Conformément à ce que les participant.e.s aux réunions de préparation avaient laissé entendre auprès de Yagg, c’est bien un mot d’ordre portant les droits des personnes trans qui a été choisi pour porter les revendications de la Marche des Fiertés parisienne de cette année:

«Les droits des personnes trans sont une urgence. Stérilisations forcées, Agressions, Précarité: Stop».

Un slogan pour dénoncer «l’inaction de la classe politique face aux graves atteintes aux droits fondamentaux dont sont victimes les personnes trans» explique l’Inter-LGBT dans un communiqué ce matin.

«La dernière année du quinquennat ne peut pas et ne doit pas être une année de renoncement mais, au contraire, une année pour l’engagement en faveur des droits humains respectueux de tou-te-s», insistent les porte-paroles Amandine Miguel et Clémence Zamora-Cruz. «Nous sommes indigné-e-s que le gouvernement et le législateur laissent, en l’absence de loi, des tribunaux obliger les personnes trans à subir une opération de stérilisation pour changer d’état civil et obtenir des papiers conformes à leur genre.

«Or, sans ces papiers, le droit de vote, la liberté de voyager, l’obtention d’un travail, d’un logement ou bien même le retrait d’un simple recommandé deviennent des actes complexes, pour lesquels la personne se voit obliger de dévoiler sa vie privée et s’expose à de nombreuses discriminations et voit ses conditions de vie devenir de plus en plus précaires.»

«Nous sommes indigné-e-s qu’alors que 85% des personnes trans* aient déjà dû faire face à des actes transphobes*, à des refus de soins, à des insultes, du harcèlement, des coups et que 97% aient renoncé à porter plainte, aucun plan pour lutter contre la transphobie, ou même pour quantifier durablement cette violence n’ai été mis en place. Au contraire, les quelques initiatives pour sensibiliser aux questions de genre, comme les ABCD de l’égalité, ont été finalement abandonnées. Nous sommes indigné-e-s que ni l’ouverture de la Procréation Médicalement Assistée (PMA) à toutes les femmes, ni une réforme de la filiation permettant d’établir dès la naissance les liens d’un enfant avec tous ses parents n’ait pas été mise en place.»

Après Le Parcours, film officiel de la Marche des Fiertés (dont le contenu et la portée ont été somme toute assez contestés), et le mot d’ordre, ne manque plus que l’affiche de la Marche des Fiertés. Repoussée d’une semaine en raison de l’Euro 2016, l’événement aura lieu le 2 juillet, au départ du boulevard Montparnasse.

*Enquête sur la transphobie, Arnaud Alessandrin & Karine Espineira, 2014