Olivier est l’organisateur de l’European Snow Pride (ESP), qui s’est achevée il y a tout juste un mois à Tignes. L’occasion de faire le bilan de cet l’événement sportif et festif avec lui et le directeur artistique, Christophe, alias Little Nemo. Aujourd’hui, l’ESP est devenu  en Europe le plus important rendez-vous des skieurs-fêtards en immense majorité gays. Yagg a voulu connaître les raisons de ce succès.

Il y a dix ans, Olivier organisait sa première semaine de ski gay à La Plagne, avec 60 participants. Cette année, l’édition de l’European Snow Pride a fait carton plein

Olivier, Quelle a été la fréquentation pour cette édition 2016? Nous avons eu une hausse de 25% du nombre de clients cette année.

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Olivier (avec le micro) durant la European Snow Pride

A quoi l’attribuez-vous? Le bouche à oreille a fonctionné, les campagnes de communication aussi avec nos partenaires, dont Scruff. Je pense que les événements nouveaux ont attiré de nouveaux clients. Cette année, le fait que la LGP Montpellier Tignes soit présente, qu’il y ait eu une gay prise (lire notre reportage) a aussi aidé au positionnement gay friendly de la station. Je pense que les clients ne sont pas insensibles à cet aspect-là.

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La marche des fiertés de Tignes, le 17 mars 2016

Comment se répartit la clientèle de cette huitième édition? La European Snow Pride rassemble 800 participants cette année, en très grande majorité des gays, avec des skieurs de tous les pays d’Europe, d’Amérique du Nord dont la Californie. Nous avons eu aussi un client australien. Nous avons acquis une notoriété comparable à des semaines organisées en Amérique du Nord. En Europe, nous sommes devenus leader.

Quelles ont été les principales évolutions de cette semaine? C’est le retour d’expérience qui est déterminant. Je fais des enquêtes de satisfaction auprès des clients, leurs remarques me permettent de me renouveler. Je vois aussi de mon côté ce qui marche et ce qui marche moins bien. Cette année, nous avons développé de nouveaux événements notamment l’après ski, tous les après midis à partir de 15h30 jusqu’à 18h puis les soirées dans un centre au cœur de Tignes.

Est-ce que c’est une clientèle fidèle qui participe à l’ESP? On peut juger la fidélisation de différentes manières. Il y a des clients qui reviennent d’une année sur l’autre, environ 30%. Si on fait le cumul depuis 2013, il y a plus de 50% qui ont déjà participé à plus d’une édition. Toute cette clientèle ne revient pas forcément d’une année sur l’autre mais deux ou trois ans plus tard.

La semaine ne semble donc pas avoir été affectée par les difficultés économiques? Non. Mon offre, notamment d’hébergement, couvre tous les budgets et il y a aussi une forte demande sur le haut de gamme. Je n’ai pas été affecté par le mauvais environnement économique et si cet environnement s’améliorait, cela signifierait que j’ai une marge de progression encore supérieure. L’offre d’hébergement est pléthorique sur la station en cette période hors vacances. Dans l’absolu, je n’ai pas de limite!

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Au pied des pistes, la station de Tignes Val Claret où a lieu l’European Snow Pride

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Christophe, alias DJ Little Nemo, est directeur artistique de la European Snow Pride depuis plusieurs années. Yagg lui a demandé comment il préparait cette semaine spéciale, côté soirées et animation.

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Qu’est-ce qui t’a donné envie de participer à l’European Snow Pride en tant que directeur artistique? Olivier m’a contacté en 2013 par le biais d’une connaissance commune, il recherchait une personne capable de l’épauler sur la partie événementielle. Je ne suis pas organisateur de soirées, mais avec mon expérience de DJ, et le travail effectué auprès de Michel Mau pendant des années sur les soirées Kaliente, je me suis dit que le challenge était intéressant. Mon domaine c’est la musique, alors réfléchir aux artistes que l’on va inviter chaque année, rencontrer des Djs que je ne connais pas, et surtout faire découvrir aux gens ces artistes, ça me plait vraiment.

Comment as-tu concocté le programme des soirées? C’est la partie la plus intéressante de mon travail. Chaque année, Olivier me donne quelques directives, comme avoir des DJs de tel pays, trouver un saxophoniste, un chanteur, tenter de faire venir une superstar (cette année, Tracy Young) ou booker une «marque» comme Matinée ou Supermartxé les années précédentes. Ensuite, avec mon réseau, mon ressenti artistique, et mes idées, j’essaie d’assembler tout cela et de proposer un programme cohérent et attrayant. Je dois aussi trouver des thèmes sur certaines soirées, nos clients jouent vraiment le jeu et le dress code est très important ! Certains n’hésitent pas à emmener une valise uniquement pour les costumes.

Parmi les nouveautés cette année, l’after-ski dans l’après midi. En es-tu content? Je suis très content et soulagé. C’était l’un des vrais challenges de cette année, avoir un après-ski festif, convivial, et durant lequel nos clients pouvaient se retrouver tous les après-midis. Cela a été le cas, nous avons franchi un grand pas cette année. il reste encore des choses à améliorer (toujours !), mais nos trois artistes ont été formidables, ils ne connaissait pas mais ils ont rapidement su travailler ensemble, et les clients étaient heureux.
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Un gogo dancer en pleine prestation durant un after-ski
Quel sont les meilleurs souvenirs de cette édition? La prestation de la chanteuse Rozalla m’a vraiment marqué. Autrement, je dois quand même dire que notre White Party a été un grand moment : déco, clubbers, DJs… tout était réuni.

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La White Party durant la European Snow Pride à Tignes