Elle s’est fait connaître dès son premier roman, Le Rempart des béguines, l’histoire d’amour passionnel entre une adolescente de 15 ans et une femme plus âgée, publié en 1951 sous pseudonyme à l’âge de 21 ans. La romancière franco-belge Françoise Mallet-Joris s’est éteinte ce samedi 13 août. Elle était aussi l’auteure de L’empire céleste en 1958 et de La Maison de Papier en 1970. Elle avait été membre de l’Académie Goncourt jusqu’en 2011.

Le Rempart des béguines reste l’œuvre la plus marquante de sa carrière, notamment en raison du scandale provoqué à sa sortie. «Je n’avais pas l’impression de faire quelque chose qui aurait une suite ou une conséquence ce qui donnait une grande liberté d’esprit», confia Françoise Mallet-Joris lors d’une interview par l’écrivain belge Jacques de Decker en 2004. «Je ne me rendais pas du tout compte que ça allait faire le moindre bruit.» Aujourd’hui encore, son roman n’est pas perçu comme le récit d’un amour lesbien entre Hélène et Tamara, mais davantage comme l’histoire d’une quête de soi. «Je n’avais pas vu ça sous un angle spécifiquement homosexuel, mais comme le rapport d’un enfant avec un adulte […] Je voyais cet affrontement, qui n’était pas entre deux adultes.» Le Rempart des béguines a été adapté au cinéma en 1972 par Guy Casaril.

Françoise Mallet-Joris était aussi une auteure aux convictions profondément féministes, comme l’a rappelé le journaliste Pierre Assouline: «Ce n’était pas qu’une romancière pour femmes, contrairement à ce que l’on a pu dire en raison de ses engagements féministes».

Mariée à plusieurs reprises, Françoise Mallet-Joris a aussi longtemps été la compagne de la chanteuse de variétés et compositrice ouvertement lesbienne Marie-Paule Belle. «Je lui dois tout… Je suis née une deuxième fois grâce à elle», a déclaré cette dernière à l’AFP.