Comme chaque année, on se prépare pour l’Eurovision! Et comme chaque année, les grincheux crient à la ringardise et au mauvais goût. Pourtant, les audiences sont là, en constante augmentation depuis plus de dix ans. Yagg a décortiqué les répétitions, les demi-finales, les pronostics des bookmakers et vous donnent cinq (très) bonnes raisons de vous faire la finale ce samedi.

1-Parce qu’on est gay !
On ne va pas se mentir. Le concours de l’Eurovision est l’une des cibles favorites des homophobes de tous les pays. «Malaise devant #conchitawurtz image d’une société en perte de repère niant la réalité de la nature humaine», twittait Christine Boutin en 2014. La même année, une pétition russe et bélarusse contre le concours le présentait comme «l’antre de la sodomie». Mais quel «antre»! 197 millions de téléspectateurs! Le divertissement le plus regardé au monde (devant le Super Bowl !)… animé par Stéphane Bern en France ou Graham Norton au Royaume-Uni. Mais les vraies stars de l’édition 2016 sont les bloggeurs fans (souvent anglo-saxons ou scandinaves). Ils squattent les plateaux télés et les réseaux sociaux. A l’instar du Wiwibloggs… Facebook, Twitter, chaine YouTube. Ils sont les experts de l’Eurovision et le passage obligé de tous les candidats. L’interview d’Amir, le candidat français, par l’un des Wiwibloggeurs est un somment de follitude complètement assumée… On adore !

Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur Amir France 2016 at London Eurovision Party

2-Parce que c’est branché !
Première cette année, l’Eurovision sera diffusée en direct aux États-Unis sur Logo TV, la chaine LGBT américaine. Après la Chine, l’Australie, le Kazakhstan ou la Nouvelle Zélande ! L’événement devient un incontournable. Alors que tout le monde se bouchait le nez en évoquant l’Eurovision il y a encore une dizaine d’années, il devient aujourd’hui de bon ton d’assumer son propre second degré en admettant adorer le concours. Plus l’Eurovision en fait des tonnes, plus les branchés de tous les pays adorent (gays inclus). Et ce n’est pas un hasard si «Le Petit Journal» a une séquence quotidienne sur le concours. Cerise sur le gâteau, Justin Timberlake fera la promo de son nouveau single sur scène lors de la finale ce samedi ! Alors ? Toujours ringard ?
Et parce que vous ne les verrez pas en finale, voici la vidéo des candidats éliminés de la Bosnie-Herzégovine, symbole du pur produit Eurovision, donc branché : costumes, brushing, lyrisme, kitsch et rap bosniaque… Tout y est :

Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur Dalal & Deen feat. Ana Rucner and Jala – Ljubav Je (Bosnia & Herzegovina)

 

3-Parce qu’on n’en peut plus de Marie Myriam !
La France n’a pas gagné depuis 1977. Et ces dernières années, on ne peut pas dire que la France ait brillé. Alors, cette année ? Amir fait partie des favoris, certes mais on reste échaudé par l’aventure Amaury Vassili en 2011 : favori lui aussi, il a fini 15e. Du coup, si Amir finit dans les dix premiers, il aura réussi son pari… En attendant, il a déjà gagné le grand prix des fans de l’Eurovision (l’OGAE) et celui des clubs de radios européens. Mais il n’a pas été très bon lors de ses répétitions : sa côte a baissé, y compris chez les bookmakers qui le plaçaient deuxième. La victoire se jouera probablement entre l’Australie, l’Ukraine, la Hongrie et le grand favori, la Russie, pays qui pâtit néanmoins chaque année d’un déficit de vote chez les gays…
Allez, on y croit quand même :

Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur Amir – J’ai cherché (Clip officiel) »>Amir – J’ai cherché (Clip officiel)
4-Parce qu’il y a de la bombasse à foison !
Chez les garçons, on commence par le présentateur suédois qui n’est autre que le gagnant de la dernière édition : Mans Zelmerlow. Douze points! Du coup, les différents pays européens ont bien compris qui votaient : les filles et les gays. Ils ont donc tous sorti du lourd. Le Russe Sergueï, le Hongrois Freddie (champion du hurlomètre à Stockholm), le Néerlandais Douwe, le Polonais Michal, le Lituanien Donny, le Letton Just, les britanniques Joe et Jake, le Suédois Frans (17 ans !), le batteur géorgien (les autres ne sont pas très sexys), dans le genre rockeux, les Chypriotes (dont François Micheletto, un Français qu’on a vu dans «The Voice» cette année) et… Amir, le Français. Certains arrivent à faire oublier les chansons. Le Hollandais a été qualifié en finale avec une balade country! Et un sourire et des yeux ravageurs. D’ailleurs, vous verrez un nombre saisissant de torses nus même parmi les choristes!
Chez les filles, la grande tendance de cette édition, c’est la candidate gironde et brune. La mode Beyoncé a encore frappé. Elles assument leurs rondeurs. La candidate maltaise est même enceinte de cinq mois. Dans des robes moulantes et, attention aux yeux, scintillantes, les filles ont définitivement abandonné la robe meringue pastel.
Pour vous mettre en appétit, la prestation de Mans Zelmerlow en ouverture de la première demi-finale :

 

Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur Måns Zelmerlöw – Heroes | Mellanakt | Melodifestivalen 2016

 

5-Parce que l’Eurovision, c’est aussi de la politique !
Dès les résultats de deux demi-finales connus, la géopolitique entre en jeu. Cette année, tous les pays scandinaves ont été éliminés sauf l’organisateur qualifié d’office, la Suède. Même schéma dans les Balkans et en ex-Yougoslavie, où il ne reste que la Croatie et la Serbie. Du coup, les votes de «voisinage» vont se concentrer sur ces trois pays. En revanche, du côté de l’ancien bloc de l’Est, pratiquement tout le monde s’est qualifié. Coup dur pour la Russie…
En ce qui concerne la politique «dure», les organisateurs de l’Eurovision ont imposé des règles drastiques. Rien ne doit transparaitre pendant le show. Pour preuve, l’affaire grotesque des drapeaux interdits. La Suède a quand même fait un geste cette année en proposant pendant l’entracte de la première demi-finale un ballet contemporain en hommage aux réfugiés du monde entier. Sublime et émouvant.

Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur The Grey People (Interval act Semi – Final 1 of the 2016 Eurovision Song Contest)