Pendant 3 semaines, le PrideFestival investit la ville de Bruxelles, et particulièrement dans le Mont des Arts où on retrouve le PrideVillage. Celui-ci prend la forme d’un grand village associatif regroupant 50 associations LGBTQI bruxelloises mais également de toute la Belgique. On y trouve, là-bas et dans toute la ville, de nombreuses activités culturelles gravitant autour de l’identité et du genre. Il y a notamment des concerts, des pièces de théâtre, des projections de films LGBT ou encore des débats. L’objectif premier cette année est de traiter de la condition des personnes trans dans le pays.

LA SITUATION DES TRANS
C’est le combat principal de cette édition: les droits des personnes trans. Si on entend régulièrement que la Belgique est pionnière dans les lois LGBT, elle ne l’est pas entièrement. Autant les lesbiennes, les gays et les bisexuels sont presque égaux par rapport aux hétéros, autant c’est loin d’être le cas pour les personnes trans ou non binaires. Le 10 octobre 2007, une loi relative à la transsexualité a fait en sorte qu’on puisse changer le sexe ainsi que le prénom de sa carte d’identité. Le souci ,c’est qu’il faut pour cela suivre des règles très strictes et discriminatoires. Si un individu veut changer d’identité de genre, il doit être suivi ou avoir été suivi par un psychiatre. Cette personne doit également ne plus pouvoir concevoir d’enfant, en d’autre termes, elle doit être stérilisée. Selon François Massoz, porte-parole de la RainbowHouse, cette situation met en évidence que les trans sont vues comme des personnes malades par l’état belge. Par ailleurs, malgré cette petite avancée il n’y a toujours que deux cases sur les papiers administratifs: masculin et féminin. Ainsi une personne ne se retrouvant dans aucune de ces deux cases n’est pas représentée. Cette loi s’est en fait révélée discriminatoire.
C’est pour ces raisons que le PrideFestival souligne le droit et la reconnaissance des trans et des personnes qui ne se retrouvent pas dans le manichéisme masculin/féminin. Puisqu’il s’agit d’un grand festival, qui s’inscrit sur la durée, des politiciens de tous les partis, hormis les extrêmes, sont venus à la rencontre des représentants LGBT pour discuter et voir comment on peut améliorer la situation. L’objectif d’après les organisateurs est de pouvoir faire un «copié-collé» de la loi qui existe à Malte, celle-ci est considérée comme la plus progressiste à ce sujet. Elle vise à protéger les personnes trans, fluides et intersexes en leur donnant un droit sur l’autodétermination de l’identité. La campagne bruxelloise est portée par le message du «I decide, Ik beslis, je décide».

»JUST ME & GOD»
En ces temps difficiles où une religion, l’islam, est pointé du doigt, la photographe Samra Habib vient illuminer le Festival. Elle a parcouru le monde pour prendre en photo et recueillir les témoignages de musulmans gays, lesbiennes, bisexuels et trans. A travers une série de portraits, l’artiste originaire de Toronto met en lumière toute la complexité entre identité et spiritualité. L’exposition a lieu à la Maison des Cultures Maroco-Flamande et fait partie de l’événement du PrideFestival.

Malgré les terribles attentats qui ont frappés la capitale belge le 22 mars dernier, le PrideFestival a été maintenu. Il a souffert, comme d’autres projets, des opérations de sécurité mais il n’y a pas eu de volonté d’annuler ni d’interdire l’évènement. Quant à la forme, les mesures nécessaires ont été prises, la parade de ce samedi sera très surveillée et un dispositif important sera mis en place.