Trop, c’est trop. Il y a quelques semaines, la mort à l’écran du personnage de Lexa, de la série Les 100 (diffusée sur la chaîne The CW), a fait souffler un vent de révolte parmi de nombreuses et nombreux fans de série.

Pendant l’épisode, les internautes ont tweeté avec le hashtag #lgbtfansdeservebetter (« Les fans LGBT méritent mieux »). Devant le nombre de fans en colère, un site du même nom s’est ensuite créé, LGBT Fans Deserve Better.

Dans une déclaration, les créateurs/trices du site, expliquent leur démarche, s’appuyant sur le désormais célèbre épisode des 100:

Les membres et les allié.e.s de la communauté LGBT exigent que la télé et les médias arrêtent de  créer des caractères homos juste pour pouvoir régulièrement les tuer d’une manière insensée ou choquante. (…)

Les lesbiennes ont l’habitude de mourir – et de mourir violemment – dans les médias. Ces morts servent presque toujours à faire avancer l’intrigue ou à fournir de la matière pour développer des personnages plus centraux qui doivent se débrouiller avec le choc de la perte. C’est si courant que c’est connu comme La figure de style de la mort lesbienne (« Lesbian death rope »), ou plus généralement, « Enterre tes gays » (« Bury your gays »)

152 LESBIENNES MORTES DEPUIS 1976
Le site américain Autostraddle a ainsi recensé 152 femmes lesbiennes ou bi qui sont mortes prématurément dans des séries. Et la liste est désormais régulièrement mise à jour. La France n’est pas épargnée avec la mort de Laure, une gendarme dans Les Revenants. On notera au passage que Lucy Lawless est l’une des rares actrices à être concernée plusieurs fois par le phénomène avec trois morts de personnage lesbien à son actif!

Le problème pour les fans est que la mort des personnages peut renforcer le malaise des jeunes homos ou des jeunes trans. «Les minorités ne sont pas des personnages jetables» est une phrase qui revient souvent. Pour que la mobilisation soit concrète, le site a décidé d’encourager les internautes à donner au Trevor Project, une association qui lutte contre le mal-être et le suicide des jeunes LGBT. Avec succès: le compteur est à 115 000 dollars.

Le créateur des 100, Jason Rothenberg, et l’auteur de l’épisode Javier Grillo-Marxuach (qui va piloter le remake de Xena: princesse guerrière), se sont tous les deux excusés à plusieurs reprises. Mais la mort de deux femmes dans la série Empire vient encore raviver la polémique. « Showrunner » de cette dernière, Ilene Chaiken – qui fut la créatrice de The L Word, déclare ne pas se sentir concernée par cette « discussion ».

Cette surmortalité des personnages lesbiens rappellent immanquablement le sort des gays et des lesbiennes dans les films hollywoodiens soumis au Code Hays. On pouvait montrer des personnages homos, à condition qu’ils aient une fin violente et/ou qu’ils/elles soient des psychopathes.