Il était difficile de faire un choix hier, entre les très nombreuses propositions que j’avais reçues, à l’occasion de la journée mondiale contre l’homophobie, la lesbophobie, la biphobie et la transphobie (Idahot 2016). J’ai choisi de passer du temps dans trois événements tous très différents: Le Prix Le Refuge Institut Randstad, la cérémonie des Oublié-e-s de la mémoire et de l’Inter-LGBT dans le 2e arrondissement, et l’inauguration de l’exposition La Piscine.

ÉPATÉ
16 heures. Premier arrêt à la Mairie du 12e arrondissement, à l’invitation de Jean-Luc Romero, l’adjoint à la maire Catherine Baratti-Elbaz. Avec Yannick Le Marre, de Têtu, nous allons remettre le Prix des internautes de Yagg et de Têtu à Caroline, du Centre LGBT de Touraine, pour leur semaine d’actions en direction des trans. Puis c’est au tour de Jane Hartley, ambassadrice des États-Unis en France, de remettre le Prix du jury à la classe du collège Pierre Mauroy, de La Saussaye, dans l’Eure. Tous les collégien.ne.s sont présent.e.s, avec leur professeur, Grégory Lefèvre. Je suis épaté par leur projet, une comédie musicale intitulée Roméo et Julien. Et je me réjouis de penser qu’en dépit des pressions, des difficultés, il existe des classes de collège et des professeurs qui n’hésitent pas à consacrer du temps à des projets formidables pour faire exister l’égalité.

 

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DÉTERMINÉ
17 heures 30. La cérémonie en hommage aux victimes de LGBTphobies, en France et dans le monde, se tient rue Montorgueil, dans le 2e arrondissement de Paris. Sur le lieu même où est apposée une plaque en mémoire des deux derniers homosexuels condamnés en France, Bruno Lenoir et Jean Diot. L’instant est solennel, en présence d’Hélène Bidard, adjointe à la Maire de Paris, et de Jacques Boutault, le maire de cet arrondissement au cœur de Paris. Les discours et les moments musicaux se succèdent. Durant le temps de la cérémonie, j’ai entendu une dizaine de remarques déplacées, voire carrément homophobes, prononcées par les passants de cette rue très commerçante. «Ah, c’est le drapeau des PD!», «Tiens les enculés», et j’en passe. Des jeunes, des vieux, des personnes seules ou en groupe. Persistance d’une homophobie ordinaire qui nous rend encore plus déterminés.

oublié-e-s de la memoire

 

ÉMU
19h. Je suis très ému par les magnifiques photos accrochées dans le hall de la Mairie du 18e arrondissement. L’exposition intitulée La Piscine est l’œuvre du photographe plasticien Max K Pelgrins, qui explique sobrement son objectif: «Nous étions entourés de liquide avant notre naissance. À croire que l’eau permet toujours ce bien-être et cette douceur, contrairement au quotidien parfois hostile que vivent hommes et femmes transgenres.» L’émotion était perceptible chez beaucoup, dont de nombreuses femmes et hommes trans qui découvraient l’exposition, soutenue par Ian Brossat, élu du 18e arrondissement. L’infatigable Giovanna Rincon, directrice de l’association Acceptess-T, qui a lancé cette activité aquatique et conviviale Eaux Z’ons le genre. Un projet simple, concret, et pourtant essentiel. Un projet qui avait d’ailleurs été récompensé en 2015 par le Prix du Jury du Refuge et de l’Institut Randstad pour les «Initiatives contre la transphobie et l’homophobie». La boucle est bouclée.

 

la piscine

C’était hier, pour Idahot 2016. Le jour d’après, tout recommence.