Monde, Plus | 27.09.2016 - 16 h 00 | 3 COMMENTAIRES
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Exclusif – Mariela Castro: «Karl Marx n’a pas parlé des sujets LGBT, mais on peut utiliser ses concepts développés pour d’autres formes de domination ou d’exclusion»

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A Cuba, Mariela Castro, fille du président Raùl et nièce de Fidel, tente de faire avancer les droits LGBT. Yagg l'a rencontrée pour une interview exclusive.

Mariela Castro Espin - Photo : Xavier Héraud

Nièce de Fidel Castro, Mariela Castro Espín est la fille de l'actuel président de Cuba, Raúl Castro, et de Vilma Espín, figure importante de la révolution cubaine et présidente de la Fédération des femmes cubaines. Engagée en faveur de l'égalité des sexes, Vilma Espín est la première personnalité cubaine d'importance à avoir dénoncé,en 1992, la répression subie par les homosexuels sous le régime castriste. Ce n'est donc pas totalement un hasard si Mariela, l'une de ses quatre enfants, s'inscrit dans ses pas et lutte depuis plusieurs années pour les droits LGBT, via le Centre National d'Education Sexuelle de Cuba (Cenesex), qu'elle dirige, et via son implication plus récente en politique. En 2013, elle a été élue députée de l'Assemblée nationale cubaine, où elle s'est illustrée en votant contre un texte qui ne lui convenait pas, une pratique peu courante au sein du parlement où l'on vote habituellement comme «un seul homme» (Lire: À Cuba, le premier «non» de l’Assemblée nationale est en faveur des droits LGBT).

Nous avons rencontré Mariela Castro début septembre à Paris pour une interview exclusive. Elle venait soutenir son compagnon, le photographe italien Paolo Titolo, qui expose ses photos de femmes trans cubaines à la Maison Européenne de la Photographie. Auteure d'une thèse sur les personnes trans à Cuba, Mariela Castro a également profité de sa venue pour donner une conférence sur le sujet. Pour Yagg, elle évoque son oncle, parle avec beaucoup de passion de ses objectifs quant à la lutte pour l'égalité des droits et fait très souvent référence à Karl Marx.

 

Yagg: Vous portez un nom qui attire autant qu'il repousse. Commen le vivez-vous?

Mariela Castro Espín:  Mon nom ne me donne pas de responsabilité publique. Mais celui-ci m'apporte quand même une responsabilité vis à vis du public. Contrairement à ce qu'on pourrait penser cela ne me facilite pas toujours les choses. C'est l'une des caractéristiques de ma famille. Mon père m'a toujours dit qu'il ne pouvait pas m'aider à faire mes devoirs. C'était à moi de tout affronter.

Comment expliquez-vous le mea culpa qu'a fait Fidel Castro, dans son autobiographie, par rapport à l'homosexualité et à la façon dont les homosexuels ont été traités – et maltraités – par le régime en particulier dans les années 60? C'est une attitude très honnête de la part de Fidel de reconnaître qu'avec un regard d'aujourd'hui il a eu un comportement homophobe et de reconnaître qu'ils ont mal agi. Je trouve bien qu'il s'exprime dans un contexte où la politique vis à vis de la communauté LGBT change. Je dis toujours qu'un mea culpa sans changer la politique est une grande hypocrisie. Quand j'analyse l'Histoire, je me dis que c'était presque impossible de demander à Fidel de ne pas être homophobe. Parce que dans les années 60, le monde entier était homophobe. La médecine, le droit, la société, tout était homophobe. On luttait contre ça. Quand on regarde ce qui se passait à cette époque dans plusieurs pays du monde, c'était très dur pour la communauté LGBT. Certains pays ont commencé à changer de politique dans les années 80 et 90, le chemin a été long et souvent pas complet. Beaucoup de pays ont pris le mariage pour tous comme une fin en soi. Avec ça ils veulent montrer qu'ils ont déjà atteint l'égalité des droits pour la communauté LGBT. Je considère que le mariage pour tous n'est qu'une étape dans la quête pour l'égalité. Il faut d'abord lutter pour une égalité des chances, à l'exemple de la lutte pour les droits des femmes à Cuba et dans d'autres pays. C'est quelque chose qui a fonctionné. Dans les années 60 à Cuba, l'égalité des chances a été établie politiquement pour les femmes après l'arrivée au pouvoir de Fidel en 1959.  A cette époque, on a beaucoup avancé sur d'autres sujets de discriminations. D'autres sujets concernant les droits de l'Homme. Mais il y a toujours du travail sur ces questions. C'est pour cela que le Cenesex, que je dirige, puise dans toute cette expérience de réussite depuis les années 60 et dans la politique de révolution sociale permanente. Dans cet esprit, nous avons présenté des politiques LGBT. Le contexte idéologique est le même. Je me rends compte que ça marche. Je m'aperçois que la société cubaine est très sensible au thème de la justice sociale. J'ai souvent discuté avec des politiciens qui ont aujourd'hui plus de 80 ans et qui à une époque étaient assez homophobes. Ils me disent qu'aujourd'hui ils comprennent. Ils comprennent enfin ce que ma mère, Vilma Espín, voulait leur faire comprendre il y a quelques années. C'est une question de justice sociale.

Comment essayez-vous de convaincre du bien fondé de la lutte contre l'homophobie? Ce qui est important, c'est de trouver les mots justes, le discours précis, et qui peut toucher le coeur des gens. C'est ce que j'ai cherché à faire ces dernières années, en faisant des recherches et en dialoguant. Je suis toujours en train d'essayer de nouveaux discours. C'est comme la psychanalyse. Avec les mots et les associations d'idées, on commence à trouver les mots qui font du bien, qui aident. C'est la clef de mon combat. On ne peut pas imiter d'autres expériences mais les appréhender de manière critique et les mettre à l'épreuve du contexte cubain. La Gay pride fonctionne bien dans certains pays et dans d'autres non. Je ne sais pas si la Gay Pride permet de faire changer les mentalités. J'ai pu assister à la Gay pride dans plusieurs pays, où une partie de la population la voit comme un show ou du cirque. Et je ne voudrais pas qu'à Cuba, les personnes LGBT soient caricaturées. Je travaille à une stratégie d'information et de communication pour arriver à transformer les mentalités dans la société. Pour que dans une famille, si un enfant dit: "maman je suis gay" ou "papa je suis lesbienne", ce ne soit pas un problème pour cette famille. Voici le sens de mon combat. C'est le Parti communiste qui peut transformer les choses et cette conscience de la transformation, c'est la figure de Karl Marx. Marx disait que les philosophes s'étaient contentés d'interpréter le monde alors que pour lui, il s'agit de le transformer. C'est essentiel de savoir comment utiliser cette pensée dans la société. Il y a beaucoup de chercheurs qui critiquent la société mais ne proposent rien.

Qu'est-ce qui bloque pour donner plus de droits, comme le mariage, aux LGBT cubains? Quels obstacles faut-il lever? Depuis 2012, je me suis plus engagée dans la politique, à travers le Parti communiste. Le Parti communiste a déjà dans sa stratégie la défense des droits LGBT. Ce qui a été matérialisé notamment dans la modification du code du  travail en 2013, avec la prise en compte de la non discrimination en raison de l'orientation sexuelle. Nous n'avions pas inclus encore l'identité de genre. Mais cette année, nous avons réussi à insérer l'identité de genre dans le code du travail. Le Parti travaille à une réforme de la Constitution et la non discrimination en raison de l'orientation sexuelle ou l'identité de genre devrait y figurer. En prévision du changement de la loi suprême, nous avons préparé un paquet de changements législatifs. Nous sommes partis des expériences menées dans d'autres pays comme l'Uruguay ou l'Argentine. Nos amis LGBT de ces pays nous ont parlé des expériences positives et négatives. Nous prenons le slogan utilisé en Uruguay: "Tous les droits pour toutes les personnes". Si les hétéros accèdent à un droit, cela doit être la même chose pour les homosexuel.le.s. Aujourd'hui, ça serait bizarre pour ne pas dire plus qu'un noir ne puisse pas épouser une blanche. Et bien c'est la même chose pour les hétéros et les gays. Dans un avenir pas trop éloigné, nos enfants vont nous dire que c'était bête de ne pas accepter cela.

Dans quel délai ce paquet législatif verra le jour? Lorsque la constitution sera modifiée, ce sera plus facile. La réforme de la constitution devrait intervenir normalement en 2018 mais nous travaillons dès maintenant à cet ensemble de mesures à proposer.

Etes-vous favorables à des associations de personnes librement constituées? Il existe des organisations indépendantes. Depuis 2001, nous avons donné des cours pour défendre les droits sexuels, pas seulement pour les personnes LGBT. Pour éviter la discrimination, il faut favoriser la solidarité. Le principe est que les militants LGBT soient aussi solidaires d'autres causes. Nous offrons des formations avec des méthodologies participatives. Pour l'instant, il y a des groupes dans tout le pays, indépendants, mais qui travaillent beaucoup avec les institutions officielles et celles de la société civile. Parfois ce sont des étudiant.e.s, des femmes au foyer, et tous se mélangent. En septembre, nous allons lancer la formation sur la coopérative puisque Cuba autorise aujourd'hui la création de coopératives privées. Pour les personnes trans qui n'ont pas accès au travail, la loi les protège de la discrimination. Le droit au travail est un droit universel comme la santé, la culture, l'université, le sport. Nous avons créé un service d'aide juridique en 2007 et c'est quelque chose qui a très bien marché parce que les problèmes sont traités d'un point de vue administratif et légal. Nous avons fait des formations des juges sur les droits LGBT, mais aussi des policiers dans leurs écoles. La police protège maintenant les activités contre l'homophobie.

La société cubaine a créé des mécanismes pour utiliser la voie institutionnelle pour résoudre les conflits et pas la voie plus violente. Le plus important est d'informer la population afin qu'elle sache comment faire valoir ses droits. Si tes droits ont été bafoués, il faut savoir se défendre, nous avons créé des brochures. C'est assez rare de trouver des victimes de crime de haine ou d'actes homophobes à Cuba. Même en ce qui concerne les femmes, les violences sont plus psychologiques et verbales que physiques. Dans les couples d'hommes gays, on trouve de la violence physique. Nous avons d'ailleurs lancé une campagne pour traiter de ce phénomène. Nous développons aussi une autre campagne sur la paternité et la maternité pour sensibiliser les hommes envers leurs responsabilités. Tous types de famille témoignent dans les médias, racontent leurs expériences, afin de sensibiliser la population à comprendre la question LGBT et l'éducation sexuelle.

Les mentalités évoluent-elles à Cuba sur ces questions? Il y a eu une émission où un jeune réalisateur cubain assez connu a raconté son histoire. Sa mère est lesbienne et son père gay. Il a transmis son amour d'enfant et c'était très émouvant. Je préfère ce type de communication à la provocation qui n'aide personne. Le dialogue est très important et j'ai l'impression que la population répond positivement. L'année prochaine, en mai, la Journée contre l'homophobie. Nous préparons toute une semaine d'activités. Nous ne voulons pas mettre l'accent sur la figure du gay, comme pendant la gay pride, mais attirer l'attention sur le problème qu'est l'homophobie. Nous organisons une conga dans les rues, avec toutes les organisations. Mais chaque province a son propre programme, avec les organisations locales, le gouvernement et le parti. Il y a même des associations religieuses qui soutiennent le combat. J'ai des amis qui ont des fonctions religieuses et qui sont gays ou lesbiennes. Dans notre programme, il y a toujours  des activités religieuses. Mais nous sommes inclusifs de toutes les religions. L'objectif est d'atteindre le cœur de tous.

conference mariela castro

Mariela Castro lors de sa conférence sur les personnes trans à Cuba à Paris en septembre 2016

Le changement dans les relations de Cuba avec les États-Unis peut-il aussi influencer les évolutions pour les droits LGBT? Lorsque je me suis rendue aux Etats-Unis, on m'a souvent dit qu'on s'inspirait de l'expérience cubaine. J'ai reçu sept membres gays du Congrès et ils m'ont dit que l'approche politique du Cenesex est plus profonde et plus directe que que ce qui se fait aux Etats-Unis. Et vous savez pourquoi?

Non…

Parce que c'est une approche marxiste! Parce que cela vient de la pensée profonde de Marx. Pas comme un dogme qui a été mis en place par d'autres systèmes. Marx était anti-dogmatique et lui-même n'était pas d'accord avec cette idée de marxisme. Tous ceux qui ont pris la pensée de Marx comme un dogme ne l'ont pas comprise. Je prends Marx comme référence principale mais ce n'est pas la seule. Je puise aussi dans d'autres penseurs, qui ont cherché comment arriver à une société plus juste. L'idée de construire une société plus juste est la plus vieille utopie dans l'histoire de l'humanité. Je dis tout cela pour éveiller le dialogue sur ma position de marxiste. Marx n'a pas parlé des sujets LGBT, ce n'était pas le sujet de son époque et de son combat. Mais on peut utiliser les concepts qu'il a développés pour d'autres formes de domination ou d'exclusion. Il faut se demander pourquoi les hétérosexuels devraient dominer les homosexuels.

Longtemps, les partis communistes ont pourtant qualifié l'homosexualité de "vice bourgeois"… C'est surtout parce qu'à une certaine époque, les partis communistes ou de gauche ne comprenaient pas la pensée de Marx. Ils étaient très dogmatiques. L'idée était de lutter pour une société juste et sans domination.

Cuba a été déclaré par l'OMS le premier pays sans transmission du VIH de la mère à l'enfant. Comment expliquez-vous ce succès? C'est la différence entre le système capitaliste et un pays dans lequel on expérimente une transition socialiste. Notre stratégie est centrée sur l'homme et ses besoins. Notre politique se concentre sur les droits fondamentaux de l'être humain: la santé, l'éducation, la culture, le sport, la sécurité sociale. Il y a en a d'autres qui manquent mais nous sommes conscients de ceux qui manquent. Face aux difficultés, les plus pauvres vont être la priorité. Dans le système capitaliste, on favorise toujours les plus riches. On ne privilégie jamais les plus démunis. C'est une politique de miettes. On donne des miettes pour calmer les gens. Et ils font croire que la démocratie règne. En général, ce sont des systèmes qui arrivent très bien à faire des opérations de marketing [en anglais, ndlr] pour faire croire à l'intérieur et à l'extérieur que la démocratie existe et est vivante. Encore aujourd'hui, la démocratie est une utopie.

Vu d'Europe, il semble manquer à Cuba des choses importantes comme des partis indépendants, une justice indépendante, des associations libres. Est-ce que dans ce contexte, le fait de mettre en avant les droits LGBT ne s'apparente-t-il pas à du pinkwashing? Pas du tout. C'est surtout une question de moment. Le centre Cenesex est issu d'une organisation de femmes et il dépend maintenant du ministère de la Santé.  Ici en Europe, on ne fait pas une politique pour répondre à des erreurs qui ont été commises il y a longtemps. On fait de la politique qui répond au contexte actuel. Je me base beaucoup sur les expériences négatives du passé pour convaincre de la nécessité d'un cadre légal, qui n'existe pas. Pour éviter un scénario homophobe comme Cuba en a connu dans son histoire. L'idée n'est pas de «laver», mais d'être conscient que la révolution n'est pas parfaite. Le système que Fidel a mis en œuvre est très imparfait, lui-même l'a avoué. Il était très jeune à l'époque, il voulait une société plus juste, mais sans savoir comment faire. Et ils ont essayé en chemin. Nous continuons d'apprendre et d'expérimenter. Le cliché du multipartisme est une formule de la social-démocratie pour faire croire que la démocratie existe. Parce que finalement, tous les partis tournent en rond dans le système capitaliste. S'il existe un parti qui veut complètement changer le système politique existant, il est mis à l'écart. D'après moi, ce n'est pas nécessaire à Cuba car le peuple a le pouvoir. Dans la lutte des classes, le peuple a pris le pouvoir et le parti communiste est celui qui défend les intérêts du peuple.  Quand le parti communiste ne représentera plus les intérêts du peuple, je serai la première à chercher un autre parti.

Franck Riester Mariela Castro Roselyne Bachelot

Franck Riester, Mariela Castro et Roselyne Bachelot à l'exposition "Translucidas" de Paolo Titolo, à la MEP. 

Propos recueillis par Christophe Martet et Xavier Héraud

Traduction: Roger Herrera

Photos: Xavier Héraud

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Co-fondateur de Yagg. Rédacteur en chef. Photo. Comédies musicales. Harvey Fierstein. These are a few of my favorite things.
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LES réactions (3)
  • Par plume 27 Sep 2016 - 16 H 17
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    Sauf que l’irremplaçable vieux barbu a décrit les fonctionnements sociaux en formes (valeur, ect.), et les rapports sociaux comme conséquence de l’adhésion générale à ces formes, de la concurrence de tous pour leur réalisation, etc. Tome 1 du Capital quoi – que comme par hasard les léninistes aiment à disqualifier, Il n’est pas parti, comme les subjectivistes actuelles, de la prééxistence de sujets sociaux aux rapports qui les déterminent, ni de l’idée que ces sujets, immanents, créaient ces rapports. Et encore moins que l’issue en était politique. Au contraire, nous nous trouvons selon ses thèses à l’aboutissement des rapports et des formes. D’un point de vue matérialiste, ce sont les idéaux et les implicites qui posent question. Pas simplement la situation des unes et des autres dans une hiérarchie inégalitaire qui leur intrinsèquement liée et sort de leur logique interne. L’économie, comme la justice et l’appropriation, ne peuvent de ce point de vue finir que par le cannibalisme. Surtout si on cherche à les « réaliser », à la hegel, dans un « dépassement » (d’ailleurs toujours lui aussi exigé hiérarchiquement) qui pourrait bien être une extermination générale. C’est en sortir qu’il faudrait peut-être. Thèses de bien des marxistes non léninistes, dont je fais partie. On ne peut pas vraiment dire que le « socialisme réel » a fait grands pas dans cette direction.
    *
    Enfin, d’un tout autre point de vue, je veux pas dire, mais l’attitude effective de l’état comme de la société cubaine envers ce qui ne réalise pas la virilité (forme essentielle de la révolution strictement politique), euh quoi ! On peut noter, parce que c’est notable en amérique latine, le droit à l’avortement. C’est important. Mais côté vie des mal norméEs c’est zéro moins quèquechose.
    *
    Effectivement, je ne voulais pas en rajouter, mais vous avez à Yagg une lègère tendance à marquer avec insistance contre ce qui constitue l’état de perception présente de nos groupes sociaux et des rapports qui les conditionnent. Pourquoi pas ? Je le fais aussi. On peut, et ce de points de vue d’ailleurs divergents, vous l’aurez noté, trouver le monde social et général, et « lgbt » plein de limites et de contradictions. Pour ne pas dire pis. Mais à insister dans un sens très rebrousse-poil (et j’en suis une autre, je connais !), et surtout à ne présenter qu’un volet de thèses quand on est un médium à volonté tout de même généraliste dans sa spécificité, il ne faut pas compter avoir trop de succès (et on peut dire aussi que le succès est mauvais signe selon certains critères…). Il est vrai qu’actuellement le paysage intellectuel et critique est à la fois binaire et pauvre. Et que nous butons touTEs dans le même problème avec ces histoires de conviction et, il faut bien le dire, de moral-politique : nous faisons alors trop facilement du catéchisme, du paroissial ; même les écrivains des Lumières en furent accusés : on les appelait l’Eglise, et plus tard pareil des partis révolutionnaires. Et quand c’est trop sec, trop plein d’angles, avec trop peu de contradiction ou d’auto ironie, ben ça passe souvent mal, que par ailleurs ça soit pertinent ou pas. Bref pareil ; et bien d’autres y sont confrontéEs : quand on veut proposer du divergent, le modèle économique, c’est mort – et d’autant qu’on le propose à des désargentéEs, mais ça fait partie justement du destin que prévoyait Marx pour l’économie : l’effondrement par destruction de son propre monde.. dont nous sommes.

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  • Par sébastien 27 Sep 2016 - 16 H 54
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    Mes amis homos cubains apprécieront 🙁

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  • Par helene 28 Sep 2016 - 0 H 19
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    Ce n’est pas du journalisme c’est des mondanités. Vous êtes allés regarder chez Amnisty International le dossier Cuba? Le nombre de prisonniers politiques? Cuba c’est une dictature, une de ces dictature où la transmission du pouvoir se fait en famille. C’est son père, ministre de l’intérieur à l’époque, qui a orchestré cette épouvantable chasse aux homos que décrit merveilleusement bien Reinaldo Areinas dans son « Avant la nuit ». Jean Genet lui même s’en est prit à Raoul Castro dans une lettre, révélant son homosexualité (à l’époque c’est dans son ministére qu’on pouvait rencontrer les plus beau garçon de Cuba). En bref un homo qui faisait pourchasser les autres homos, les arrêter, les mettre en prison les incarcérer dans des camps où on les torturait.C’est Areinas qui a fait reculer Fidel l’homophobe. En fait le livre d’Areinas -un succés mondial-a eu plus d’impact sur le régime que cette bouffonne, qui pratique le « limpiar rosa » avec dextérité. Evidement c’est un petit progrés pour les gays qu’on les persécute moins, et que les cultes d’origine africaine soient tolérés. Mais pour le reste il n’y a pas eu d’éléctions libres à Cuba depuis 50 ans, et c’est une famille blanche qui monopolise le pouvoir dans un pays à majolité de couleurs en remplissant les prisons de ses opposants. Le seul pays du monde où les sidatoriums de Le Pen ont été réalisés, c’est Cuba, avec les soldats de retour d’Afrique. Je vous soutiens de tout mon coeur mais on peut pas être aussi léger avec la liberté des autres. Avec la liberté des cubains qui payent les voyages de Mariela…et les expos de son jules sur les femmes trans cubaines.

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