Les autotests permettant de connaître son statut sérologique vis-à-vis du VIH sont en vente libre depuis près d’un an. Mais les associations ont dénoncé son coût, chaque test coûtant 28 euros, ce qui en limite l’accès pour les populations défavorisées.

Un arrêté paru le 21 août au Journal Officiel devrait permettre d’élargir la disponibilité des autotests. Le ministère de la Santé autorise désormais les associations et le personnel médical à les distribuer. Mais l’arrêté précise quelles populations pourront en bénéficier gratuitement:

– les populations fortement exposées au risque de transmission du VIH et pour lesquelles des prises de risque à répétition sont identifiées. Pour ces personnes, l’autotest VIH peut servir pour réaliser un «dépistage intermédiaire» entre deux dépistages par sérologie ou par TROD [Test Rapide d’Orientation Diagnostic];
– les personnes qui ne veulent pas entrer dans le système actuel de dépistage ou qui sont réticentes à effectuer un dépistage;
– les personnes pour lesquelles l’accès aux services de soins est rendu particulièrement difficile du fait de leur situation de précarité administrative, socio-économique ou d’isolement géographique.

Pour les autres personnen demande de tests, il existe en effet plusieurs dispositifs dont les tests rapides et le dépistage classique en laboratoire ou dans les centres agréés.

Pour bénéficier de l’autotest gratuit, les personnes doivent participer à un entretien individuel (soit dans les locaux de la structure, soit par téléphone ou Internet).
Si le résultat d’un autotest est négatif, et sauf en cas de risque réel d’exposition, il n’y a pas de suivi supplémentaire. En cas de résultat positif, un test de dépistage classique sera exigé pour le confirmer et mettre en place une prise en charge adaptée.
Cette nouvelle approche allie la liberté des personnes à effectuer elles-mêmes le test, mais avec la possibilité d’un accompagnement, ce qui peut se révéler très utile en cas de découverte de séropositivité.
Ne pas oublier que l’autotest a ses limites, en particulier la fenêtre de séroconversion d’une durée de trois mois (contre quelques semaines pour les tests classiques). Cela signifie que toute contamination éventuelle survenue dans les trois mois avant la réalisation de l’autotest ne sera pas détectée.

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