Ces Jeux Olympiques de Rio s’étaient ouverts sous les meilleurs auspices: du jamais-vu au regard du nombre d’athlètes LGBT out participant à la compétition, un baiser entre deux hommes porteurs de la flamme olympique, et la mannequin trans Lea T en tête de la délégation brésilienne, lors de la cérémonie d’ouverture. Ces olympiades s’annonçaient riches en émotions… et elles n’ont pas déçu: des coming-out, des demandes en mariage, des médailles, mais aussi des scandales… Yagg vous fait le récap’ de tout ce qu’il faudra retenir des JO de Rio.

DES MÉDAILLES ARC-EN-CIEL
Caster Semenya a dominé le 800 mètres et remporté l’or ce week-end. Une victoire au parfum de revanche pour la Sud-africaine qui avait fait l’objet de soupçons de dopage et avait été attaquée sur son physique jugé «trop masculin».

Quatre ans après Londres, la boxeuse britannique ouvertement bisexuelle Nicola Adams a de nouveau remporté l’or dans la catégorie des – de 51 kg, face à la Française Sarah Ourahmoune.

L’équipe de basket américaine a raflé la médaille d’or face à l’Espagne. Les quatre joueuses out Brittney Griner, Angel McCoughtry, Seimone Augustus et Elena Delle Donne – qui avait fait son coming-out juste avant les Jeux – étaient sur le podium pour savourer la victoire.

Tom Daley et Dan Goodfellow ont remporté le bronze dans l’épreuve du plongeon synchronisé. En solo, Tom Daley, n’a pas réussi à monter à nouveau sur le podium, partant pourtant comme l’un des favoris.

Elles sont devenues le tout premier couple de même sexe marié à obtenir une médaille, les hockeyeuses sur gazon Kate et Helen Richardson-Walsh étaient sur la première marche du podium, après un match très serré face aux Pays-Bas.

L’équipe néerlandaise, qui a donc obtenu la médaille d’argent, compte d’ailleurs les joueuses ouvertement lesbiennes Maartje Paumen et Carlien Dirkse Van Den Heuvel.

Les cavaliers britanniques Carl Hester et Spencer Wilton ont décroché la médaille d’argent en dressage par équipe.

Malgré la détermination de la scoreuse Alexandra Lacrabère (en bas à droite), l’équipe de France de handball n’est pas parvenue à battre la Russie en finale. Les Bleues se sont néanmoins consolées avec l’argent.

C’est au lancer de javelot que l’athlète sud-africaine ouvertement lesbienne Sunette Viljoen a remporté la médaille d’argent.

Non contente de rafler la médaille d’or, la judokate brésilienne Rafaela Silva en a profité pour évoquer pour la première fois dans les médias sa compagne.

Elle a obtenu la médaille d’argent aux 10 km nage libre (malgré une polémique autour de la disqualification de la nageuse française Aurélie Muller), l’Italienne Rachele Bruni a, elle aussi, fait son coming-out.

ILS ET ELLES SE SONT DIT «OUI» À RIO
C’est une des images les plus touchantes de ces JO, la demande en mariage de Marjorie Enya, volontaire pour les Jeux, à sa compagne Isadora Cerullo, joueuse dans l’équipe de rugby à 7 du Brésil.

Pas de médaille pour Tom Bosworth, mais l’immense satisfaction d’avoir battu le record de la Grande Bretagne aux 20 km marche… et celle d’avoir demandé en mariage son compagnon pendant ses Jeux.

OUTING AU VILLAGE OLYMPIQUE
Le site d’informations The Daily Beast a été au centre d’une tempête médiatique après la publication d’un article outant une dizaine de sportifs du Village Olympique. Plusieurs athlètes ouvertement gays sont montés au créneau pour dénoncer les méthodes dangereuses et irresponsables du journaliste Nico Hines. La rédaction du Daily Beast a modifié l’article, puis l’a finalement retiré, et a présenté des excuses.

UN PROGRÈS À DOUBLE TRANCHANT?
Plus de visibilité LGBTI lors de ces Jeux Olympiques… mais aussi plus d’homophobie? Certains incidents sont malheureusement à déplorer. Plusieurs joueuses de football ont été insultées par les supporters lors des matchs à Rio. Le terme «Bicha» (l’équivalent de «pédé») a été entendu à de nombreuses reprises dans les tribunes lors des matches Etats-Unis / Nouvelle Zélande et Canada / Australie, en visant plus particulièrement les joueuses ouvertement lesbiennes

Du côté des commentateurs/trices, on a assisté à quelques grands moments d’homophobie décomplexée, comme lorsque Chris Marlowe de la chaîne NBC a désigné à l’antenne la compagne de la volleyeuse brésilienne Larissa França comme son «mari». On notera aussi un titre particulièrement déplaisant du Daily Mail appelant les plongeurs Chris Mears et Jack Laughton à se conduire «comme des hommes».

TROIS FEMMES QUI ONT MARQUÉ LES JEUX
Plusieurs athlètes sont devenues de puissantes sources d’inspiration au cours de ces Jeux, et cela pas seulement pour leurs performances, mais aussi pour ce qu’elles représentent en tant que sportives:

Elle n’a pas remporté de médaille, mais sa présence à Rio était tout un symbole: la nageuse syrienne Yusra Mardini, 18 ans, était sélectionnée aux Jeux, un an après avoir fui Damas. Demandeuse d’asile en Allemagne, elle a participé à la compétition au sein de l’équipe des sportifs et sportives réfugié.e.s.

Durant ces Jeux, la nageuse chinoise Fu Yuanhui a brillé par sa spontanéité totalement rafraîchissante. Remarquée pour ses grimaces, ou pour sa réaction incrédule lorsqu’elle apprend par la journaliste qui l’interviewe qu’elle a décroché le bronze aux 100 mètres, elle a aussi brisé un tabou du sport à l’antenne, affirmant que ses règles avaient pesé sur sa condition physique et provoqué une performance décevante.

Avec ses cinq médailles olympiques, l’Américaine Simone Biles a conquis le public, bien au-delà des États-Unis. A 19 ans, elle a marqué la compétition avec des enchaînements acrobatiques particulièrement audacieux au point d’être comparée à la Roumaine Nadia Comaneci, qui avaient bouleversé les JO de 1976. Sa sincérité et son franc-parler ne font que la rendre plus attachante: «Je ne suis pas la prochaine Usain Bolt ou Michael Phelps, je suis la première Simone Biles», a-t-elle déclaré. Même Zac Efron a fait le déplacement pour rencontrer la jeune gymnaste, qui ne cache pas son admiration pour lui.

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