UNE BAISSE DE 40% DES TEMOIGNAGES PAR RAPPORT À L’ANNÉE DERNIÈRE

 

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SOS homophobie a rendu public son rapport 2016, qui porte sur l’année 2015. Comme l’année précédente, l’association a constaté une baisse du nombre de témoignages. Le chiffre est de 1318 sur l’année, ce qui constitue une baisse de 40% par rapport à 2014, qui était déjà en baisse de 38% par rapport à l’année 2013 – année du record de nombres de témoignages.

Internet reste de loin le premier lieu ou les LGBTphobies s’expriment avec 20% des cas, suivi par les milieux familiaux avec 14% et les lieux publics et le travail à 12%. Cette hausse s’explique par la baisse de cas provenant du web. Si la baisse du nombre de témoignages au milieu scolaire est encourageante (-32%), la progression de l’homophobie chez les moins de 18 ans est toujours présente. A l’école, les victimes d’homophobie sont majoritairement mineures (69% des témoignages, contre 36% l’année dernière).

63% D’HOMMES
Le profil des victimes n’a pas fondamentalement changé. Les hommes sont toujours les principaux déclarants (63%, en hausse de 11 points) suivis par les femmes (21% en baisse de 4 points. Les personnes trans représentent 4% des déclarant.e.s. La part d’«inconnu», c’est à dire d’anonymes, a baissé de 8 points, passant de 20% l’année dernière à 12% aujourd’hui.

Du côté de l’âge de la victime le constat est similaire, la part d’inconnu baisse de 55% à 37%. Les plus touchés sont les 25-34 ans à 23%, autre fait effrayant, la hausse du nombre de personnes mineures, qui représentent maintenant 11% du total. La violence physique est toujours bien présente. Sur les 1318 signalements 152 concernent des violences (soit 14% du total. Un chiffre en baisse. Là aussi les hommes en sont les premiers touchés puisqu’ils représentent 74% des cas devant les femmes, 19% et les personnes trans, 7%.

Selon le rapport c’est un phénomène inquiétant puisque « malgré la baisse générale de 40% des témoignages, les agressions physiques ne diminuent que de 6% et sont présentes dans 14% des cas recensés contre 8% en 2014 ».

INTERNET: TWITTER POINTÉ DU DOIGT
Le web reste donc le premier lieu où les langues se délient, sous couvert d’un anonymat parfois complet, les internautes peuvent se lâcher sur des propos insultants ,qu’ils soient antisémites, raciste ou LGBTphobe. Ces discriminations et insultes sont proférées en particulier sur les réseaux sociaux et particulièrement sur Twitter. Ce réseau est de loin (40%) le site internet qui recense le plus de cas. La raison ? Une absence, ou presque, de contrôle.

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Les réseaux sociaux et les médias sont souvent liés. Ainsi lors d’une émission télévisuelle qui inclut un gay, une lesbienne, un.e bi.e ou une personne trans, il est fréquent de voir des commentaires se multiplier. Le rapport souligne également qu’il y a de plus en plus d’appels à la haine, on peut par exemple citer de nombreux hashtags qui ont été pendant un temps en top tweet: #ABasLesHomosexuels, #LesHomosNeContaminezPasNosEnfants, ou encore #LesHomosDoiventSeFaireSoigner. Si Twitter est l’épicentre des insultes et d’hashtags graveleux, sur Facebook c’est différent. Sur le réseau social de Mark Zuckerberg, ce sont surtout des insultes, des harcèlements, voire des menaces d’outing qui y sont proférés. Enfin les plateformes de vidéo comme Youtube et Dailymotion ont également du contenu discriminatoire. Une vidéo intitulée « Pour Ma Part, je pense que les PD sont des erreurs de la nature » a été publiée, entrainant une vague de commentaire haineux.

Toutefois, toujours selon le rapport, les réseaux sociaux apparaissent également comme des lieux où « on trouve de belles initiatives d’inclusion, d’acceptation ou encore de bienveillance ». L’exemple cité est celui de Caitlyn Jenner, membre de la dynastie Kardashian-Jenner, qui a reçu de très nombreux soutiens sur Twitter à l’annonce de sa transition.

Illustrations: SOS homophobie