D’après les auteures du reportage, les chiffres sur le nombre d’enfants nés intersexes en France varierait entre un enfant sur 300 et un sur 3000.

Durant le reportage, Vincent Guillot interpelle un médecin qui pratique des mutilations sur des enfants: «C’est un crime, c’est considéré par l’Onu comme une torture, c’est pour le Conseil de l’Europe des mutilations, mais il y a en France des médecins, qui cinq fois par jour, mutilent des nourrissons!»

Le reportage nous conduit aussi en Suisse, où le comité national d’éthique recommande qu’aucune opération ne soit pratiquée sur les personnes intersexes avant qu’elles ne puissent se déterminer elles-mêmes. Le Professeur Blaise Meyrat de Lausanne explique pourquoi il a changé d’avis et pourquoi il n’opère plus les nourrissons. Selon lui, pour les personnes intersexes, «il n’y a aucune intervention qui est nécessaire pour la vie ou pour la santé de l’enfant».

D’après ce reportage, en France, 2000 enfants subissent des chirurgies irréversibles chaque année. Ces pratiques ne sont pas conformes aux droits fondamentaux tels qu’ils sont protégés par l’Europe. Mi mai, le Comité contre la torture de l’Onu a condamné la France pour sa politique à l’égard des personnes intersexes.

Un reportage de Barbara Lohr, Cécile Thullier, Elsa Kleinschmager, Florence Touly.

À lire ou à relire la tribune de Vincent Guillot: «De l’urgence d’une inversion de la question intersexe en France ou le cadavre exquis de Madame Rossignol»