Dans le paysage du dépistage en France, l’autotest ne fait pas le poids si on le compare aux pratiques courantes. On estime que plus de 5 millions de tests de dépistage du VIH sont réalisés chaque année. Depuis son lancement, en septembre 2015, l’autotest est produit et distribué par la laboratoire AAZ, seul fabricant autorisé et CE, au rythme d’environ 2000 par semaine. Soit sur l’année écoulée un peu plus de 100 000 tests. Ce n’est pas anodin.

Selon une étude d’illicopharma, une pharmacie en ligne, la demande a été forte en septembre et octobre 2015 et depuis quelques mois, elle ne faiblit pas. Ce même distributeur avait mené mené une étude en mars 2016 qui montrait que 42% des acheteurs d’autotest n’avaient jamais effectué de dépistage auparavant. Parmi ces personnes, plus d’une sur deux déclarait qu’elle ne serait pas allée se faire dépister en centre de dépistage si l’autotest VIH n’avait pas été pas disponible en pharmacie. Huit pour cent des acheteurs ont commandé au moins deux autotests dans l’année.

Mais au prix public de 25 euros, l’autotest n’est pas accessible à toutes les bourses. C’est pourquoi la ministre de la Santé a accédé à la demande des associations de pouvoir délivrer gratuitement les autotests.

Un arrêté paru le 21 août au Journal Officiel doit permettre d’élargir leur disponibilité des autotests. L’arrêté précise quelles populations pourront en bénéficier gratuitement:

– les populations fortement exposées au risque de transmission du VIH et pour lesquelles des prises de risque à répétition sont identifiées. Pour ces personnes, l’autotest VIH peut servir pour réaliser un «dépistage intermédiaire» entre deux dépistages par sérologie ou par TROD [Test Rapide d’Orientation Diagnostic];
– les personnes qui ne veulent pas entrer dans le système actuel de dépistage ou qui sont réticentes à effectuer un dépistage;
– les personnes pour lesquelles l’accès aux services de soins est rendu particulièrement difficile du fait de leur situation de précarité administrative, socio-économique ou d’isolement géographique.