Début août, l’association Le Refuge, qui vient en aide aux jeunes LGBT en situation d’exclusion, a tiré la sonnette d’alarme en révélant sur son compte Twitter une hausse préoccupante de son nombre de demandes.

Joint par Yagg, Frédéric Gal, directeur général de l’association, analyse ce phénomène: «D’abord, il faut savoir que ce n’est pas une situation nouvelle, tempère-t-il. Mais ce qui est surprenant aujourd’hui, c’est que ça arrive pendant l’été.»

Selon lui, durant cette période de l’année, les jeunes en difficulté mis à la porte après leur coming-out, peuvent trouver des échappatoires auprès de leurs ami.e.s, ou peuvent envisager de dormir dehors dans des conditions moins difficiles qu’en hiver. «Les années précédentes, on a vu que nos chiffres repartent en septembre, mais aujourd’hui, nous sommes au même niveau que pendant le reste de l’année.»

PLUS VISIBLE, DONC PLUS DEMANDÉE
La meilleure visibilité de l’association peut aussi jouer un rôle dans cette augmentation. Connue auprès du grand public notamment grâce à des campagnes d’envergure, bénéficiant de soutiens médiatiques importants, l’association est logiquement de plus en plus sollicitée. «Actuellement, la ligne d’urgence fonctionne bien. Nous n’avons pas forcément les moyens d’apporter une solution à chaque personne qui nous contactent, mais nous avons un haut niveau d’écoute.» Aujourd’hui, ce sont 300 bénévoles et 15 salarié.e.s qui œuvrent pour Le Refuge. «Ce n’est jamais assez», constate Frédéric Gal, et nous avons besoin d’une mobilisation des pouvoirs publics.»

LA FAMILLE, UN CONTEXTE OÙ L’HOMOPHOBIE EST ENCORE PRÉSENTE
Les chiffres du Refuge et cette augmentation singulière montre que la famille reste un contexte où les LGBTphobies n’ont pas disparu: «C’est un terrain très particulier, confirme Frédéric Gal, car c’est un environnement qui devrait être protecteur pour des jeunes qui sont parfois déjà brimé.e.s à l’école. C’est ce qui est le plus dérangeant.» Dans son dernier rapport publié en mai dernier, SOS homophobie a recueilli 1318 témoignages d’actes LGBTphobes durant l’année 2015, dont 14% proviennent de la famille et de l’entourage proche (juste derrière internet et les réseaux sociaux qui concernent 20% des témoignages).

Plus que jamais, Le Refuge poursuit ses actions d’accompagnement et d’aides auprès des jeunes LGBT rejeté.e.s par leur famille et ce, en tentant de couvrir l’ensemble du territoire. Nous avons ouvert une nouvelle antenne en France à Grenoble et nous avons des projets dans l’ouest, ainsi qu’en Guyane. Tout cela, en continuant à consolider ce qui existe déjà.»

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