Le 39e Festival de cinéma de Douarnenez (Gouer Al Filmou Douarnenez en breton), un des plus originaux rendez-vous de l’été, propose cette année d’explorer la diversité culturelle « des Turquies ». Pour cela, comme il est écrit dans la présentation du programme, «le Festival questionnera l’histoire et le présent de la Turquie contemporaine, les violences d’hier et d’aujourd’hui et s’attachera à souligner les influences réciproques, le dialogue et le « vivre ensemble »».

Au sein de la sélection émergent quatre films sur la vie des personnes LGBTQI en Turquie. Une plongée d’autant plus intéressante du fait de l’actualité récente et des menaces graves qui pèsent sur ces communautés. La semaine dernière, Yagg et les médias du monde entier ont relaté le meurtre de la militante trans Hande Kader, retrouvée le corps brûlé dans un quartier d’Istanbul. Cette transphobie meurtrière est le propos de trois films présentés à Douarnenez: Trans X Istambul, La Terreur transexuelle, dans la catégorie documentaire, et Köpek dans la catégorie fiction.

Trans X Istambul, de Maria Binder (projeté le 25 août à 11 heures), dresse le portrait d’Ebru, une trans d’Istanbul qui se bat contre les meurtres et les déportations de ses ami.e.s Des centaines de femmes transsexuelles vivent dans les grandes villes de Turquie. Depuis 2009, le nombre d’assassinats de personnes trans a augmenté. Même si les crimes commis envers cette communauté font l’objet d’enquêtes policières et de procès, les auteurs évitent en général les poursuites.

La Terreur transexuelle reprend un gros-titre paru dans la presse en Turquie. Ce documentaire, réalisé par un militant de l’association LGBT Turque Lambdaïstanbul, analyse les mécanismes de la transphobie, en particulier le rôle joué par les médias turcs. Ce film est projeté le 25 août à 20 heures, avant le grand débat spécial LGBTQI en Turquie : entre solidarités et répression le combat des LGBTI en Turquie aujourd’hui.

Köpek, d’Esen Isik, est une fiction sur le destin croisé de trois Stanbouliotes, dont une femme trans.

Les deux autres films de cette sélection abordent les thématiques des relations parents d’enfants homos (Mon enfant, projeté le 24 août à 16 heures) et la vie des personnes intersexes en Turquie (Ce que nous sommes: intersexes, projeté le 23 août à 17 heures).

Pour découvrir la programmation (horaires et lieux), rendez-vous sur la grille horaire du Festival.

A noter que le film de Sébastien Lifshitz consacré aux derniers jours de la militante féministe Thérèse Clerc, Les Vies de Thérèse, est présenté ce soir en avant-première (lire aussi l’interview que le réalisateur avait accordée à Yagg en février 2016).