Bernard Bernier est mort après avoir été tabassé avec une violence extrême à l’été 2013. Son assassin présumé est jugé cette semaine aux Assises de l’Oise. Le Courrier Picard relate cette affaire avec une désinvolture qui laisse pantois.

«EMPLOYE MODELE LE JOUR, HOMOSEXUEL LA NUIT»
Il y a le titre: « la triste fin du petit homme gay ». « Petit » parce que la victime mesurait 1,55m. On nous apprend ensuite qu’il « menait une double vie : employé modèle de l’usine Godin le jour, homosexuel en soirée ». Bernard Bernier travaillait à l’usine Godin. « Il avait un bon copain et, pour les extras, se rendait discrètement à Saint-Quentin ». C’est près de la gare de Saint-Quentin, visiblement un lieu de drague homosexuel, que la victime est frappée à mort. Description élégante de l’article: « Après avoir été roué de coups, le visage de Bernard Bernier n’était plus que bouillie ». Jugez plutôt: «polytraumatismes,  séquelles neurologiques, infections pulmonaires et urinaires et dénutrition» qui l’ont lentement mené vers la mort, sans jamais reprendre conscience.» Il n’a jamais repris conscience et pourtant selon le journaliste, « Sur la fin, Bernard devenait méchant… »

La police locale en prend aussi pour son grade. Elle est qualifiée ironique d' »Experts-Saint-Quentin » pour avoir mis deux mois à arrêter le coupable présumé alors que ce dernier avait laissé une sacoche avec ses papiers d’identité à côté de la victime.

Ce n’est pas la première fois que Le Courrier Picard se montre plus que léger sur les sujets liés à l’homosexualité. Il y a deux ans, notre blogueur Numa Numantius avait recensé un certain nombre d’articles qui posaient problème (Lire Amiens – Mais quel est donc le problème du Courrier Picard avec les homosexuels ?)