Les appels des associations auront été vains. Lors de la cinquième conférence triennale de reconstitution des ressources du Fonds mondial pour la période 2017-2019, qui s’est tenue ce week-end à Montréal, au Canada, la France a annoncé qu’elle n’augmenterait pas sa contribution (1,08 milliards d’euros). Cela signifie que le Royaume Uni, qui a accru son effort pour porter sa contribution à 1,1 milliard de livres (1,28 milliard d’euros) devient le deuxième pays donateur du Fonds.

Cette annonce n’a pas du tout plu aux associations, en particulier Aides et Coalition Plus, qui avaient lancé une campagne d’alerte il y a quelques semaines. Dans un communiqué commun, les associations font réagir Hakima Himmich, présidente de Coalition PLUS. « Nous sommes choqués de ce statu quo. Sous la Présidence de François Hollande [la France] refuse de participer à l’accélération de la riposte mondiale contre le sida. Il avait pourtant affirmé que la France voulait la fin de la pandémie et s’en donnerait tous les moyens».

PASSER A LA VITESSE SUPERIEURE
De son côté, Aurélien Beaucamp, président de Aides, estime que la France manque à l’appel. «En refusant d’augmenter la contribution de la France, le président abandonne à la mort des milliers de malades du sida sans traitement. C’est pourtant dès maintenant que la France doit passer à la vitesse supérieure si l’on veut débarrasser la planète de la pandémie.»

Plusieurs autres pays (l’Allemagne, l’Italie et le Canada notamment) ont annoncé des augmentations de leur contribution entre 20 et 35%. Les États-Unis, quand à eux, restent le premier pays donateur avec 4,3 milliards de dollars.

Si le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, s’est félicité de l’effort des pays riches, qui représentent 12,9 milliards de dollars sur trois ans et permettra de sauver des millions de vies, le compte n’y est pas. Pour inverser plus fortement la courbe des infections et des décès et atteindre l’objectif de mettre fin au sida, au paludisme et à la tuberculose, le Fonds a besoin d’augmenter ses ressources de 6,5 milliards d’euros par an, selon un rapport de l’Onu.

La France, qui depuis la création en 2002 du Fonds mondial avait joué un rôle pionnier et tenait une place de leadership dans cette bataille, se situe aujourd’hui en retrait.