[Mise à jour 16h20] Ajout d’un extrait du communiqué de SOS homophobie

Depuis 2009, le 31 mars est la Journée internationale de Visibilité Trans (ou TDoV pour Transgender Day of Visibility). En France, un certain nombre d’associations organisent des événements ou réagissent à cette occasion.

Le MAG Jeunes LGBT de Paris vient de publier une vidéo de présentation de son comité T. Une façon de faire découvrir les espaces de convivialité et les actions mises en place par et pour les personnes trans, non binaires ou en questionnement dans l’association.

Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur Le Comité T du MAG Jeunes LGBT : groupe de soutien pour jeunes trans

Bonne journée de la visibilité trans \o/Aujourd’hui, on célèbre toutes les transidentités et autant vous dire qu’au…

Posté par MAG Jeunes LGBT sur mercredi 30 mars 2016

«COMING OUT FORCÉ»
L’Association nationale transgenre (ANT) tient à rappeler que «tous les jours de l’année sont des journées “coming out forcé” pour les personnes transgenres organisées par l’état français»: «Pour changer d’état civil et obtenir le respect de leur vie privée et de leur identité de genre, les tribunaux exigent des personnes transidentitaires à la fois des certificats médicaux attestant qu’elles sont atteintes d’une certaine pathologie mentale crée de toute pièce dénommée “transsexualisme” ainsi qu’une preuve de perte définitive de fertilité.»

L’ANT en profite pour signaler les propos du député PS Christophe Prémat qui «dans sa question n° 93020 du 9 février 2016 au Ministère de la Justice, parle entre autre de “personnes handicapées de sexe anatomique (H.S.A.)” en nommant la population transgenre». «Dans un effort de visibilité positive et de lutte contre la transphobie, on trouve mieux que ces termes que l’on croirait tout droit issu de la “manif pour tous” et autres intégristes religieux», déplore l’ANT, ajoutant que «ce type de discours ne fait que renforcer transphobie et stigmatisation, validant les maltraitances médicales et l’obligation de stérilisation subies par les personnes transgenres». Interpellé sur Twitter, le député a reconnu avoir mal formulé ses propos et a présenté ses excuses.

«CÉLÉBRER LA DIVERSITÉ DES PERSONNES TRANSGENRES»
L’association SOS homophobie organise ce soir à 20h au Centre LGBT Paris-Ile de France, la projection de Vos Papiers, documentaire réalisé par bruce qui dresse les portraits d’hommes et de femmes trans et se penche sur la relation que chacun.e entretient avec son identité administrative. SOS homophobie tient à rappeler l’importance de la visibilité dans l’engagement militant des personnes trans: «Pour toutes les personnes LGBT, la question de la visibilité est essentielle. Pour les trans’, pouvoir vivre pleinement son identité de genre et être accepté-e par ses proches et la société sont une nécessité. Le 31 mars est une nouvelle occasion pour les trans’ de s’affirmer, de montrer qu’elles et ils sont fier-e-s d’elles/eux-mêmes. C’est aussi un moyen pour leur entourage familial, amical et professionnel de manifester à nouveau le soutien et l’affection auxquels toute personne a droit.»

Pour la Fédération LGBT, cette journée doit être un moyen de «célébrer la diversité des personnes transgenres en encourageant leur parole»: «Professeur.e, artisan, ingénieur.e, militaire, retraité.e, étudiant.e ou sans emploi, elles occupent toutes les places de notre société. Elles sont françaises ou étrangères, ayant parfois fui leur pays en raison de persécutions liées à leur identité de genre. Ce sont des adultes mais aussi des adolescent.e.s et des enfants. Leurs parcours sont variés et leur histoire toujours unique. Rendre visible cette diversité c’est surtout rappeler qu’il n’existe pas de portrait type de femme transgenre, qu’il existe aussi des hommes transgenres ainsi que des personnes se définissant en dehors des normes binaires de genres.»

L’Inter-LGBT questionne: quand la France permettra-t-elle aux personnes trans d’obtenir des papiers qui correspondent à leur identité de genre, comme c’est déjà le cas dans quelques pays?

LES VIOLENCES TRANSPHOBES DANS LE MONDE
Pour cette journée, l’organisation Transgender Europe (TGEU) publie une mise-à-jour des chiffres sur les violences et meurtres transphobes recensés dans le monde. Entre le 1er janvier 2008 et le 31 décembre 2015, 2016 personnes trans ont été assassinées dans 65 pays. Une nouvelle fois, l’organisation souligne le lien entre l’existence de structures suffisamment développées pour recueillir les données sur ces meurtres et le nombre absolu de ces cas, qui pose la question du nombre de meurtres transphobes non répertoriés. Pour Carla LaGata, chercheuse principale à TGEU, ces chiffres ne montrent au final que «le sommet de l’iceberg s’agissant des homicides des personnes trans à l’échelle mondiale».

“Figures show only the tip of the iceberg,” says TGEU’s Senior Researcher. #TDoV2016 #TMM https://t.co/1bNhwvJBqT pic.twitter.com/coJlkG2Hqg

— TransRespect (@TransRespect) 30 mars 2016

Mi-mars, l’organisation avait déjà tiré la sonnette d’alarme: en 70 jours, 77 meurtres de personnes trans avaient alors été enregistrés à travers le monde, ce qui équivaut à au moins un crime de haine transphobe chaque jour.