C’est en 2013 que la Suède a abrogé la loi qui imposait aux personnes trans de passer par une opération de stérilisation pour pouvoir obtenir leur changement d’état civil. Ce mardi 26 avril, un nouveau pas a été franchi: le ministre de la Santé publique, des Soins et des Sports Gabriel Wikström a annoncé la mise-en-œuvre d’une loi qui permettra aux personnes ayant subi ce type d’intervention d’obtenir des réparations de la part de l’État. «Fier que le gouvernement propose désormais le droit à une indemnisation pour la stérilisation forcée pour un changement de sexe», a-t-il twitté.

Le ministère souhaite faire entrer la loi en vigueur d’ici juillet 2018. La RFSL, principale organisation LGBT suédoise, travaille depuis 2013 à ce que les personnes trans puissent obtenir une reconnaissances du préjudice subi par cette stérilisation forcée. «Désormais, nous espérons que le niveau de compensation sera approprié et juste, a déclaré la militante Kerstin Burman. Dans notre demande, nous avons requis 300 000 couronnes suédoises (ce qui équivaut à un peu plus de 32 000 euros) par personne, correspondant aux standards en Suède pour une compensation financière et le fait que l’État a violé l’intégrité personnelle d’un individu en allant à l’encontre de la Constitution suédoise et de la convention européenne. Si le gouvernement propose un montant nettement inférieur, alors nous retournerons vers les tribunaux».

Pour Alecs Recher de l’organisation Transgender Europe, cette annonce est porteuse d’espoir pour les personnes trans en Europe: «Alors qu’une compensation financière ne peut pas rendre l’intégrité physique d’une personne, le gouvernement suédois prend finalement la responsabilité pour la souffrance causée par la pratique des stérilisations forcées.»

Le quotidien suédois Dagens Nyheter a interviewé Linus Thunell, un jeune homme trans qui devrait bénéficier de cette avancée. Aujourd’hui âgé de 30 ans, il a subi il y a quelques années une opération de stérilisation. Pour lui, le fait que le gouvernement indemnise les personnes trans est très important: «Si j’avais été en mesure d’éviter d’avoir à subir cette opération, je l’aurais fait. Mais pour obtenir un nouveau numéro de sécurité sociale et de corriger le genre sur mes papiers, je devais me faire stériliser. Beaucoup pensent que nous ne devrions pas obtenir des excuses ou des réparations pour ce que nous avons fait volontairement, mais ce n’est pas vrai. C’est l’État qui a pris cette décision pour moi et ça a eu un impact sur ma vie, c’est quelque chose qui ne peut pas être annulé. Ceci est bien plus que de l’argent (…) En faisant cela, le gouvernement dit qu’il ne peut pas plus faire quelque chose après, mais qu’il en assume la responsabilité.»

LA NORVEGE EMBOÎTE LE PAS
Un pays voisin de la Suède est en passe de voter une loi pour faciliter le changement d’état civil des personnes trans, il s’agit de la Norvège. Rencontré en août 2015, le ministre de la Santé Bent Høie avait affirmé à Yagg qu’une proposition de loi pour permettre aux personnes trans de changer d’état civil sans passer par un traitement médical allait être déposée. C’est chose faite depuis le 18 mars.