Ciné, Culture & Loisirs | 22.10.2016 - 12 h 37 | 3 COMMENTAIRES
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L’association FièrEs s’adresse à Stéphanie di Giusto, réalisatrice de «La Danseuse»

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FièrEs a publié une lettre acerbe adressée à Stéphanie di Giusto pour expliquer en quoi son film consacré à la danseuse Loïe Fuller est lesbophobe et sexiste.

Mélanie Thierry et Soko dans «La Danseuse» - Photo : Wild Bunch

Le problème été soulevé à plusieurs reprises à sa sortie en salles (et notamment sur Yagg), La Danseuse, biopic consacré à Loïe Fuller, ne fait aucune référence à la relation entre l'artiste (jouée par Soko) et celle qui fut longtemps sa compagne, Gabrielle Bloch (jouée par Mélanie Thierry). Un straight-washing qui a aussi du mal à passer pour l'association FièrEs.

Les militantes ont donc publié cette semaine une lettre ouverte à la réalisatrice Stéphanie di Giusto afin d'expliquer pourquoi ses partis pris artistiques ne sont pas sans conséquence: «Ce que vous avez choisi de gommer, ce que vous vous êtes permis de considérer comme anecdotique ou insignifiant, altère profondément le sens que Loïe Fuller avait choisi de donner à son existence. En censurant le lesbianisme de Loïe Fuller, pour lui imposer une relation hétérosexuelle, avec un personnage masculin inventé de toutes pièces, vous ne faites pas un choix artistique, mais un choix politique: vous niez à votre sujet le droit et la capacité à s’être constitué une existence libre et indépendante de toute présence masculine, à contre-courant des mœurs de son temps.»

Lire la lettre ouverte de FièrEs à Stéphanie di Giusto.

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Journaliste de Yagg.
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LES réactions (3)
  • Par plume 22 Oct 2016 - 14 H 35
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    De son temps… et encore du nôtre ! Ca se saurait si on était sorties de la masculinotropie et de la misogynie structurelles.

    Et je suis bien contente que FièrEs souligne que la lesbianité peut aussi représenter un choix social et politique. Voilà le genre de choses qu’on entend trop rarement, dans la confiture d’essentialisme, de nativisme et finalement d’excuse « d’être comme ça », que surtout nan, nan, on n’est pas des perverses, on n’a pas choisi. Tiens, fume ! oui, le lesbianisme est aussi un choix, pour une socialisation féminine, une remise en question du masculinisme et du rapport social de sexe. Et oui, il y a des choix, nombreux et divers, qui se font en la matière. Marre de céder sans cesse au chantage que nous imposent les réacs pour qui le choix, l’autonomie, le changement sont une réalité inférieure, un mal et un mensonge ! Au contraire, nous augmentons la réalité, nous espérons la faire, lentement, changer.

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    • Par Charade 24 Oct 2016 - 6 H 51
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      Elle a sans doute bien raison, l’association FièrEs, d’avoir ainsi réagi ; et vous aussi, @plume, d’affirmer que l’homosexualité peut être un choix, apparemment c’est davantage le cas chez les femmes que chez les hommes, sans doute justement à cause de cette atmosphère de domination masculine dans laquelle nous vivons ; mais pourquoi multiplier les mots qui ne veulent rien dire, comme lesbianisme, lesbianité, masculinotropie, nativisme ?

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  • Par Donna.Artemisia 24 Oct 2016 - 15 H 09
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    J’ai trouvé très violent que la réalisatrice de la danseuse efface, ignore, annule, la vie amoureuse de la Loïe Fuller. C’est sans doute une des choses les plus intimes et précieuses que nous ayons, le désir amoureux. Alors, l’effacer, quelle brutalité !
    Mme di Giusto ne sais sans doute pas qu’en France des gens se suicident à cause de l’homophobie et son film est homophobe, par ignorance, par méconnaissance, par incapacité à sentir ce que signifie être homosexuel(le).

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