C’est une avancée importante. L’association Les Oublié.e.s de la Mémoire va enfin pouvoir s’associer à la cérémonie nationale, en présence du Premier ministre, dimanche 24 avril, au Mémorial de la Déportation à Paris.

À 11 heures, le président et le porte-drapeau de cette association LGBT créée en 2003 participeront à l’inauguration du Mémorial National des Martyrs de la Déportation, cérémonie présidée par le Premier ministre et en présence des déporté.e.s survivant.e.s. C’est à cette occasion que Les Oublié.e.s de la Mémoire déposera pour la première fois une gerbe unitaire aux côtés de toutes les associations représentatives du Monde de la Déportation.

Pour le président de l’association, Denis Erhart, cette reconnaissance est le fruit d’un travail de longue haleine. Dans le communiqué de presse, Les Oublié.e.s de la mémoire précisent les étapes de ce combat: «Après la reconnaissance de la Déportation pour motif d’homosexualité, après un travail continu de pédagogie et de maillage mémoriel, notre association se voit reconnaître sa représentation officielle de la mémoire des personnes homosexuelles victimes de la barbarie nazie pendant la Seconde Guerre Mondiale en France.»
Dimanche, de nombreuses cérémonies ont lieu dans toute la France, et dans plusieurs villes, les associations LGBT seront présentes (voir la liste sur le site des Oubli.é.e.s de la Mémoire).

En 2015, 70 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, et pour la première fois, le Président de la République, en l’occurrence François Hollande, citait dans son discours la déportation pour motif d’homosexualité. Une réalité de moins en moins occultée mais qui a nécessité des décennies de combats.

En 2010, Yagg avait interviewé le dernier survivant connu de la déportation homosexuelle, Rudolf Brazda. Cette interview est à voir ou revoir ici.