Vingt et un an après Les Roseaux sauvages, André Téchiné renoue avec le thème de l’adolescence dans son nouveau film, co-écrit avec Céline Sciamma

Le rapprochement avec Les Roseaux sauvages était inévitable. A 21 ans d’intervalle, les deux films traitent de ce moment si particulier de l’existence, âge de tous les possibles, de tous les rêves. Mais d’autres similitudes existent, comme la guerre. André Téchiné avait situé l’action des Roseaux durant la guerre d’Algérie. Celle de Quand on a 17 ans se passe aujourd’hui, sur fond d’«opérations extérieures», un terme utilisé pour désigner les conflits armés dans lesquels la France est engagée de part le monde.

Le père d’un des deux ados, Damien, est un militaire que l’on ne voit principalement que via des conversations sur Skype. La mère de Damien est médecin, une femme moderne, aimante, vive et drôle, magnifiquement interprétée par Sandrine Kiberlain. Damien aurait tout du fils gâté mais à l’école, il s’affronte régulièrement avec un autre lycéen, Tom, qui lui vit dans une ferme de montage isolée avec ses deux parents adoptifs.

CONSTRUIRE LE FILM AUTOUR DES SCENES DE BAGARRE
Téchiné explique avoir voulu, avec sa coscénariste Céline Sciamma, construire le film autour des scènes de bagarre, vu comme autant de morceaux de bravoure. Mais cette violence cache aussi autre chose, une attirance entre les deux adolescents. Une autre analogie avec Les Roseaux sauvages, un film qui avait aussi marqué pour son traitement de l’homosexualité à une époque où les films sur ce thème n’étaient pas légion. En 2016, le cinéma n’est plus le même et la grande force de Quand on a 17 ans est de ne pas faire de l’homosexualité un sujet. C’est juste un fait, parmi d’autres.
Avec l’âge, Téchiné reconnait aussi avoir voulu qu’il est moins porté sur «la noirceur et la mélancolie». Si au cœur du film, un événement soudain va faire basculer l’histoire et les personnages dans un autre univers, le cinéaste se place du côté de la vie. L’intrigue s’étale sur trois trimestres de la vie des deux adolescents et commence en hiver. Puis au fil du récit, Téchiné, qui sait si bien filmer la lumière, le vent, les espaces naturels nous entraine vers l’été.
Quand on a 17 ans, c’est aussi la révélation de deux acteurs formidables et qui ont l’âge de leurs rôles. Kacey Mottet Klein (qui a déjà pas mal de films à son actif) et Corentin Fila qui débute avec ce film, se complètent très efficacement. Dans le dossier de presse du film, on apprend aussi qu’ils ont du affronter l’homophobie ambiante («Ah, c’est encore un film de pédés!»). Kacey et Corentin, que nous avons interviewé sur Yagg, sont intenses et authentiques.

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