Cette chronique est extraite des Lectures de Yagg: «L’été arctique», «À dix-sept ans», «De Broadway à Hollywood»…

La sociologie comme on l’a rarement vue… en BD. Pour cette nouvelle collection des éditions Casterman, Sociorama fait collaborer ensemble un.e auteur.e de BD et un.e sociologue. C’est le chercheur de l’Ined Mathieu Trachman qui a soumis ses travaux sur l’industrie du porno à Lisa Mandel (Super Rainbow, Princesse aime Princesse). Elle raconte l’univers du X, à travers les yeux de Howard et Betty, deux petits nouveaux dans le métier. Ludique, souvent très drôle, cette nouvelle façon de traiter des enquêtes sociologiques permet à la fois de montrer l’humain au lieu d’une liste de données et de pourcentages, mais aussi de casser au passage certains préjugés, nombreux dans le cas présent du milieu du porno: Analyse des rapports homme-femme, mais aussi d’un monde professionnel pas tout à fait comme les autres (… mais qui répond malgré tout aux règles et aux logiques du travail et de l’économie), La fabrique pornographique est un concept original et très réussi, le premier album d’une collection à suivre de près, dirigé justement par Lisa Mandel et par la sociologue Yasmine Bouagga (on vous recommande au passage leur enquête à quatre mains Des Nouvelles de la Jungle à lire sur le site du Monde). La fabrique pornographique, Lisa Mandel d’après une enquête de Mathieu Trachman, Casterman, 168 p., 12 €.