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Le silence de la semaine: Une minute de silence dans les fanzones de l’Euro 2016…
L’opinion de la semaine: … Mais pas sur les terrains
Le témoignage de la semaine: La basketteuse Shavonte Zellous
Les réactions de la semaine: De Megan Rapinoe à Michael Sam, en passant par Naomi Halman Godin, Gus Kenworthy, Abby Wambach ou Martina Navratilova

LE SILENCE DE LA SEMAINE
Une minute de silence a été observée, lundi 13 juin, dans les fanzones des dix villes hôtes de l’Euro 2016, en France, au lendemain de l’attentat homophobe du Pulse, à Orlando, en Floride, au cours duquel 49 personnes ont trouvé la mort (lire Voici les noms des personnes tuées lors de l’attaque homophobe du Pulse à Orlando).

Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur Euro 2016: minute de silence pour Orlando

L’Union européenne des associations de football (UEFA) a, elle, jugé «irréaliste» de faire respecter ce temps de recueillement avant les trois rencontres prévues ce même jour: «Il y a malheureusement des événements tragiques qui se déroulent presque quotidiennement partout dans le monde, et il serait tout simplement irréaliste de rendre hommage à toutes les victimes». La position serait défendable si elle était cohérente. En novembre, à la suite des attentats de Paris et Saint-Denis, l’UEFA avait indiqué, dans un communiqué, que «les joueurs qui participeront aux compétitions de l’UEFA dans les prochains jours porteront des brassards noirs (…) et des minutes de silence seront observées». Et mercredi soir, une minute d’applaudissements a été observée au stade Vélodrome de Marseille avant le match opposant la France à l’Albanie en hommage aux deux policiers assassinés lundi à Magnanville, conformément à ce qu’avait expliqué l’UEFA: «en règle générale, dans les compétitions de l’UEFA, des hommages (minute de silence, brassards noirs) sont rendus aux victimes d’événements tragiques qui sont soit liés au football directement, soit à l’une des équipes participantes ou au pays organisateur». Si ce geste est donc logique, on ne peut que regretter l’occasion manquée par l’UEFA de montrer aussi son soutien plein et entier à la communauté LGBT et à la lutte contre les LGBT-phobies.

 

L’OPINION DE LA SEMAINE
Un ancien président du Paris Foot Gay s’élève contre le refus de l’UEFA, d’observer une minute de silence. Dans une tribune publiée sur le site de Marianne, Julien Pontes rappelle que le football, «premier sport de France avec ses 2 millions de licenciés, est malade de l’homophobie et du racisme» et que l’UEFA, en 2013, avait pris des engagements pour lutter contre ces dérives. «Au regard de ces engagements clairs et nets, le refus de l’UEFA de respecter une minute de silence dans les stades à la mémoire des victimes de l’homophobie tombées à Orlando n’est ni compréhensible, ni acceptable, insiste-t-il. Un “arrêt de jeu” d’une minute au moment où un massacre homophobe de masse vient de se produire, est-ce trop demander à une instance sportive qui reconnaît elle-même l’homophobie comme un mal grave dont elle est profondément atteinte et qu’elle promet de combattre?
Aurons-nous droit une fois de plus à de vagues engagements de principes jamais mis en œuvre, la loi du silence qui règne sur l’homophobie dans le football va-t-elle à nouveau être entretenue par les instances du foot et les responsables politiques

 

LE TÉMOIGNAGE DE LA SEMAINE
Originaire d’Orlando, Shavonte Zellous est arrière au Liberty de New York, franchise du championnat américain de basketball. Lorsqu’elle apprend la nouvelle de la fusillade, elle s’apprête à quitter San Antonio pour New York après une tournée de 8 jours de compétition. À son arrivée, elle reçoit un appel de sa mère lui confirmant que sa ville natale est sous blocus et que la famille est sans nouvelle de sa petite sœur.

«Ma petite sœur est homosexuelle, écrit Shavonte Zellous sur The Players’ Tribune. Elle était au Pulse le week-end précédent. Je l’appelle immédiatement. Une sonnerie. Deux. Trois. Une éternité se passe entre ces sonneries quand vous appréhendez avec effroi ce qu’il peut se passer de l’autre côté de la ligne.»

La sœur de Shavonte Zellous a fini par répondre. Elle aurait dû être au Pulse ce soir-là, avec trois ami.e.s, mais alors qu’elle était en route, son patron l’a appelée pour lui demander de venir travailler à 6 heures du matin. «Elle a dit oui, elle a fait demi-tour et s’est mise au lit, poursuit la basketteuse. Ses ami.e.s ne sont pas rentré.e.s. Deux font partie des victimes et le troisième est dans un état critique. (…). Ma sœur était juste une jeune femme en chemin pour aller dans un lieu où elle peut être elle-même. Un lieu où elle pensait être en sécurité. Comme les victimes du Pulse.»

La joueuse qui, comme le souligne le site Outsports, fait sans doute mention de son homosexualité pour la première fois publiquement, écrit encore: ««Les clubs homos ne sont pas simplement des endroits où des gens dansent et boivent. Ce sont des sanctuaires. Ce sont des communautés. Les clubs homos sont des lieux où beaucoup vont pour se trouver ou pour être eux-mêmes ou elles-mêmes, ou se retrouver avec leurs semblables, loin du jugement du monde extérieur. Si vous n’avez jamais considéré un bar comme un refuge, c’est que vous n’avez peut-être jamais eu peur de montrer publiquement de l’affection pour quelqu’un.

Dans l’obscurité d’un club, il y a la liberté. Avec la liberté d’être soi nait une sorte de clarté. De la clarté nait l’amour.

«(…) Le tireur n’a pas seulement pris la vie de 49 personnes; il a volé quelque chose à la communauté LGBTQ dans son ensemble. Où pouvons-nous aller où nous sentir encore libres., où être nous-mêmes sans crainte? (…). Quand vous êtes gay ou trans ou queer, vous supportez la haine des autres tous les jours. Elle vient sous de nombreuses formes: insultes, discrimination, ignorance, violence. J’imagine que ce n’était pas la première fois que les victimes du Pulse se sont senties terrorisées juste parce qu’elles étaient elles-mêmes. (…) Je vais penser à ma sécurité et à la sécurité de ma famille LGBTQ différemment, et pour le restant de mes jours.»

 

LES RÉACTIONS DE LA SEMAINE
Parmi les nombreuses réactions à l’attaque, celles des athlètes LGBT, dont voici une sélection:
Aydian Dowling, bodybuilder américain:

Le skieur américain Gus Kenworthy, bouleversé par les multiples hommages de la communauté LGBT et fier de faire partie de celle-ci:

Même fierté émue du rugbyman anglais Keegan Hirst:

La basketteuse néerlandaise Naomi Halman Godin, qui joue, avec son épouse Élodie, au BLMA de Montpellier:

La footballeuse américaine Megan Rapinoe:

Sa collègue Ali Krieger:

La joueuse anglaise Lianne Sanderson qui évolue à l’Orlando Pride, club du championnat américain de football:

Le joueur de football américain Michael Sam:

To my brothers and sisters of the LGBTQ community please take the time to read this. If you have not already heard there was a terrible shooting at a gay night club in Orlando. It is not only a sad day for the #LGBTQ community, but for the American people. 50 people lost their lives because of a hateful coward with a gun. Let this hateful act of terror on the #LGBTQ community be a wake up call for America. Men and women of all races, ages, and sexual orientation are being slaughtered because of hate crimes. How many more must die from a hate crime? We need to create awareness for ALL to show that hate is not the foundation of our nation. Friends DO NOT let this coward put fear into your hearts!!! Let us all come together stronger than ever and let the world know that we will not be terrorized or bullied by the actions of hateful bigots. We are here to stay and fight not only for equality, but for our very existence. To the victims love ones of this terrible crime I and the entire #LGBTQ community in the world stands with you and mourns with you. #standwithorlando #prayfororlando #love #peace #lbgtq #pride

Une photo publiée par Michael Sam (@mikeysam52) le

Une photo partagée par Hudson Taylor, fondateur (hétéro) d’Athlete Ally, qui lutte, avec les athlètes, contre l’homophobie dans le sport. Hudson Taylor est également l’auteur du magnifique cliché qui ouvre cette chronique:

L’ancien plongeur australien Matthew Mitcham:

So many innocent victims because of one man's hatred. It's just not fair. #orlando

A post shared by Matt(hew) Mitcham (@matthewmitcham88) on

L’ancienne footballeuse Abby Wambach:

I am Pulse. #lovewins #orlando

Une photo publiée par @abbywambach le

L’ancienne championne de tennis Martina Navratilova:

Le poloïste espagnol Victor Gutiérrez: