des migrants et le dialogue intérreligieux.

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  • Par yaki 23 Oct 2016 - 18 H 44
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    Les défenseurs des études de genres ont raison de refuser de parler de « théorie du genre », puisque le vocabulaire n’est pas bon. Par contre, ils ont tort de refuser d’engager le débat, justement en commençant par faire employer le bon vocabulaire, puis en allant sur le fond.

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  • Par zaripov 24 Oct 2016 - 13 H 19
    Photo du profil de zaripov

    « Si ces peurs résonnent si bien, c’est que l’Eglise et l’Etat ont l’anti-américanisme en commun, rejet d’une société supposément individualiste où la religion serait un business et où le culte de l’image servirait de socle moral à un politiquement correct d’apparat. Pourtant, ce sont bien des auteurs français, comme Simone de Beauvoir, Monique Wittig, Michel Foucault ou Jacques Derrida, qui peuplent les analyses critiques du genre aux Etats-Unis. Ne faut-il donc pas commencer par se réapproprier cet espace transatlantique ? Doit-on se défendre de proposer une théorie du genre ou plutôt en assumer l’augure ? »

    Je ne vois pas très bien en quoi le peuplement français dans les analyses nord-américaines invalide la crainte, non pas de l’Eglise mais de l’Etat de voir se dessiner ce projet de société où l’Etat est réduit au stricte minimum sauf pour la défense bien sûr et la solidarité laissé au business religieux. Ce sont certains universitaires qui disent très bien comment Clinton a réussi a battre Sanders en disant que c’est pas la « lutte contre les banques » qui va faire disparaître le sexisme, l’homophobie et le racisme.
    Le Pape s’est engouffré dans cette polémique à cause de la base catholique intégriste qui a récupérée en Italie les arguments sur le « gender » sans même savoir de quoi il s’agit. C’est curieux de voir comme ces universitaires ont besoin de l’Eglise catholique pour exister !!! Parfois je pense que leur objectif ce n’est absolument pas améliorer la situation des LGBT mais uniquement déconstruire, déconstruire et ensuite d’autres religions qui ont les idées tout autant fermées sur la différence entre hommes et femmes prendront le relais du vide laissé par l’Eglise catholique. Au fond aux USA c’est un peu comme ça, les latinos qui se convertissent choisissent bcp plus les évangélistes qui ne sont certainement pas plus tolérants avec les LGBT.

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