Santé, VIH | 19.09.2016 - 15 h 12 | 3 COMMENTAIRES
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La France n’est plus le deuxième pays contributeur au Fonds mondial contre le sida

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François Hollande a décidé de ne pas augmenter la contribution française au Fonds mondial, malgré l'appel des associations.

@Fabien Guenot - Photo : Fabien Guenot

Les appels des associations auront été vains. Lors de la cinquième conférence triennale de reconstitution des ressources du Fonds mondial pour la période 2017-2019, qui s'est tenue ce week-end à Montréal, au Canada, la France a annoncé qu'elle n'augmenterait pas sa contribution (1,08 milliards d'euros). Cela signifie que le Royaume Uni, qui a accru son effort pour porter sa contribution à 1,1 milliard de livres (1,28 milliard d’euros) devient le deuxième pays donateur du Fonds.

Cette annonce n'a pas du tout plu aux associations, en particulier Aides et Coalition Plus, qui avaient lancé une campagne d'alerte il y a quelques semaines. Dans un communiqué commun, les associations font réagir Hakima Himmich, présidente de Coalition PLUS. « Nous sommes choqués de ce statu quo. Sous la Présidence de François Hollande [la France] refuse de participer à l’accélération de la riposte mondiale contre le sida. Il avait pourtant affirmé que la France voulait la fin de la pandémie et s’en donnerait tous les moyens».

PASSER A LA VITESSE SUPERIEURE
De son côté, Aurélien Beaucamp, président de Aides, estime que la France manque à l'appel. «En refusant d’augmenter la contribution de la France, le président abandonne à la mort des milliers de malades du sida sans traitement. C’est pourtant dès maintenant que la France doit passer à la vitesse supérieure si l’on veut débarrasser la planète de la pandémie.»

Plusieurs autres pays (l’Allemagne, l’Italie et le Canada notamment) ont annoncé des augmentations de leur contribution entre 20 et 35%. Les États-Unis, quand à eux, restent le premier pays donateur avec 4,3 milliards de dollars.

Si le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, s'est félicité de l'effort des pays riches, qui représentent 12,9 milliards de dollars sur trois ans et permettra de sauver des millions de vies, le compte n'y est pas. Pour inverser plus fortement la courbe des infections et des décès et atteindre l'objectif de mettre fin au sida, au paludisme et à la tuberculose, le Fonds a besoin d'augmenter ses ressources de 6,5 milliards d'euros par an, selon un rapport de l'Onu.

La France, qui depuis la création en 2002 du Fonds mondial avait joué un rôle pionnier et tenait une place de leadership dans cette bataille, se situe aujourd'hui en retrait.

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LES réactions (3)
  • Par Will 19 Sep 2016 - 15 H 39
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    La France a toujours un bon milliard de dollars de contribution d’avance sur le Royaume-Uni (5.7m$ contre 4.7m$ pour le RU).

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  • Par Act Up-Paris 19 Sep 2016 - 23 H 03
    Photo du profil de Act Up-Paris

    la réaction d’Act Up-Paris : http://www.actupparis.org/spip.php?article5536
    PARIS CAPITALE MONDIALE DE LA HONTE
    Stabilité de la contribution de la France au Fonds mondial de lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose : pour Hollande, ne pas reculer est une victoire ; pour nous un crime !

    Rien de surprenant côté français lors de l’annonce des contributions futures de chaque pays donateur pour cette cinquième reconstitution du Fonds mondial de lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose, organisée les 16 et 17 septembre, à Montréal : comme annoncé, et dénoncé, en juin dernier, le montant prévu par la France pour 2017-2019 sera le même que pour la période 2014-2016.
    L’autosatisfaction de la diplomatie française a ceci d’étonnant qu’elle s’appuie sur une mésinformation : cette stabilité fait perdre à la France son rang de second contributeur mondial, aux taux de changes actuels, remplacée par le Royaume Uni. Elle occulte surtout volontairement le fait que la France est le seul pays du G7 à ne pas augmenter sa contribution.
    Cette annonce est un signal catastrophique, alors même qu’en matière de sida, touTEs les acteurICEs s’accordent à pointer le risque, faute de financements supplémentaires, d’une nouvelle envolée de l’épidémie mettant à mal les biens maigres avancées obtenues ces dernières années. L’ONUSIDA parle de 7 milliards par an jusqu’à 2030, le Fonds mondial apportera lui 13 milliards, répartis sur les 3 prochaines années.
    Nous sommes révoltéEs et nous n’oublierons pas cette énième forfaiture du quinquennat d’Hollande.

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