Dimanche matin, Yagg vous informait que le parcours de la Marche des fiertés de Paris initialement prévu pour aller de Montparnasse à Bastille était en passe d’être sérieusement raccourci. Selon nos informations, un nouvel itinéraire reliant la place du Châtelet à la place de la Bastille, en passant par les quais et en remontant sur le boulevard Henri IV, était en passe d’être validé. Un parcours étonnant puisque réduit de plus de la moitié par rapport au tracé habituel (à peine 2 km, contre presque 5 comme chaque année).

UN PARCOURS CONSIDÉRABLEMENT RÉDUIT
Si l’Inter-LGBT n’a pas souhaité confirmé cette hypothèse hier, elle vient de publier ce matin un communiqué sur le nouveau trajet, dans lequel elle explique avoir collaboré durant deux semaines avec la Préfecture de police pour mettre en place ce nouveau parcours. L’interassociative annonce que le départ s’effectuera finalement sur le quai du Louvre et non place du Châtelet. Le parcours est donc «allongé» d’environ 500 mètres. L’arrivée de la Marche s’effectuera toujours place de la Bastille, où sera installé un podium pour des concerts et des DJ sets. Une décision qui vise à «assurer un dispositif de sécurité optimal», rappelle l’Inter-LGBT.

Contacté par Yagg ce matin, le service presse de la Préfecture de Police assure que le tracé du parcours «est toujours à l’étude», la direction de l’ordre public et de la circulation (DOPC) devant encore travailler sur la question. Toujours selon le service presse, le communiqué de la Préfecture sur le nouveau parcours doit être rendu public dans le courant de la semaine, mercredi ou jeudi au plus tard.

En fin de semaine dernière, le ministère de l’Intérieur avait fait une proposition à l’Inter-LGBT, un report de la Marche des fiertés à une date ultérieure à l’Euro 2016. Les associations ont refusé en bloc cette tentative.

DES ASSOCIATIONS EN COLÈRE
Depuis hier, des associations réagissent et dénoncent ce qu’elles perçoivent comme des manœuvres pour affaiblir la Marche des fiertés: «Depuis plus de deux semaines, le Gouvernement par l’intermédiaire du ministère de l’Intérieur ainsi que la préfecture de police de Paris font pression pour que l’Inter-LGBT annule la Marche des Fiertés de Paris en faisant l’odieux chantage qu’ils n’ont pas les forces de police nécessaires pour assurer la sécurité des marcheuses et des marcheurs face aux menaces terroristes, s’indigne par exemple Acthe. La menace terroriste est présente, mais elle l’était déjà bien avant l’attentat LGBTphobe d’Orlando et oui, les personnes LGBT+ sont des cibles pour les crimes de haines.»

Le Parti de Gauche, qui fait partie de l’Inter-LGBT, déplore aussi les rebondissements de ces derniers jours: «Nous critiquons l’attitude du ministère de l’Intérieur et de la préfecture de police de Paris qui ont commencé par déplacer la date de la marche parisienne qui a lieu depuis des décennies le dernier samedi de juin, à cette date du 2 juillet, pour finalement — sous prétexte d’Euro de football et de manque d’effectifs exténués par les consignes de répression du mouvement social contre la loi Travail — demander à l’Inter-LGBT d’annuler la Marche à seulement 9 jours de l’évènement (pour la reporter hypothétiquement à septembre!). Au final, à 7 jours, la Préfecture de police a de facto interdit la Marche 2016 selon le parcours habituel entre Montparnasse et Bastille (4,6 km) déposé depuis plusieurs mois, pour imposer un parcours plus court de 2,5 km le long des quais, rive droite, au départ de quai du Louvre.»