Culture & Loisirs, Télé | 07.09.2016 - 15 h 35 | 5 COMMENTAIRES
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«Dois-je vous appeler Monsieur ou Madame?»: la réponse de Jean-Louis Bory en 1977

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Les «blagues» LGBTphobes à la télévision ne datent pas d'hier. Invité de Philippe Bouvard, le romancier ouvertement gay Jean-Louis Bory doit répondre aux propos d'un neuropsychiatre particulièrement homophobe.

Dans les années 70, Jean-Louis Bory, écrivain, journaliste, critique cinématographique et scénariste, est régulièrement invité sur les plateaux télé dès qu'il est question d'homosexualité. Il est un des rares à avoir fait son coming-out et n'a pas sa langue dans la poche. Face aux «blagues» homophobes de ses contradicteurs, qui rappellent les propos tenus sur le plateau du Grand Journal à l'égard de Brigitte Boréale, ses répliques étaient brillantes.

«GRAND MALADE»
Ce jour de 1977, dans une émission présentée en deuxième partie de soirée par Philippe Bouvard, il est face à un neuropsychiatre de 51 ans, le Dr Henri Amoroso, qui publie un essai sur l'homosexualité au titre  pour le moins explicite: Un psychiatre vous juge. Amoroso y décrit Bory comme «un grand malade, enfermé dans sa névrose constitutionnelle». D'emblée, Jean-Louis Bory répond avec vigueur: «Je cherche déjà sous la table la camisole de force qu'il va me mettre à la sortie ou le scalpel avec lequel il va me lobotomiser une partie du cerveau ou, comme le faisait Hitler, le Triangle rose pour m'envoyer dans un camp de concentration.»

Mais le Docteur ne se démonte pas et lui lance: «Je ne voudrais savoir si je dois l'appeler Monsieur ou Madame?», ce qui provoque quelques rires gras dans la salle. «Oh, que c'est amusant! lui répond Jean-Louis Bory. Ça relève vraiment du chansonnier de bas étage. Vous prenez le débat à un niveau qui me laisse pantois. [Cette accusation] ne répond à aucune vérité physiologique et si vous voulez, je peux vous le montrer!»

«C'EST VOUS QUI DRESSEZ DES BARREAUX!»
Un peu plus tard dans l'émission, dont des extraits ont été inclus dans le documentaire D'Yves Jeuland, Bleu blanc rose, Amoroso le menace de le mettre derrière les barreaux, pour conclure sur un «bon mot»: Ça fera la cage aux folles. A ce moment-là, on perçoit que Jean-Louis Bory n'a plus du tout envie de plaisanter: «La véritable cage aux folles, c'est vous qui dressez les barreaux. C'est la honte, le secret, le malheur, la solitude. Et c'est des gens comme vous qui créent cette cage aux folles dont des tas de gens crèvent, dans les provinces. Je ne vous crains pas Mr Amoroso. Mais il y a des tas de gens qui meurent à cause de vous. Ces gens-là sont malheureux parce que des gens comme vous les traitent de névrosés et de psychopathes.»

Cette même année, Jean-Louis Bory tombe en dépression suite à une déception amoureuse. Et deux ans plus tard, il se donnera la mort. Vérification faite auprès de son cabinet, le Dr Henri Amoroso exerce toujours en tant que neuropsychiatre à Nice. Il est âgé de 91 ans.

Extrait de Bleu, Blanc, Rose, d'Yves Jeuland.


Bleu, Blanc, Rose - Histoire du Mouvement... par Gaylifefrance

 

Merci à Alice Coffin pour avoir repartagé cette vidéo.

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LES réactions (5)
  • Par sébastien 07 Sep 2016 - 17 H 45
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    Oui, comme vous le rappelez, il a fini par se suicider.
    Les gens comme ce psy ont fait, et font toujours, un mal fou.

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  • Par Wé 07 Sep 2016 - 18 H 41
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    Les spy sont bien souvent des gros malades d’ailleurs ils sont suivi par d’autres spy qui sont suivie par d’autres……..Un cercle infernal .
    Les choses non pas trop changé aujourd’hui comme beaucoup d’autres choses d’ailleurs,nous restons statique et nous nous lamentons (pour certains ) à longueur de journée.

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  • Par Vistemboire 07 Sep 2016 - 20 H 02
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    J’ai son roman, « Mon village à l’heure allemande », dans le vide-poches de ma voiture ; j’en lis un bout quand je dois patienter.
    Brillant.

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  • Par philippedecondey 08 Sep 2016 - 10 H 10
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    Les Jean-Louis Bory, les Roger Peyefitte, les André Baudry nous manquent cruellement aujourd’hui ! A la place, on a des guignols qui s’agitent avec des plumes au cul !

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