Sommaire

Les hommages de la semaine: Orlando, toujours
Les prises de position de la semaine: Des athlètes LGBT contre les armes
Le coup de gueule de la semaine: Dans le placard, Ashlyn Harris?
La une de la semaine: Amelia Gapin, athlète trans, en une de Women’s Running
Les corps de la semaine: Des athlètes LGBT dans le Body Issue d’ESPN
La rencontre de la semaine: Joanna Lohman sur Women’s Soccer France
L’absent de la semaine: Pas de match pour Robbie Rogers lors de la Pride Night
Le t-shirt de la semaine: La fierté de Brittney Griner
La réponse de la semaine: Non, les lesbiennes ne nuisent pas au football, au contraire
La joie de la semaine: Jessica Fishlock, ravie de la qualification du Pays de Galles en huitièmes à l’Euro masculin
Le chiffre de la semaine: Des sportives dans les journaux télévisés?
La révolution de la semaine: Une ligue féminine pour le footie australien

LES HOMMAGES DE LA SEMAINE
Les hommages se poursuivent dans le monde, en mémoire des 49 victimes de l’attentat homophobe du Pulse, le 12 juin. En ce mois de Pride, aux États-Unis, le sport et de nombreux protagonistes sont dans le même ton. Lors du quart de finale de la Copa America contre l’Équateur, le capitaine de l’équipe masculine de football des États-Unis, Michael Bradley, a arboré un brassard arc-en-ciel. Il est remercié par sa collègue de l’équipe nationale féminine Megan Rapinoe et par Lori Lindsey, aujourd’hui retraitée:

L’équipe a aussi publié la vidéo ci-dessous pour affirmer son soutien aux victimes et à la communauté LGBT:

Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur One Nation.

De leur côté, les baseballeurs des Tampa Bay Rays, en Floride, ont récolté 300 000 dollars pour le fonds d’aide aux victimes. L’équipe s’est présentée sur le terrain, vendredi 17 juin, avant le match de championnat contre les Giants de San Francisco, avec des t-shirts frappés du logo arc-en-ciel «We are Orlando»:

Rob Manfred, commissaire de la Ligue majeure de baseball qui régit le championnat, a exprimé son soutien à la communauté LGBTn indiquant qu’elle «fait partie de la communauté du baseball»:

Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur Commissioner Manfred’s Orlando message

Sur la plage de Venice, à Los Angeles, en Californie, le bobsleigheur australien Simon Dunn s’est recueilli devant un mémorial installé sur le sable:

Dans le championnat américain féminin de football, la rencontre entre le Washington Spirit et l’Orlando Pride (2-0), vendredi 17 juin, a été arrêtée quelques instants à la 49e minute, en hommage aux victimes, sous les applaudissements:

Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur Washington Spirit vs. Orlando Pride

Ali Krieger, qui assure la défense du Spirit, a joué les ongles vernis en rainbow, en mémoire des victimes du Pulse:

I'm Proud to play for a greater purpose. Tonight we honor the lives that were lost. #OrlandoUnited!!

Une photo publiée par Ali Krieger (@akrieger11) le

Pour «honorer les vies que nous avons perdues», écrit l’internationale américaine.

 

LES PRISES DE POSITION DE LA SEMAINE
Jason Collins, lui, ne décolère pas sur le refus, par le Sénat américain, de durcir les lois sur les armes à feu. Le basketteur aujourd’hui à la retraite prend part à l’indignation des réseaux sociaux sur les révélations selon lesquelles les sénateurs/trices qui ont voté contre les propositions de loi plus restrictives, auraient été payés par la puissante National Rifle Association (NRA), l’association des détenteurs/trices d’armes à feu. Il retweete et encourage:

Billie Jean King est du même avis, qui salue John Lewis:

L’élu démocrate, figure du mouvement des droits civiques des années 1960, à la Chambre des Représentants a entraîné ses collègues dans un sit-in historique pour obtenir des Républicains un vote sur les armes à feu. La séance a finalement été levée jusqu’au 5 juillet, mais les démocrates n’abandonnent pas.

 

LE COUP DE GUEULE DE LA SEMAINE
La gardienne de but de l’équipe des Orlando Pride qui évolue dans le championnat américain, Ashlyn Harris fait partie de ceux et celles qui multiplient les hommages ou les témoignages. À la veille du match de son équipe en déplacement chez les Washington Spirit (lire plus haut), elle a encouragé les fans à remplir le stade des couleurs arc-en-ciel:

«C’est jour de match mes ami.e.s et quelle que soit l’équipe que vous soutenez, ce soir j’espère voir une mer d’arcs-en-ciel.»

Un engagement qui a dû lui valoir quelques remarques car elle a twitté sèchement:

«Ma vie privée est ma vie privée. Elle est à moi. Pas à vous. Ce n’est pas être “dans le placard”, c’est respecter mes priorités. C’est clair?!»

C’est elle qui a relancé le jeu, vendredi, après l’hommage de la 49e minute.

 

LA UNE DE LA SEMAINE

Amelia Gapin est runneuse. Elle est la première femme trans à apparaître sur la couverture du magazine américain Women’s Running et c’est historique.

En 2015, elle avait été l’une des huit finalistes sélectionnées parmi 3000. Elle avait été élue par un vote en ligne.
Son histoire ressemble à celle d’Aydian Dowling, le bodybuilder trans’ qui avait été l’un des cinq finalistes pour la couverture de Men’s Health de novembre 2015.

Lors de son accession en finale, Amelia Gapin soulignait: «Bien sûr, une couverture de magazine ne va pas changer le monde mais Women’s Running est un magazine d’importance et publier une athlète trans’ à sa une serait assez génial. Ce serait une prise de position». C’est désormais chose faite pour l’athlète qui raconte que la course à pieds l’a beaucoup aidée pendant sa transition.

Après avoir partagé la couverture, Amelia Gapin a twitté un mantra bien connu:

«Je ne lirai pas les commentaires»…

 

LES CORPS DE LA SEMAINE
Greg Louganis et Chris Mosier figurent parmi les athlètes choisi.e.s pour se déshabiller dans le célèbre Body Issue d’ESPN cette année. À 56 ans, le premier, Le quadruple champion olympique, ouvertement gay et ouvertement séropositif, sera le plus âgé. Le second entrera dans l’histoire en tant que premier athlète trans à apparaître dans le Body Issue.

«Je voulais vraiment être dans le Body Issue, a expliqué Chris Mosier au site LGBT américain Outsports. C’était une nouvelle façon de me sortir de ma zone de confort et de repousser mes limites. Mais c’était aussi une façon de tourner une certaine page de mon histoire. J’ai eu du mal à assumer mon corps pendant longtemps. Avant et pendant ma transition, le sport et le fitness me servaient à manipuler mon corps et à me sentir plus connecté à lui, ce qui était important parce ce que je voyais dans le miroir n’était pas le corps dans lequel je pensais grandir. J’ai ce corps, à présent. Il m’a simplement fallu un peu plus de temps

 

LA RENCONTRE DE LA SEMAINE
Sur Women’s Soccer France, un entretien au long avec Joanna Lohman, milieue de terrain défensive au Washington Spirit. Ouvertement lesbienne, elle milite pour les droits LGBT: «J’ai toujours été à l’aise avec l’idée d’être out et d’accepter ce que je suis, explique-t-elle. J’ai eu la chance d’être acceptée dès le départ. Les fans m’ont toujours soutenue pour ce que je suis. Je pense que les gens sont aussi heureux de voir qu’il y a des pionnières qui aident à faciliter les choses pour les prochaines générations. Mais chaque personne a une histoire particulière et personnelle à propos du coming-out».

 

L’ABSENT DE LA SEMAINE

Robbie Rogers n’a pu participer au match des Los Angeles Galaxy contre les Colorado Rapids, mercredi 22 juin. Le défenseur américain a dû subir une opération à la cheville qui va le tenir éloigné des terrains. Mais Robbie Rogers était là pour répondre aux questions des fans et signer des autographes. Il a aussi salué la façon dont le club lui a ouvert les bras et l’a aidé à trouver sa place et à ne pas se senitr simplement comme «un footballeur gay»:

Car mercredi, chez les Los Angeles Galaxy, c’était la Pride Night, la troisième du nom, «pour célébrer la communauté LGBTQ», indique le club sur son site internet. Les deux équipes ont fait match commentaires.

LE T-SHIRT DE LA SEMAINE

#BETRUE #NIKE #LOVE #MERCURY #BASKETBALL

Une photo publiée par BrittneyGriner (@brittneygriner) le

La basketteuse américaine Brittney Griner arbore fièrement ses couleurs.

 

LA RÉPONSE DE LA SEMAINE
Cela faut aussi du bien de répondre à l’insulte par l’humour. L’insulte? Le vice-président de la Fédération nigériane de football a expliqué, le 11 juin, que la non-qualification de l’équipe féminine – pourtant l’une des meilleures du continent – pour les Jeux olympiques de Rio (5-21 août) été due aux relations homosexuelles des joueuses. «Le lesbianisme tue les équipes», a déclaré Seyi Akinwunmi devant des journalistes, rapporte Jeune Afrique.

Sur le site australien SBS, Erin Byrnes explique qu’effectivement les lesbiennes «tuent» le jeu, jouant sur l’expression «killing it» que l’on peut traduire par «ça déchire». Preuves à l’appui, les cheveux de Megan Rapinoe, ses buts, ses facéties, mais pas que.

Cette stigmatisation n’est pas une première au Nigéria. En 2013, a présidente de la Ligue féminine de football au Nigeria, avait annoncé officiellement que les joueuses lesbiennes ne seraient plus admises dans les clubs et dans la sélection nationale, provoquant de nombreuses protestations.

«L’État nigérian applique une répression forte vis-à-vis de l’homosexualité, interdite par la loi et passible d’une peine de 14 ans d’emprisonnement depuis janvier 2014, indique Jeune Afrique. Les militants des droits LGBT dénoncent l’une des lois “les plus homophobes du monde”. Le gouvernement nigérian, lui, rétorque que cette loi est soutenue par 90% de la population».

 

LA JOIE DE LA SEMAINE
À l’Euro masculin de football qui se dispute en France jusqu’au 10 juillet, le Pays de Galles – vainqueur, lundi 20 juin de la Russie (3-0) – a terminé premier de son groupe qualificatif et participera donc aux huitièmes de finale, pas mal pour une première en phase finale de la Coupe d’Europe. Jessica Fishlock, collègue de l’équipe féminine, est extatique:

Le Pays de Galles n’avait auparavant été qualifié qu’une seule fois en phase finale d’une compétition majeure, lors de la Coupe du monde 1958 où il s’était hissé en quarts de finale.

 

LE CHIFFRE DE LA SEMAINE
De meilleurs résultats, des stades qui se remplissent un peu mieux, mais les sportives restent ignorées médiatiquement, en tout cas dans les journaux télévisés. Les Nouvelles News ont analysé le bilan de l’Institut national de l’audiovisuel publié mercredi 15 juin, sur les six derniers mois de médiatisation du sport dans les JT du soir.

«De 2010 à 2015, 13 950 sujets ont relaté l’actualité sportive dans les JT des six chaînes historiques (7% de l’ensemble des sujets de journaux), soit 6 sujets par jour en moyenne. Mais seuls 881 de ces sujets (6%, donc) se sont intéressés exclusivement à des sportives ou des équipes féminines. Soit un sujet tous les deux jours et demi en moyenne».

Comment dit-on déjà ? Il y a du boulot.

 

LA RÉVOLUTION DE LA SEMAINE
En Australie, le footie, l’un des sports les plus populaires dans le pays, vient de faire un immense pas vers l’égalité. La fédération australienne a annoncé la création d’une ligue féminine: «Notre jeu ne sera plus jamais pareil», a déclaré Mike Fitzpatrick, président de la fédération, mercredi 15 juin. Le championnat est programmé en février 2017. Les femmes porteront les mêmes tenues que leurs homologues (short et débardeurs) et évolueront sur les mêmes stades qu’eux quand elles jouent encore aujourd’hui sur des pelouses plus modestes, indique le site Mashable.

Les clubs ont immédiatement communiqué leur enthousiasme:

Terrains de Jeux sera de retour à la rentrée. Passez un bon été!