Dans le cadre de la prévention diversifiée, qui associe plusieurs outils de prévention (dépistage, PrEP, etc.), le préservatif constitue toujours une valeur sûre.

REMONTÉES NÉGATIVES
Depuis plusieurs années, l’Inpes (devenu Santé Publique France) achète des préservatifs pour les distribuer aux associations, afin que celles-ci les donnent directement au public dans leurs actions de prévention. Selon Act Up-Paris, qui a publié un communiqué le 13 septembre,  certains préservatifs externes feraient l’objet de remontées négatives. Il s’agirait des préservatifs standard de marque Jacket. «Contrairement aux préservatifs de la même marque de taille XL, sachet gris, ceux de taille standard craquent lors des pénétrations, de façon répétée dans le temps.»

L’association indique que ces problèmes ont fait l’objet d’alerte auprès de l’ex-Inpes et que des discussions ont eu lieu.

Contactée, Lucile Bluzat, chargée des actions de prévention homo à Santé Publique France, explique à Yagg que SPF n’a pas été alerté récemment par les associations. Elle reconnaît qu’en 2014, des associations avaient alerté sur des problèmes concernant des lots de préservatifs pour les travailleur.se.s du sexe (TDS). «J’ai effectué des maraudes avec les associations sur les lieux de prostitution et les TDS m’ont expliqué que les préservatifs distribués étaient trop fins. J’ai fait corriger ce problème par le fabricant à l’époque.»

Selon Lucile Bluzat, l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) n’a pas reçu de signalement récemment concernant ces préservatifs. Chaque année, les pouvoirs publics en achètent cinq millions, de différents types, afin de répondre aux besoins des publics visés (gays, bis, hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, TDS, jeunes, etc.). «C’est un budget qui n’a jamais baissé», affirme Lucile Bluzat.

Act Up-Paris pointe aussi d’autres problèmes liés à cette marque de préservatifs: «leur largeur réduite comparée aux préservatifs en vente libre et le manque de lubrifiant sur le préservatif empêchant un déroulement aisé». Des éléments qui sont loin d’être anecdotiques selon l’association qui souligne le risque de moindre usage.

Contacté, Phicogis, le distributeur des préservatifs Jacket était injoignable lors de la rédaction de cet article.