Culture & Loisirs, Plus | 26.09.2016 - 12 h 53 | 18 COMMENTAIRES

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«Gaycation France»: un miroir sans complaisance de notre communauté LGBT

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«Gaycation», la série documentaire d'Ellen Page, a été à la rencontre des personnes LGBT en France dans un nouvel épisode et offre un état des lieux peu reluisant d'une communauté LGBT où la transphobie et le racisme sont vivaces.
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Ian Daniel (gauche) en interview d'un homme gay dans le Marais. - Photo : Viceland

Faut-il que l'équipe d'une émission américaine vienne filmer les personnes LGBT en France pour saisir et comprendre l'état de notre communauté en 2016? Paradoxalement, c'est par un «oui» qu'on serait tenté de répondre à cette question, tant ce troisième épisode de la saison 2 de Gaycation, la série documentaire d'Ellen Page et Ian Daniel, est en fait une sorte de miroir pour nous, spectateurs et spectatrices français.e.s.

Dans les dix premières minutes de l'épisode, des hommes gays cisgenres dans les bars du Marais assènent que «oui, oui, c'est facile aujourd'hui d'être homo en France». Que c'est plus facile que dans d'autres pays. Que l'affaire est réglée, ou presque, depuis le mariage pour tous. Une entrée en matière dans l'insouciance du quartier gay de la capitale. Heureusement Ian Daniel et l'équipe de Viceland ne se sont pas arrêtés à ces impressions, certes sincères, mais qui ne reflètent qu'une toute petite partie de ce que pensent et vivent les personnes LGBT en France. Et en cela, cet épisode de Gaycation est indispensable à voir.

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L'épisode est actuellement disponible sur la plateforme Viceland et prochainement en accès libre (rubrique «Watch free»).

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LES réactions (18)
  • Par plume 26 Sep 2016 - 13 H 24
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    Ce qui fait converger la plupart des majorités et minorités me semble aussi un consensus anti-féminin – le féminin étant ici un très large éventail d’éléments sociaux qu’il importe de ne pas (trop) porter afin de pouvoir concourir pour une valorisation sur le contenu « assigné masculin » de laquelle il existe un vaste « accord » (même si les uns sont prêts à exterminer les autres pour se l’approprier et s’en faire l’exclusivité). Ce qui d’ailleurs concerne, comme injonction contradictoire, aussi les femmes (la valorisation se fait par intégration dans les structures assignées masculines). Bref, la lecture en termes de rapports sociaux de sexe, qui dépassent les identités, n’est pas obsolète, même si les autres aspects du rapports social sont – et c’est important – tout aussi réels. Les rapports sociaux et les situations qu’ils déterminent ne sont, n’en déplaise aux idéalistes, pas des illusions (et nous ne sommes pas les « individus indéterminés » – sauf par leurs possessions ! – d’adam smith) ; ils sont la réalité de l’existence humaine – laquelle n’est pas jojote. Question à cent balles dont la réponse n’est pas garantie : pouvons nous les transformer intentionnellement, et comment – et vers quoi ?

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  • Par waveboreale 27 Sep 2016 - 0 H 35
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    L’état des lieux en France n’est pas reluisant en effet.

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  • Par helene 27 Sep 2016 - 0 H 56
    Photo du profil de helene

    oui la pride de nuit c’est de l’espoir. Mais le film est trés brouillon (est-ce qu’un micro trottoir dans le marais suffit pour savoir comment sont traités les gays en France, le journaliste se met en scéne et fait comme il savait tout, c’est vaniteux et paresseux.

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    • Par Shizuko 27 Sep 2016 - 1 H 14
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      @helene
      Bien sûr qu’il sait tout, il a sans doute été conseillé par les universitaires français LGBT qui écrivent sur les sites américains avec zéro commentaires et qui nous ressortent à chaque fois la pride de nuit. Une espoir de quoi ? Comme nuit débout? La pride de nuit c’est juste un groupe de personnes qui croient que être LGBT signifie toujours être dans la radicalité. Bref pour moi ce documentaire c’est rien que de la propagande.

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  • Par Shizuko 27 Sep 2016 - 1 H 08
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    « Faut-il que l’équipe d’une émission américaine vienne filmer les personnes LGBT en France pour saisir et comprendre l’état de notre communauté en 2016?  »

    Non il s’agit d’une mode et on ne comprend pas l’état de « notre communauté » en filmant de personnes de façon biaisée, d’ailleurs est elle allé voir comment vivent les LGBT dans les 93 ou dans les campagnes française ? Bien sûr que non. Je suis stupéfait que les médias américains qu’ils vont voter et risquent d’avoir un président qui multiplie les dérapages racistes n’ont d’autre chose à faire que critiquer le modèle de société français. J’ai vu plusieurs articles sur la presse américaine souvent d’universitaires français LGBT qui critiquent la communauté LGBT française parce qu’elle n’est pas assez américanisé à leur goût. Les trans racistes et homophobes ça n’existe pas ? Si non on continu avec la même ligne culpabilisation des homos blancs comme s’il y avait personne pour nous culpabiliser déjà assez. Anelka vient tranquillement pour soutenir Serge Aurier de sortir un cliché homophobe en appelant Pascal Praud « Pascale ».

    « Ian Daniel, est en fait une sorte de miroir pour nous, spectateurs et spectatrices français.e.s. »

    Non c’est n’est pas un miroir c’est très exactement ce que VOUS pensez de la communauté LGBT française et c’est pour cela que ce documentaire vous à plu il est dans la ligne éditoriale que vous avez choisi depuis le début. @Lafcadio le disait très bien toujours en adoration devant l’american way of life. Si non on est pas aux USA il faudra vous mettre ça dans le crâne, les communautés ne sont pas les mêmes.

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    • Par friendlyfire 27 Sep 2016 - 10 H 02
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      @shizuko
      Ne serait mon souci d’éviter le point Godwin je commencerai bien par remarquer que « circulez, il n’y a rien à voir/ vous défendez des idées extrémistes » est mot pour mot la réponse de l’élu Fn au journaliste.
      De ceci je ne tirerai aucune conclusion hâtive sinon celle-ci : ta rage à t’identifier comme « centriste modéré raisonnable » te conduit à beaucoup de plainte, d’auto-apitoiement et d’invectives sans autres propositions que « laissez-nous tranquilles ».

      Tu veux du calme : soit. Prends la tangente, vis ta vie sans problèmes majeurs, profite de ta joie et fais prospérer ton bonheur mais cesse de montrer les dents à chaque personne qui passe.
      Il semblerait à te lire que chaque personne/militant qui s’exprime ait
      1.inventé les problèmes dont elle parle (racisme, invisibilité, absence de soutien et de reconnaissance), voire les ait « importé des states » (pertinence ici ?)
      2. ne le fasse que pour le plaisir malin de s’en prendre à toi, t’embêter et te « culpabiliser » selon tes propres termes plus psychologiques et moraux que politiques.
      Le diagnostic d’indifférence globale de la population/communauté ne me semble quant à moi pas usurpé. Les gens ne veulent pas se farcir le réel, ils veulent rêver. Chaque culture invente son mode de déni.
      La posture pondérée méprisante pratiquée par la plupart des politiques en France en est un des avatars. « Il n’y a rien de plus urgent que de ne pas changer/ ne nous énervons pas nous sommes entre personnes civilisées/ici c’est ici et pas là-bas,etc. » Soit mais autant de tautologies et d’injonctions creuses qui ne disent rien au final et servent de chiffon de paroles qu’on agite en substitut d’action.

      Pour en revenir au reportage (l’as-tu visionné ?) j’ai trouvé le trajet intéressant : des terrasses du Marais, où on apprend que globalement tout va bien en France pour les gays,que tout va bien… surtout dans les périmètres protégés ( jeune homme issu du 9-3 qui explique que chaque territoire a sa marge de tolérance très très variable; insulte homophobe gratos place de la république parce que Oups on est 500 mètres au dessus du Marais), incursions en banlieue dont un glaçant et courageux stage de citoyenneté où un animateur travaille sur l’expression et, espérons, la transformation des préjugés tenaces ( « je préférerais tuer mon enfant que le savoir gay ?!? »), déplacement sans intérêt majeur dans le sud pour un entretien langue de bois politique lambda- et des rencontres, avec des artistes, activistes et militants vivants dans leurs coeurs et dans leurs actions.

      Le constat final ne me semble personnellement ni désespéré ni honteux : dans un contexte individualiste globalement atone où le point le plus commun à tous est « arrêtez de me solliciter avec vos soucis j’en ai déjà assez à la maison » , une forme d’individualisme domestique déprimé typique de l’époque, quelques personnes continuent de CRIER contre les injustices, de CRéER et d’inventer, et je ne vois vraiment pas au nom de quoi on irait leur retirer leur indignation et leurs succès .
      La société policée du jour a toujours eu peur de la nuit, et ça n’a jamais empêché que la terre continue sa révolution.

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    • Par Shizuko 27 Sep 2016 - 11 H 36
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      @friendlyfire
      Tu as raison le racisme dans la « communauté gay » c’est un grave problème en France, le nombre d’actes racistes commis par les homos blancs est en constante augmentation.

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    • Par friendlyfire 27 Sep 2016 - 17 H 04
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      @shizuko
      A part démontrer ta capacité à faire des raisonnements par l’absurde je ne vois pas très bien où cette réponse pleine d’ironie plus amère que joyeuse nous mène ?

      Il n’y a pas mort d’homme ni pléthore de faits divers sanglants >>> (donc ?) il n’y pas de problèmes >>> (donc ?) il n’y a rien à discuter >>> (donc ?) retour à la posture « circulez y’a rien à voir » avec en prime la vague satisfaction d’être un shériff de cour d’école qui siffle la fin de la récré ?
      L’horizon final de ce type de raisonnement circulaire est le monologue monomaniaque. Il paraît que c’est très (auto-)satisfaisant.
      Je ne suis pas très intéressé par les monologues croisés.
      Je te fais un gros bis à toi aussi et te souhaite une belle soirée paradisiaque pleine de certitudes réconfortantes.

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  • Par pa-yverdon 27 Sep 2016 - 16 H 46
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    L’éternel problème du verre à moitié plein ou à moitié vide
    Cela sans jugement de valeur. Ou ça coince, c’est que le verre devient son fonds de commerce ou sa raison de vivre….

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  • Par helene 27 Sep 2016 - 17 H 02
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    L’information et la propagande c’est une veille histoire. Au fond je trouve ça trés bien qu’un jeune journaliste américain s’interesse aux LGBT « radicaux » parisien. en essayant un peu de diversité.Shizuko nier le racisme à l’interieur des LGBT c’est grave.

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    • Par pa-yverdon 28 Sep 2016 - 8 H 55
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      @helene
      Je n’ai pas l’impression que @Shizuko nie le racisme dans la communauté lgbt, il le met en perspective…
      Certes, je ne connais pas le milieu parisien, mais dans toutes les villes que j’ai pu visiter, je n’ai pas vu plus de discrimination pour les beurs, le blacks que pour les asiatiques, les latinos, les gros, les vieux ou les chauves….

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  • Par helene 28 Sep 2016 - 12 H 22
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    oui pour nos amis LGBT racisés c’est la double peine. Le copain d’origine berbère, comptable dans mon entreprise qui me raconta qu’au Banana café un pédé bourgois lui a demandé « tu prends combien? », Il l’a envoyé à terre d’un coup de poing l’autre lui a dit « avec ls arabes je paie »…Evidement c’est pareil avec les noirs, les asiatiques etc. Dans une vielle interview à Tétu je me rappelle d’un jeune beur qui disait « il veulent bien de nous comme amants, pas comme maris ». En général les racisés sont déjà moins riches ce qui dans une communauté ou l’apparence est importance vous met déjà en infériorité. Demander qu’on se pose des questions sur les personnes racisées chez les LGBT ce n’est pas gommer les autres discriminations sur les gros , les petits, les vieux les chauve…et surtout entre riche et pauvres.

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  • Par artemisia.g 28 Sep 2016 - 14 H 33
    Photo du profil de artemisia.g

    Ce n’est vraiment pas très bon. Bon, d’abord c’est quand même hallucinant la toute petite place laissée aux lesbiennes dans ce docu: cela se réduit aux soirées et à la question de la PMA, elle-même réduite à quelques remarques superficielles (et vraiment la comparaison entre la lutte pour le droit à l’avortement et la lutte pour la PMA, on comprend l’idée, mais c’est craignos politiquement je trouve…). De toutes façons, il y a une domination frappante des locuteurs masculins à l’exception de cinq ou six femmes cis et trans. Et puis lassitude et bâillements de voir toujours le même milieu queer bourgeois parisien interviewé, à l’exception (peut-être) de deux ou trois personnes… Et le pire c’est la plongée dans les « bas-fonds », les quartiers popu où on va chercher les petitEs homophobes (parce que bien sûr, ça n’existe pas dans les beaux quartiers), qui sont traitéEs avec beaucoup de condescendance comme de petitEs crétinEs… C’est vraiment très mauvais…

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  • Par Charade 28 Sep 2016 - 18 H 18
    Photo du profil de Charade

    Je n’ai pas vu ce documentaire mais à la lecture de ce digest je suis comme d’autres ici plutôt perplexe devant la valeur des propos tenus. Par exemple, le « fait » que « les lesbiennes blacks ne soient pas très visibles » signifie-t-il nécessairement que la communauté LGBT soit « gangrenée » de l’intérieur par mille fléaux comme « la transphobie, le racisme et l’islamophobie » ?… Si les juifs homosexuels sont visibles, c’est en partie parce qu’ils ont fondé Beit Haverim. Autrement dit, si une communauté veut exister en tant que telle dans la communauté, n’est-ce pas en partie à elle de s’en donner les moyens ?…

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    • Par friendlyfire 28 Sep 2016 - 19 H 50
      Photo du profil de friendlyfire

      @charade
      Attention au commentaire de commentaires : c’est toujours comme ça qu’on perd de vue le point de départ …et d’arrivée.
      La personne qui fait remarquer que « les lesbiennes blacks ne sont pas très visibles » ne fait que répondre à une question et surtout (co-)organise une soirée avec le collectif Fuck the name donc pas de souci de ce côté là : elle est out, proud, pro active et travaille à résoudre ce déficit de visibilité !

      La tonalité générale du documentaire n’est ni au moralisme donneur de leçon ni au frensh bashing/culpabilisation : tout s’articule implicitement me semble-t-il sur l’idée que la France est vendue comme un un grand pays de libertés, comme LE pays exemplaire de la liberté et de la fraternité et de l’égalité et que dans les faits après l’obtention de l’ouverture du mariage c’est un peu calme plat/chacun pour soi sur le front des revendications soutenues par un large socle. Même traitement en plus rapide pour la culture avec un classique rappel du passé glorieux de la capitale (où l’on évite le pataud « c’était mieux avant » -ouf !- pour un un peu vague « la scène est multiple et changeante », bof ?).
      L’idée générale est plus celle de moment de transition Vs moment d’effervescence bouillonnante, et tout ça procède d’un amical « qui aime bien châtie bien/c’est toujours dur d’être jugé selon les propres standards élevés qu’on est les premiers à brandir ».
      Au milieu de tout ça le sondage « 30% des homos seraient prêts à voter Fn » interroge justement le journaliste dans le sens du froncement de sourcil.
      Sans qu’il n’apporte d’élément de réponse à ce complexe « air du temps »qui n’a pas que des odeurs de fleurs épanouies et heureuses.

      En un mot : il y a sans doute une idée de communauté et de solidarité (politique/revendicative/…) à relancer et/ou à réinventer.
      C’est le message que j’en ai tiré, et qui m’agrée assez.

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    • Par Charade 28 Sep 2016 - 21 H 55
      Photo du profil de Charade

      Merci @friendlyfire pour cette mise au point avisée, ça fait plaisir de lire autre chose que des invectives !

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  • Par helene 03 Oct 2016 - 18 H 28
    Photo du profil de helene

    J’ai toujours trouvé ridicule de se revendiquer « radical ». C’est généralement une posture, trés peu pragmatique. Maintenant moi je ne suis toujours pas revenue de la façon dont une personne citée ici pour son radicalisme a fait circuler des images d’un ex ami trans avant sa torsoplastie sans lui demander… Elle s’est livrée à une chasse à l’homme trans qui a déchiré notre communauté demandant de l’exclure de partout tout en conservant des images de lui dans un de ses films commercial. Ce petit journaliste tout frais tout rose ne comprends pas grand chose à ce qui se passe. sa vision est people< ;

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