Sommaire

L’image de la semaine: Pourquoi Ashlyn Harris ira voter le 8 novembre
Le discours de la semaine: Le discours de Michelle Obama relayé aussi par les athlètes
La charte de la semaine: Lancement de la Charte Sport & Trans en France
Le ras-le-bol de la semaine: Un joueur mexicain s’élève contre les slogans homophobes
Les déclarations de la semaine: Le football anglais est-il prêt pour un coming-out?
Le brassard de la semaine: Une première en Autriche
L’anniversaire de la semaine: Martina Navratilova a eu 60 ans
Le livre de la semaine: Layshia Clarendon a aimé la bio d’Abby Wambach

L’IMAGE DE LA SEMAINE

«Je vote parce que je crois en l’égalité», indique Ashlyn Harris, gardienne de but de l’équipe américaine de football (également en ouverture de cette chronique). La photo fait partie d’une vaste campagne lancée par le quotidien USA Today pour encourager les Américain.e.s à voter à l’élection présidentielle du 8 novembre.

LE DISCOURS DE LA SEMAINE

Abby Wambach retweete le compte de campagne d’Hillary Clinton, l’intégralité du discours de Michelle Obama, le 13 octobre. Au-delà des mots plus classiques de soutien de la First Lady à candidate démocrate à la Maison Blanche, les puissantes envolées contre les propos sexistes de Donald Trump, candidat républicain, ont fait de ce discours un moment déjà culte de la campagne. Le passage le plus fort de l’intervention de Michelle Obama sous-titré en français est visible sur le site de la Radio Télévision Suisse.

LA CHARTE DE LA SEMAINE
Rédigée sous l’impulsion de deux associations trans (Acceptess-T et Outrans) et de la Fédération sportive gay et lesbienne (FSGL), la Charte Sport & Trans a été lancée le 13 octobre au Centre LGBT Paris IDF. Son but, écrivait Christophe Martet sur Yagg le lendemain, «est de sensibiliser toutes les institutions sportives, les clubs et les organisateurs d’événements, sur la nécessité de garantir un accueil inclusif et respectueux, ainsi qu’un dialogue constant et une écoute, afin que les personnes trans puissent s’adonner au sport sans être l’objet de discriminations». Lire l’article en entier:
À quoi va servir la Charte Sport & Trans?

LE RAS-LE-BOL DE LA SEMAINE
Ulises Briceño est footballeur. Il joue au poste d’attaquant au sein du Venados FC, en Liga de Ascenso (la deuxième division du championnat mexicain). Le 14 octobre, à l’issue du match qui opposait son club aux Lobos de la Benemérita Universidad Autónoma de Puebla (BUAP) – match remporté par Briceño et son équipe 5-1 –, le joueur de 23 ans s’est adressé à la foule pour demander aux supporters d’arrêter de hurler «puto» aux gardiens de but adverses.

Comme l’expliquait pendant la Coupe du Monde 2014 Andres Aradillas-Lopez, un professeur d’origine mexicaine qui enseigne aux États-Unis, «le mot “puto” a plusieurs sens, mais il n’y a qu’une seule interprétation dans ce cas particulier, qui est de remettre en cause la virilité de la personne concernée. C’est donc une insulte homophobe dans ce cadre, il n’est pas possible de tergiverser à ce sujet. Je suis sûr que si vous posez la question à n’importe quel gay qui a grandi au Mexique, il vous dira à quel point ce mot est profondément offensant et blessant. Même si les fans mexicain.e.s prétendent qu’ils ne l’utilisent pas dans un sens homophobe» (lire Les supporters mexicain.e.s scandent une insulte homophobe sans réaction de la Fifa).

Le discours de Briceño, rapporte le quotidien espagnol El País, a été accueilli par de nombreux applaudissements mais aussi quelques huées. Le gardien du BUAP a remercié Ulises Briceño de ses paroles, tandis que l’arbitre de la rencontre soulignait le courage du joueur. De son côté, Enrique Bonilla, le président de la Liga MX (le championnat du Mexique) a qualifié le geste de «très noble».

Après avoir tenté d’ignorer le problème, la Fédération internationale de football (FIFA) a fini par se décider à sanctionner le Mexique, parmi d’autres. La semaine dernière, cette chronique évoquait ainsi une cinquième amende en onze mois. Au printemps 2016, la fédération mexicaine avait lancé une campagne dans laquelle les joueurs de l’équipe nationale invitait les supporters à se montrer plus inclusifs/ves.

LES DÉCLARATIONS DE LA SEMAINE
C’était lundi 16 octobre, à Londres. Le monde du football anglais avait son attention portée vers le Parlement où Greg Clarke, le président de la Fédération anglaise (FA), devait s’expliquer de soupçons de corruption au sein de la fédération qu’il dirige. Clarke s’est également penché sur d’autres sujets dont celui de l’homophobie dans son sport et ses propos ont été musclés. Il a expliqué que la fédération est déterminée à éliminer l’homophobie et s’en prendrait «sans aucun ménagement» aux fans qui hurleraient des insultes homophobes.
Il a aussi estimé qu’il est trop tôt pour un footballeur de faire son coming-out en raison des réactions que cela pourrait soulever.

«La bonne nouvelle, a-t-il déclaré à la commission, cité par The Mirror, c’est que nous ne sommes pas dans le déni, il y a un dégoût profond de ce comportement au sein du football. Je veux seulement me montrer prudent avant d’encourager des joueurs à sortir du placard avant que nous ayons fait notre part du boulot.»

Pas d’accord, a rétorqué l’ancien international anglais Chris Sutton dans une chronique publiée sur le site de The Daily Mail. Pour lui, le coming-out est la meilleure réponse à l’homophobie: «Je suis convaincu qu’une fois que le premier footballeur gay aura fait son coming-out, d’autres suivront. C’est la meilleure chose qui puisse arriver dans le débat contre l’homophobie.»

Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur Joey Barton tells Owen Jones homophobia not just problem in football – video

Pour le footballeur Joey Barton (ci-dessus), le problème de l’homophobie dans le football est un problème plus général en Grande-Bretagne. «Nous sommes un pays plus progressiste que d’autres, mais nous ne sommes pas le pays le plus progressiste, estime le milieu de terrain anglais. Dans un entretien vidéo à The Guardian, cité par L’Équipe. On peut le voir avec l’homophobie et le fait qu’il n’y ait aucun footballeur ouvertement gay. Quand j’ai participé à la campagne des lacets arc-en-ciel, j’ai vu les réactions des gens. (…) Sur Twitter, certains se demandaient si j’étais gay simplement parce que je participais à cette campagne.»

Joey Barton s’engage régulièrement contre l’homophobie dans le football. En 2013, néanmoins, il avait publié un tweet transphobe à l’adresse de son collègue du PSG Thiago Silva.

LE BRASSARD DE LA SEMAINE

Le 15 octobre, à l’occasion des semaines d’action contre les discriminations organisées par le réseau Fare (Football Against Racism in Europe), le capitaine du SK Sturm Graz, Christian Schulz, a joué avec un brassard arc-en-ciel, lors d’un match de Bundesliga autrichienne contre le SV Ried. Le SK Sturm Graz l’a emporté 1-0. Les actions de Fare s’étendent au-delà de la lutte contre le racisme, notamment à celles contre le sexisme et l’ homophobie.

L’ANNIVERSAIRE DE LA SEMAINE
Martina Navratilova a eu 60 ans le 18 octobre. Sur le site italien Il Post, 24 clichés qui résument sa vie de championne sur et hors des courts. Et un résumé de la finale de Wimbledon de 1978, la première de ses neuf victoires sur le gazon londonien. Elle avait alors battu Chris Evert. C’est l’une des rencontres marquantes de la rivalité entre les deux femmes, l’une des plus emblématiques de l’histoire du sport.

L’ancien basketteur Jason Collins a souhaité un bon anniversaire à la championne qu’il remercie d’être une inspiration.

Martina a remercié celles et ceux qui ont fait de même.

LE LIVRE DE LA SEMAINE

Layshia Clarendon, basketteuse des Atlanta Dream, a dévoré la biographie d’Abby Wambach.