France, Plus | 30.06.2016 - 13 h 13 | 3 COMMENTAIRES

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Louis-Georges Tin: «Racisme et homophobie: Il faut penser ces questions ensemble, parce que souvent les solutions se trouvent ensemble»

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Entretien avec Louis-Georges Tin, fondateur du Cran et de la journée mondiale contre les LGBT-phobies.

Louis-Georges Tin. - Photo : Xavier Héraud

Yagg: Pouvez-vous nous parler de votre enfance et des principales dates de votre parcours militant?

LGT: Dans mon enfance, ce qui me marque, c'est la forte présence de la question noire. Ma mère était prof d'anglais, mon père prof de maths. Dans le quartier et dans la famille où je suis, on est très conscient des questions de racisme, de colonialisme, de békés - les descendants des esclavagistes. Tout ça, c'est très présent dans ma famille, il n'y a pas de date précise, mais c'est très présent dans ma culture familiale, notre culture martiniquaise.
Les questions d'homosexualité en revanche, c'est l'inverse. Jusqu’à ce que je quitte la Martinique, je pense n'avoir jamais rencontré de personne homo déclarée. Des homos, il y en avait forcément. Mais j'étais persuadé que ça n'existait pas, pour dire les choses franchement, avant de voir les premières revues homo, à Fort-de-France, où j'étais interne à partir de 14 ans. J'ai vu Gai Pied, ça m'a intéressé. Je me suis cultivé comme ça d'abord, mais jusqu'alors, vraiment, c'était le désert total, en apparence.
Quand j'arrive à Paris en 1991, pour mes études, à dix-sept ans je contacte le Mag. J'avais vu le nom de l'association dans des numéros de Gai Pied. Ca m'a beaucoup plu. Je me suis concentré sur mes études, mais je me suis promis d'y revenir lorsque j'aurais plus de temps. Ça, c'était un premier contact militant. Deux ans plus tard, en 1993, lorsque j’ai intégré l'Ecole Normale Supérieure, j'ai eu plus de temps, je pouvais militer. Avec des amis, on a participé à la gay pride - on disait pas inter-LGBT à l'époque.  J'ai fait partie de la cellule de communication de la gay pride pendant un an. J'ai fréquenté un peu aussi le Mag pendant une année. A l'intérieur même de Normale Sup, j'ai suivi le séminaire d’Éric Fassin, qui portait sur les questions sexuelles et raciales. Ca a été très formateur pour moi. Éric, qui aujourd'hui est un ami, était un enseignant que je suivais. D'ailleurs, je n’étais pas dans son séminaire à titre scolaire parce que lui était en sociologie, et moi j'étais en littérature, mais les séminaires sont ouverts. Je me suis donc formé à la fois en tant que militant au sein de la gay pride, et en tant que futur universitaire ou futur intellectuel, auprès d’Éric Fassin. Ce qui me plaisait, c'est qu'il faisait le lien entre sexisme, homophobie et racisme. Donc évidemment, je me suis senti concerné.


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LES réactions (3)
  • Par helene 30 Juin 2016 - 16 H 25
    Photo du profil de helene

    quel plaisir à lire…Moi j’ai l’impression qu’au Fhar le modéle c’étaient les noirs americains. Personnellement j’ai plus appris dans Baldwyn que dans Judith Butler et Foucault. Nous avons repris plein de termes issus de leur lutte, la lutte contre les stéréotypes, les « rôles modéles » « l’insulte réapropriée »…C’est amusant de voir qu’aujourd’hui ça circule dans l’autre sens.

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  • Par FriendlyFire 30 Juin 2016 - 22 H 43
    Photo du profil de

    La question de la convergence des luttes et des intersections de domaines peut donner lieu à de longues et épuisantes conversations quand chacun en reste au niveau théorique abstrait.
    Elle reprend en revanche tout son sens quand elle est incarnée comme ici dans un parcours et dans une pensée.
    Je suis fermement convaincu que l’avenir appartient à ceux qui décloisonnent leurs neurones.
    Merci pour ces éléments de témoignage militant et inspirant

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  • Par Phan Bigotte 06 Juil 2016 - 20 H 19
    Photo du profil de Phan Bigotte

    En attendant que ce M. Louis-Georges Tin continue de chercher plusieurs centaines de milliers d’euros de subventions publiques :  » Il fallait chercher ensuite les financements. […] Là où ça a coincé, c’est au niveau du ministère de la Culture qui n’était pas du tout d’accord pour donner de l’argent. Même quand ensuite, François Hollande a été élu, la réponse est restée négative. »
    =====>
    Depuis 15 ans, avec leurs seuls moyens personnels, les bénévoles de l’Académie Gay & Lesbienne ont acquis, collecté et recueilli plusieurs dizaines de milliers (environ 300 mètres cube) de documents sur l’homosexualité, la bisexualité et la transidentité, ainsi que le genre, le sexe, la sexualité et le sida…
    http://www.archiveshomo.info/academie/press-book/press-book.htm
    =====> =====>
    Aujourd’hui, le fonds du Conservatoire des Archives et des Mémoires LGBT de l’Académie Gay & Lesbienne est considéré comme le plus grand rassemblement de documents LGBT et sur les LGBTI en France par son volume et sa diversité :
    http://www.archiveshomo.info/academie/pressbook/archives_lgbt_en_france_2013.pdf
    =====> =====> =====>
    Notre association (non subventionnée) Académie Gay et Lesbienne demande seulement un grand local à Paris (et non 750.000 euros de subventions publiques par an) pour pouvoir mettre gratuitement et rapidement toutes ses collections d’archives et de documents LGBT (dont plusieurs grands fonds d’archives historiques qui ont été sauvegardés) à la disposition du public, notamment des parisiennes et des parisiens :
    http://www.mesopinions.com/petition/droits-homme/demande-local-parisien-disposition-public-mettre/11287
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