En France, on estime à près de 368 000 le nombre de personnes ayant été infectées par le virus de l’hépatite C (VHC) au cours de leur vie. Parmi elles, 65% étaient atteintes d’une infection chronique par le VHC. Le mode majeur de transmission reste l’usage de drogues par injection avec partage de matériel. Mais des cas de transmission sexuelle, notamment chez des personnes co-infectées par le VIH, existent. Chez les gays, les bis et les hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes, des cas de transmission existent en contexte sexuel chez des personnes infectées par le VIH. En 2001, 2646 décès étaient attribuables à l’infection par le VHC.

46 000 EUROS
Depuis quelques années pourtant ont été introduits des traitements puissants avec des taux de guérison atteignant plus de 90%. Mais ces traitements coûtent très chers (dans les pays du Nord). En France, le sofosbuvir coûte 46 000 euros pour trois mois (la durée du traitement standard). Dans certains pays du Sud, le traitement dans sa version générique coûte 500 euros!

SOS Hépatites tire aujourd’hui la sonnette d’alarme et publie une lettre ouverte à la ministre de la Santé, Marisol Touraine, en l’appuyant sur de nombreux témoignages de malades en attente de traitement. SOS Hépatites reproche au gouvernement d’avoir fait «le choix de rationner l’accès aux soins, réservant ces traitements aux malades à un stade avancé de la maladie, en violation directe avec notre constitution et nos principes d’accès à la santé.» SOS Hépatite explique aussi que des génériques sont en vente directe sur Internet  mais sans contrôle qualité et vérifications nécessaires.

Selon l’association, les pouvoirs publics ont pourtant les moyens d’agir avec des mesures réglementaires qui permettraient d’offrir le traitement à tous les malades. Cité par Séronet, le président de l’association, Pascal Melin, explique: «Nous n’avons actuellement aucune réponse à apporter à ces malades injustement privés d’accès aux soins.» Ces malades qui sont appelés à témoigner sur le site.

Un peu plus d’un mois avant la Journée nationale de lutte contre les hépatites, l’association réclame que la ministre de la Santé annonce un accès universel à ces traitements.